qui a dit ?
Pour la première fois de son histoire, l’université française va s’arrêter en raison d’une décision des universitaires
JEAN-LOUIS FOURNEL, professeur à Paris 8 et président de Sauvons l'université (SLU).
"Pour la première fois de son histoire, l’université française va s’arrêter en raison d’une décision des universitaires. Les formes de ce mouvement sont à inventer, avec toute la créativité nécessaire : il ne s’agit pas seulement de faire grève, même s’il s’agit d’abord de faire grève, mais de replacer l’université et la recherche au coeur d’un débat national".
Dans une interview publiée sur le blog de Sylvestre Huet, journaliste à Libération.
02.02.09
Aller plus loin
Plus de 300 représentants d’universités ont participé à l'assemblée générale organisée, le 2 février 2009, à La Sorbonne, par la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Selon les organisateurs, toutes les universités étaient représentées. L’appel à la grève illimitée et générale, sous le mot d’ordre « l’Université et la recherche s’arrête », a été voté en ce premier jour censé marquer le début du blocage des universités. Le succès de cette grève repose encore sur une inconnue. La Coordination nationale devra montrer sa capacité à mobiliser au-delà des cercles syndicaux et des collectifs, auprès des enseignants-chercheurs, des étudiants et même des personnels administratifs.
De mémoire de juriste, la grève des enseignants-chercheurs dans les facultés de droit est d’une ampleur « exceptionnelle et symbolique". Une telle mobilisation remonte à 1983, contre le projet de loi Savary ! Selon le président de la Conférence des doyens de faculté de droit, Paul-Henri Antonmattéi, parmi les 56 facultés de droit, 80 % ont enregistré, le 26 janvier 2009, des mouvements d’enseignants-chercheurs mobilisés contre la réforme de leur statut sous des formes diverses : rétention de notes, grève, réunion d’explication devant les étudiants... Le même jour, Valérie Pécresse recevait, avec son directeur de cabinet et sa conseillère sociale, une délégation de juristes, avant de recevoir les autres acteurs du mouvement.
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche a adressé le 30 janvier 2009 une lettre aux enseignants-chercheurs « afin de (leur) faire part des précisions qui ont été apportées au projet de décret avant sa transmission au Conseil d’Etat ». « Je tiens à apporter les réponses attendues, lever les ambiguïtés, préciser et expliquer le texte dans sa lettre et dans son esprit, etc. », écrit Valérie Pécresse. Le projet de décret modifiant le décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs a été transmis le même jour au Conseil d'Etat.
Le mouvement de mobilisation des enseignants-chercheurs jusque là multiforme (assemblées générales, manifestations, rétentions de notes, pétitions, journée d’action, motions…) se met en ordre de marche. A partir du 2 février 2009, une grève nationale illimitée et reconductible dans les universités a été décidée par la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche qui demande le retrait de la réforme sur le décret de 1984. Le Snesup appelle lui à la grève dès le 26 janvier 2009, de même que le Collectif pour la défense de l’université. La modification annoncée du statut des enseignants-chercheurs soude une grande majorité des composantes de la communauté universitaire.
Les modifications du décret de 1984 sur le statut des enseignants-chercheurs suscitent un mouvement de protestation dans la communauté universitaire. Les universités pourront désormais moduler le temps de service entre enseignement, recherche et tâches administratives. Une petite révolution analysée par Christine Musselin, directrice du CSO, auteur de plusieurs ouvrages sur les universitaires.
















