En bref
Pour les profs de maths, « cette crise autour du bac S restera un traumatisme »
À la veille des résultats du bac, le doute plane toujours sur la façon dont a été notée l’épreuve de mathématiques du bac S. « Il restera comme un sentiment d’amertume, un traumatisme » affirme Eric Barbazo, président de l’APMEP (Association des professeurs de maths de l’enseignement public). Ce professeur de mathématiques persiste et signe : il aurait mieux valu repasser l’épreuve.
Comment les enseignants correcteurs ont-ils noté l’épreuve de maths ?
Nous n’avons pas de chiffres, seulement des remontées du terrain. Les professeurs ont le sentiment d’avoir été placés dans une situation critique avec ce report de barème. Ils ne savent pas comment ont réagi leurs collègues. Certains n’ont pas fait attention à l’exercice de probabilités (selon les consignes du ministère), d’autres ont jeté un œil pour délivrer leur note. D’après ce qu’ils nous ont dit, cet exercice avait été plutôt bien traité.
Selon vous, les notes vont-elles être plus faibles, plus fortes ou égales à la « normale » ?
La Dgesco (Direction générale de l’enseignement scolaire) a dit que la répartition des notes sera normale. Je pense que c’est exact. Globalement, les notes seront réparties normalement, l’écart-type sera stable. Les jurys d’harmonisation sont actuellement en train de faire leur travail. J’espère que la parole des professeurs de maths sera entendue.
Quelles sont au final les conséquences de cette affaire ?
Nous avons eu affaire à une faute grave, suivie d’une crise grave, mal gérée. La réponse du ministère n’était pas adaptée. Il aurait fallu faire repasser l’épreuve aux élèves. Cela aurait éliminé toute suspicion sur ce bac. Le millésime 2011 ne sera pas bon. Il restera comme un sentiment d’amertume, un traumatisme, d’autant plus que des questions ont émergé sur la validité et même l’existence du bac.
04.07.11
Aller plus loin
Les bugs du bac 2011 ont ravivé les débats sur l’utilité du bac et les façons de le moderniser. Luc Chatel, le ministre de l’Éducation nationale, s’est déclaré en faveur d’une partie de contrôle en cours de formation ou de contrôle continu, tout en voulant maintenir un examen national. Une prise de position tout en nuance à un an de la présidentielle et qui arrive après des débats passionnés entre les pourfendeurs et les défenseurs du bac.
Luc Chatel a annoncé au Journal du dimanche que les sanctions seraient désormais prises par le rectorat et non plus des sanctions disciplinaires des universités.
Valérie Pécresse demande, le 28 juin 2011, aux élèves franciliens qui n’avaient pas pu rentrer dans la salle d’examen dimanche 26 juin 2011 pour repasser l’épreuve de management du BTS NRC (négociation et relation client) de saisir la médiatrice de l’Education nationale.
Comment une erreur aux Etats-Unis a-t-elle amenée 50 lycéens de Seine-et-Marne à composer sur la mauvaise épreuve de SVT ?












