En bref
Régions et enseignement supérieur : l'ARF veut peser dans le débat
L’ARF (Association des Régions de France) se montre active en cette rentrée dans le domaine de l’enseignement supérieur. L’association a signé en octobre 2009 une convention cadre de coopération avec la CPU (Conférence des Présidents d’Université). Elle a profité d’un séminaire organisé avec les présidents d'université, à Bordeaux, le 12 octobre 2009, sur le thème de l’attractivité des territoires, pour rappeler l’investissement croissant des régions dans l’enseignement supérieur.
Chiffres à l’appui. 83% de leur budget concernent les compétences dévolues par la décentralisation (dont l’enseignement supérieur est absent). Sur les 17% restant, 50% sont consacrés à l’enseignement supérieur et à la recherche. Quant aux CPER (Contrats de projets Etat Région), ce sont 3Md€ que les régions engagent dans les contrats actuels. Enfin, dans la recherche et l’innovation, leur niveau de financement atteint près de 800 M€, presque autant que l’ANR (Agence nationale pour la recherche).
Les régions souhaiteraient néanmoins peser davantage sur le paysage de l’enseignement supérieur. A savoir une extension de leur rôle dans le développement universitaire. « Les régions sont prêtes à s’engager plus loin et à devenir des partenaires à part entière des universités », a rappelé Alain rousset, président de l’ARF et patron de la région Aquitaine.
Les régions veulent devenir des partenaires à part entière des universités
« Les régions souhaiteraient notamment se voir confier la responsabilité du champ de l’innovation dans son ensemble, a précisé Roger Fougères, qui préside la commission enseignement supérieur et recherche à l’ARF. Elles pourraient avoir le rôle d’interlocuteur privilégié pour les pôles de compétitivité en dessous d’un certain seuil, une partie de la recherche technologique notamment en relation avec les PME, mais aussi la question du patrimoine et du logement universitaire ».
Des propositions qui n’ont pas vraiment trouvé d’écho auprès de la ministre de l’enseignement supérieur, Valérie Pécresse, invitée du colloque. « Les régions ont toute leur part pour décliner une stratégie définie au plan national », a-t-elle indiqué tout en suggérant de « mettre à plat tous les sujets » et de voir « comment mieux coordonner nos actions ». Pas de quoi satisfaire Alain Rousset, qui estime que la ministre « attend seulement des régions qu’elles mettent la main au pot ».
Une convention cadre de coopération entre l’ARF et la CPU
Une convention cadre de coopération a été signée le 12 octobre 2009 entre l’ARF et la CPU (Conférence des présidents d’université). Cette convention définit les objectifs de la coopération entre les régions et les universités. A savoir le développement de bâtiments universitaires, la recherche collaborative entre entreprises et universités, l’innovation par le transfert de technologie, l’amélioration de logement et de la vie étudiante, la coopération conjointe à l’international. Quant à la méthodologie, c’est le principe d’un schéma régional de l’enseignement supérieur et de la recherche qui est préconisé pour chacune des régions.
30.10.09
Aller plus loin
Si les communautés urbaines n’ont pas de compétences spécifiques dans le domaine de l’enseignement supérieur, elles sont de plus en plus nombreuses à se saisir de la question au nom du développement économique de leur territoire. A l'occasion du colloque de l’association des villes universitaires de France (AVUF) les 3 et 4 décembre 2009, à Aix, Educpros a enquêté pour savoir comment les universités et les grandes agglomérations travaillent ensemble.
L’Opération campus permet de redynamiser le dialogue (parfois difficile) entre les collectivités territoriales et les universités sur le développement urbain. Tel est le principal constat d’un atelier organisé dans le cadre du dernier colloque de l’AVUF (Association des villes universitaires de France). Ce colloque « Villes et territoires universitaires » s’est tenu les 3 et 4 décembre 2009 à Aix-en-Provence à l’IEP (institut des études politiques). Les discussions ont mis en avant la prise de conscience que campus et villes devaient se mêler, s’ouvrir physiquement.
La présence d’un pôle de recherche et d’enseignement représente une source de visibilité et de dynamisme pour un territoire. Villes et établissements d'enseignement supérieur savent-ils pour autant travailler ensemble ? Valence, premier pôle universitaire délocalisé en termes d’effectifs, organise avec le Département de la Drôme, l’Agence de Développement Universitaire Drôme-Ardèche et la Région Rhône-Alpes, les Etats généraux de l'enseignement supérieur et de la recherche en sud Rhône-Alpes "Excellence scientifique et proximité pédagogique : un défi majeur pour nos territoires", les 10 et 11 décembre 2009. Outre l'exemple de Valence, notre enquête revient sur les expériences menées dans les villes de Saint-Brieuc ou encore du Grand Auch.
Conséquence de la candidature de Valérie Pécresse à la tête de la région Ile-de-France ? La thématique « enseignement supérieur et recherche » occupe une place toute particulière dans le débat des élections franciliennes. Le parti socialiste l'a bien compris. Il a choisi comme cible prioritaire de son discours ... la ministre.











