En bref
Allemagne : la reproduction des élites a la vie dure
Il n’y a pas qu’en France que l’égalité des chances a du plomb dans l’aile. En Allemagne, 71% des enfants dont les parents ont eux mêmes suivi des études supérieures sont inscrits à l'université. En revanche, seuls 24 % de ceux dont les parents n'ont pas fréquenté les bancs de la fac y parviennent. De même, les enfants de fonctionnaires y sont quatre fois plus représentés que ceux issus de milieu populaire.
Le niveau de formation des parents est une nouvelle fois pointé du doigt dans les critères d'accès aux études, par la dix-neuvième édition de l'étude HIS (Hochschul-Informations-Systems), menée pour la fédération des Crous allemands (Deutsches Studentenwerk-DSW). « La formation supérieure est, en Allemagne, un capital culturel qui se transmet de génération en génération », commente Rolf Dobischat, président du DSW, notant d'année en année une « stabilité effrayante » dans la sélection du système de l'enseignement supérieur. Alors que les grandes écoles sont absentes du paysage allemand, la réforme de Bologne n'a pas eu d'influence sur la mixité sociale des universités.
Pour Margret Wintermantel présidente de la conférence des recteurs et présidents d'université (HRK), « le caractère sélectif très précoce de notre système éducatif [NDLR : à l'issue du primaire, les élèves sont répartis entre filières courte et longue] constitue un problème important que nous ne pouvons accepter. Nous constatons que les causes de ces disparités sociales à l'université trouvent leur source dès la scolarité primaire et secondaire. ceci entraîne le fait que trop peu de jeunes de milieux défavorisés accèdent ensuite aux études supérieures ».
Elle se dit par ailleurs insatisfaite par le système de bourses* et par l'évolution croissante du travail à temps partiel, source majoritaire des revenus étudiants. Cette situation commence à émouvoir la classe politique. Le gouvernement met actuellement en place un système de bourses offertes aux étudiants les plus doués.
* En Allemagne, les bourses doivent être remboursées dès l'entrée dans la vie active.
07.05.10
Aller plus loin
L’Allemagne n’a plus peur de propulser ses universités dans la compétition. Avec à la clef près de trois milliards de subventions, destinées essentiellement à la recherche.
Aucune annonce surprise de la part de Valérie Pécresse, lundi 18 janvier 2010, mais une liste de 10 objectifs en vue d’accélérer la démocratisation des grandes écoles.
Nicolas Sarkozy, lors de ses vœux au monde de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche, le 11 janvier 2010, à Saclay dans l'école d'ingénieurs de Supélec. Il revenait ainsi sur la polémique autour de son objectif d'atteindre 30 % de boursiers dans chacune des grandes écoles.













