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Enseignement supérieur : bilan mitigé pour l'administration Bush
A quelques jours de l'investiture de Barack Obama le 20 janvier 2009, à la Maison Blanche, le mandat du président américain G.W. Bush est loin de faire l'unanimité, y compris dans l'enseignement supérieur. L'arrivée du Congrès démocrate a tout de même permis quelques avancées, notamment sur les aides fédérales ou les prêts étudiants. Un bilan en demi-teinte vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis (Washington DC). Un texte signé Estelle Bouzat.
Le Chronicle of Higher Education a consacré une série d'articles à l'héritage que laissera l'administration Bush dans le domaine de l'enseignement supérieur, en tirant un bilan plutôt mitigé.
Un axe prioritaire : évaluer la performance des étudiants
Pendant son premier mandat, le Président Bush a largement laissé l'enseignement supérieur de côté en se concentrant principalement sur l'enseignement primaire et secondaire, notamment avec la loi No Child Left Behind aujourd'hui largement considérée comme un échec.
Son deuxième mandat, avec la nomination de Margareth Spellings en tant que Secrétaire à l'Education a marqué le début d'une nouvelle ère. Le "cheval de bataille" de Mme Spellings a été d'inciter les universités à rendre compte de leurs actions, notamment en terme de performance des étudiants. Le rapport de la Commission sur le futur de l'enseignement supérieur qu'elle avait convoquée recommandait des changements radicaux.
Ces recommandations ont été très mal accueillies par les universitaires qui les jugeaient trop critiques et intrusives. Le Congrès a finalement interdit au Département de l'Education d'intervenir dans la définition des critères utilisés par les agences d'accréditation pour évaluer les établissements d'enseignement supérieur en termes de performance des étudiants.
Cependant, ces discussions ont entraîné la mise en place par les universités et les Etats de nouveaux systèmes permettant de documenter leur performance ainsi que le renforcement du pouvoir des agences d'accréditations (voir les règles du marché de l'enseignement supérieur américain).
Le Président Bush a tenté de supprimer plusieurs programmes d’aides fédérales
En ce qui concerne les aides fédérales aux étudiants, en 2006, le Président Bush a introduit une composante de mérite dans l'attribution de certaines bourses fédérales jusque là strictement octroyées sur critères sociaux (Programme Academic Competitiveness et National Smart Grant). Ces programmes n'ont pas connu le succès escompté mais s'enracinent cependant peu à peu.
Pendant l’ère Bush, les dépenses en bourses Pell (bourses fédérales sur critères sociaux) ont augmenté de 10,2 milliards soit 116 % tandis que le nombre de bénéficiaires a augmenté de 1,5 millions soit 33 %. Le montant maximum est passé de 3 750 à 4731 $ après la prise de contrôle du Congrès par les démocrates. La procédure de demandes d'aides fédérales a également été simplifiée.
Le Président Bush a par ailleurs tenté à maintes reprises de supprimer d'autres programmes d'aides fédérales (prêts Perkins, programmes pour la formation professionnelle), mais le Congrès s'y est toujours opposé.
Prêts étudiant : un durcissement de la réglementation pour les établissements de crédits
S'agissant des prêts, des audits ont mis en évidence les relations trop "amicales" entre l'administration Bush, ses alliés au Congrès et les établissements de crédits par lesquels passent une partie des prêts fédéraux. Avec l'arrivée au pouvoir d'un Congrès démocrate, les réglementations applicables aux établissements de crédits se sont durcies.
Plus récemment, afin de tenter de répondre à la crise, l'administration Bush et le Congrès ont mis en place un système permettant aux établissements de crédits de vendre leurs portefeuilles de prêts garantis par le gouvernement fédéral au Département de l'Education.
La tendance semble donc finalement être favorable à une remontée des prêts fédéraux directs au détriment des prêts garantis par le gouvernement fédéral mais octroyés par des établissements de crédits privés. Il semblerait que la future administration souhaite encore aller plus loin dans ce sens.
Les budgets de recherche des agences américaines ont stagné voire diminué
Dans le domaine de la mobilité des étudiants et des chercheurs, les événements du 11-Septembre ont eu un impact considérable. Les procédures de visas se sont alourdies, ce qui a entraîné une augmentation des coûts et des délais (Voir aussi "une nouvelle politique de visas pour les jeunes diplômés").
Cela a conduit à un déclin du nombre d'inscriptions d'étudiants étrangers sur les campus américains pendant plusieurs années. Le nombre des nouvelles inscriptions n'a permis que récemment aux Etats-Unis de dépasser pour la première fois le niveau total d'étudiants internationaux atteint en 2002-2003.
Par ailleurs, les dépenses fédérales en R&D ont augmenté mais les financement ont massivement été dirigés vers le développement et la Défense. En revanche, si l'on tient compte de l'inflation, de nombreuses agences ont vu leur budget de recherche stagner voire diminuer ces dernières années.
Une politique scientifique sous influence
Deux grands dossiers souvent retenus à l'encontre du Président Bush sont : son refus de ratifier le protocole de Kyoto et les restrictions qu'il a imposées sur le financement, par le gouvernement fédéral, de la recherche sur les cellules souches embryonnaires humaines.
Plus largement, une grande partie de la communauté scientifique considère que ses décisions dans le domaine des sciences sont trop influencées par des considérations politiques.
Bilan mitigé : des progrès… surtout grâce au Congrès démocrate
Sur ces différents points, le bilan de la Présidence Bush apparaît mitigé. Si des progrès ont été réalisés, cela a surtout été le cas après l'arrivée au pouvoir d'un Congrès Démocrate en 2006. L'Higher Education Act qui règle les questions d'aides fédérales a, par exemple, été renouvelé avec 5 ans de retard en août 2008.
En outre, malgré ces progrès, entre affaires de corruption, accusations de manipulation des résultats scientifiques et budgets fédéraux dédiés à la recherche jugés décevants, l'administration Bush est très loin de faire l'unanimité dans la communauté scientifique. Cette dernière place aujourd'hui de grands espoirs dans la future administration Obama.
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Education et sciences : l'équipe d'Obama
Barack Obama a rendu public l'équipe de ses conseillers et les membres qui formeront son gouvernement. Arne Duncan, 44 ans, sera son secrétaire à l'éducation. Il dirigeait depuis sept ans le système scolaire public de Chicago et sera l'un des trois afro-américain du gouvernement. John Holdren, 64 ans, prendra la direction du bureau pour la politique scientifique et technologique. C'est un spécialiste des questions liées aux changements environnementaux.
Pour en savoir plus : un article en anglais à lire sur le site www.universityworldnews.com/article.php?story=20090115190109738
16.01.09
Aller plus loin
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