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Préapprentissage recherche mode d'emploi
Officiellement, le DIMA - pour dispositif d'initiation aux métiers en alternance - est créé. Il remplace l'apprentissage junior, dispositif mort-né. Sur le terrain en revanche, alors que l'orientation des jeunes bat son plein, aucune modalité précise n'est venue préciser le dispositif devant accueillir des élèves de 4ème de plus de 15 ans.
En dix-sept lignes dans sa circulaire de rentrée (BO du 10 avril 2008), le ministère de l'éducation a annoncé la création du DIMA (dispositif d'initiation aux métiers en alternance), destiné aux élèves volontaires de 4ème, s'ils sont âgés de plus de 15 ans. Le dispositif, qui doit être mis en place à la rentrée prochaine, est définit ainsi : « [il] pourra être ouvert dans les lycées professionnels ou dans les centres de formation d’apprentis et se substituer ainsi à l'apprentissage junior abrogé, et aux classes préparatoires à l'apprentissage [CPA]».
Grogne en région
Depuis, rien. Le ministre de l'éducation Xavier Darcos s’est contenté d’expliquer que le DIMA avait été élaboré en concertation avec les Régions et aucun texte réglementaire n’est venu détailler sa mise en œuvre. Résultat, la grogne s’organise sur le terrain. L’ARF (Association des régions de France) tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme sur l’absence totale de concertation avec le ministère sur ce sujet. Dans un communiqué incisif, elle assure aussi n’avoir reçu aucune information sur la concrétisation du projet.
Du côté du ministère, silence radio
Auprès des services du ministère, aucune date précise n’est avancée concernant la parution des modalités d’organisation du DIMA. En pleine période d’orientation, cette absence de communication fait désordre. L’apprentissage junior (pour mémoire, un dispositif annoncé pendant les émeutes des banlieues, là encore sans concertation avec le Régions) n’ayant pas pris sur le terrain, c’est essentiellement des CPA (classes préparatoires à l’apprentissage) portées par des CFA (centre de formation d’apprentis) qui scolarisent sous statut scolaire les quelque 10 000 jeunes de 14-15 ans qui partagent leur temps entre école et différents stages en entreprises. « A 95 %, les Régions financent la formule de l'apprentissage junior», précise Laurent Lacour, directeur de la formation professionnelle et de l’apprentissage au Conseil régional du Limousin.
Quid à la rentrée ?
« Le ministre a t-il prévu un budget pour scolariser ces jeunes, toujours dans l’âge de l’obligation scolaire ? Va-t-il mettre à disposition du personnel dans les CFA à cette fin ? Qui va payer et qui va décider d’ouvrir des sections ? L'absence de précision sur les modalités du DIMA nous suscite beaucoup d’inquiétudes et pose problème », martèle Laurent Lacour. « Plus personne n’y comprend rien sur le terrain, on ne sait pas quoi dire aux familles » confirme Patrick Gues, du côté des MFR (maisons familiales et rurales) qui accueillent 1 200 jeunes en CPA. « Notre expérience nous a montré que si on prépare vraiment les jeunes sous statut scolaire à aller vers l’apprentissage, les ruptures de contrats sont ensuite moins importantes. Nous demandons donc à pouvoir continuer à accueillir des jeunes dès 14 ans avec une pédagogie adaptée, c’est la condition pour éviter certaines catastrophes ». Une logique humaine plus que comptable.
09.06.08
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1 commentaires
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viviane micaud - 10/06/2008 09h36
Nous sommes sur un sujet difficile. En effet, certains doctrinaires de l'éducation nationale, utilisant l'envie légitime des parents de voir leurs enfants réussir par les études, s'oppose violemment à l'apprentissage précoce, prétextant qu'on vole aux enfants la possibilité de faire des études. En réalité, c'est le contraire.
Après un BEP, on peut faire une 1er STI, un bac STI, une prépa STI, et rentrée dans une grand école d'ingénieur du TOP 3 (Polytechnique, Mines de Paris, Centrale Paris). Je connais quelqu'un qui la fait. Bien sûr, c'était un surdoué en situation de blocage et d'échec. Mais, il n'aurait jamais rattrapé ses lacunes sur la filière classique.
Il y a deux préalables pour faire accepter l'orientation vers le préapprentissage.
"Faire comprendre que pour pouvoir suivre un cours : il faut avoir des connaissances préalables et une volonté d'apprendre". Les connaissances sont sur les fondamentaux et sur les méthodes d'apprentissage. Arrêtons de mentir aux parents et culpabiliser les enseignants : un enfant qui n'a pas les connaissances fondamentales en math, ne comprend pas ce que dit le prof d'anglais, et ne maîtrise pas la grammaire de base ne peut pas suivre au collège. Et un professeur peut faire des cours adaptés à 2 ou 3 niveaux différents mais pas à 5niveaux.
La deuxième préalable consiste à avoir le courage de dire la vérité aux parents : Quand un enfant ne posséde pas les fondamentaux et il passe en classe supérieure; en réalité, il est orienté vers l'apprentissage. Ce qui est pas un mal : un bon patissier à Neuilly gagne plus qu'un ingénieur en fin de carrière. Mais souvent, c'est en 3ème que les parents découvrent le pot aux roses. "Pourquoi vous lui interdisez d'aller vers les études générales? Il n'a jamais eu de problèmes, il est toujours passé" Oui, mais il est passé parce que nous l'avons jugé irrécupérable...
Il faut des "classes de la réussite" réservés aux élèves n'ayant pas les acquis qui permettent de suivre au collège et qui veulent s'en sortir. Ces classes doivent avoir une finalité de réussite affichée, une possibilité pour les meilleurs de revenir vers une fillière classique via des passerelles et être réservées à ceux qui ont montré leur volonté de devenir responsable. Le préapprentissage est dans la logique des classes de la réussite.
Encore, faut-il que le gouvernement laisse les CPA qui sont les plus compétents aujourd'hui de continuer la mission qu'il exerce bien aujourd'hui? Y avait-il urgence à réforme cela ? Si aujourd'hui cela fonctionnait et que les priorités de suivi sont ailleurs, je dis non. Ce sont des sujets délicats et les pièges sont nombreux.



