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Budget 2012 Enseignement supérieur et Recherche : les réponses de Laurent Wauquiez aux députés
Laurent Wauquiez a répondu aux députés de la Commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale sur le budget 2012 de la Mission interministérielle recherche et enseignement supérieur (MIRES), le 18 octobre 2011. Trois thèmes sont revenus dans leurs questions : la promesse (non tenue selon des députés de l’opposition) du 1,8 milliard d’euros supplémentaires par an promis par Nicolas Sarkozy en début de mandat, la disparité de traitement entre universités d’excellence et universités de proximité et, enfin, les inquiétudes sur la formation des enseignants.
L’examen de ce cinquième budget de la présidence de Nicolas Sarkozy avait un petit air de bilan. Laurent Wauquiez a répondu à certaines questions, en laissant d’autres en suspens.
Plusieurs députés de l’opposition ont noté que le 1,8 milliard d’euros promis pendant les cinq années du quinquennat à l’enseignement supérieur et à la recherche n’y était pas. Pour le ministre de l’Enseignement supérieur Laurent Wauquiez au contraire, les 9 milliards d’euros investis entre 2007 et 2012 (hors Investissements d’avenir, plan de relance et Opération campus) permettent d’honorer des engagements « plus que tenus ».
Universités « de proximité » : « Il faut pour chaque ville trouver son karma »
Sur la disparité entre les universités d’excellence « choyées » contrairement aux universités de proximité pointée par des élus de la majorité et de l’opposition, le ministre a longuement répondu en notant que deux Idex sur trois étaient en région. « Les universités de proximité, je n’y crois pas car cela les enferme dans leur territoire. L’expression est très mal ressentie par les présidents d’université car ils se sentent en division d’honneur. Des universités se sont astucieusement positionnées sur des domaines où elles sont en osmose avec leur territoire. Je crois à la place des villes moyennes, mais il faut pour chaque ville trouver son karma approprié, sa carte d’identité », a-t-il soutenu. Exemples de « karmas » trouvés : Limoges et la céramique, la Lorraine avec la résistance des matériaux, Clermont-Ferrand et l’imagerie, ou encore la Savoie avec la montagne.
« Les universités, c’est l’État »
En revanche, les présidents d’université qui estiment que ce budget et le précédent ne leur permettent pas d’appliquer les réformes, notamment l’autonomie, en seront pour leurs frais. Laurent Wauquiez a redit l’effort d’investissement consenti par l’État et mis en comparaison les baisses de budget de 15% des universités espagnoles, portugaises ou grecques. Il a renvoyé les difficultés des universités aux « efforts de gestion » nécessaires, en rappelant que « les universités, c’est l’État ».
PRES : pas de modèle unique
Répondant sur le modèle de PRES (fusion, structure définitive ou évolutive), le ministre ne veut pas arrêter un modèle unique. « Il faut que le PRES reste souple, sans nécessairement aller jusqu’à la fusion comme l’Université de Strasbourg. Ce que je ne veux plus, c’est que chacun travaille dans son coin », faisant notamment allusion aux rapprochements entre grandes écoles et universités.
Laurent Wauquiez a rassuré les députés sur le financement des dix mois de bourse acquis pour 2011-2012 et 2012-2013. Des mesures qui entrent dans le financement de la vie étudiante pour 91 millions d’euros dans le budget 2012, même si la députée Marie-Hélène Amiable (Gauche démocrate) a noté que les crédits des CROUS baissaient de 5,5%. Sur le logement étudiant, le ministre a lui appelé les régions à investir davantage. Il a par ailleurs indiqué que les crédits du fonds national d’urgence étaient rétablis.
Formation des enseignants : Laurent Wauquiez botte en touche
Pas de réponse en revanche sur la formation des enseignants : « Je suis dans le bateau, mais ce sujet concerne surtout l’Éducation nationale pour les programmes », a botté en touche Laurent Wauquiez. Les menaces de Marie-Hélène Amiable de ne pas siéger à la mission que le député Grosperrin veut relancer et la demande de suspension des auditions de cette mission exprimée par Patrick Bloche (socialiste) en début de séance seront restées lettre morte.
GVT : le ministère donne une rallonge de 14,5 millions
24 heures après l'audition de Laurent Wauquiez devant les députés de la commission des affaires culturelles, le ministère de l'Enseignement supérieur a annoncé une rallonge de 14,5 millions d'euros aux universités pour financer le GVT (glissement-vieillesse-technicité) (voir PDF joint). Ces crédits bénéficieront aux universités dont le personnel, en vieillissant, coûte plus en masse salariale ou dans les cas où les transformations d’emplois sont plus onéreux.
« Le financement de la mesure se fera à l’intérieur des crédits ouverts en loi de finances initiale », indique le communiqué, ajoutant « Les modalités de répartition entre universités seront définies dans les jours à venir ». Une annonce attendue qui sera probablement bien accueillie par les présidents d’université. Ils diront jeudi 20 octobre 2011, suite à la séance plénière la CPU, si cela suffit à régler le problème du manque de moyens qu'ils soulèvent depuis plusieurs mois.
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Les présidents d'université ont déjà poussé un cri d'alarme, début octobre 2011, sur leurs difficultés financières. Pour certaines universités, la situation est critique. Jean-Louis Gout, président de l'université de Pau et des pays de l'Adour, et Olivier Sire, président de l'université de Bretagne-Sud, ne sont pas certains de réussir à faire voter leurs budgets en équilibre d'ici décembre, hormis en gelant des postes et en fermant des formations. Ils s'expliquent sur EducPros.
Lors de la présentation du budget 2012, Laurent Wauquiez s’est voulu rassurant « l’Enseignement supérieur et la Recherche restent la première priorité du gouvernement pour la cinquième année consécutive ». Néanmoins, il admet que « dans un contexte budgétaire contraint, ce secteur comme les autres doit participer aux efforts de bonne gestion ». Quelles en sont les conséquences ?
Selon la Note d’information publiée en décembre 2011 par la DEPP (Direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance) sur le « coût de l’éducation », la France a dépensé 134,8 milliards d’euros – soit 2.080 € par habitant – pour le fonctionnement de son système éducatif. Cette dépense intérieure d’éducation (DIE) continue à représenter environ 7% du PIB.
Combien d’universités éprouvent aujourd’hui des difficultés à présenter un budget en équilibre pour 2012 ? À l’heure du plan de rigueur de l’État, certains se veulent alarmistes en donnant plus de la moitié des établissements en déficit, alors que d’autres estiment que les doigts d’une main suffisent à compter les universités en réelle difficulté budgétaire. Après celles de Pau et de Bretagne-Sud, Nantes et Bordeaux 3 tirent à leur tour la sonnette d’alarme. Explications sur les moyens qu’elles comptent dégager pour garder leur autonomie.
Le ministère de l’Enseignement supérieur a annoncé, lundi 16 janvier 2012, la répartition des moyens des universités pour 2012.













