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Dossier Sciences de gestion : Enfin un langage commun pour les chercheurs ?

La gestion défavorisée face à l’économie

Autre biais dénoncé par de nombreuses personnalités des sciences de gestion : le côté très « économique » de la liste du CNRS. De fait, certains sous-domaines sont absents, tels la logistique, l’entrepreneuriat – certains réclament même d’y faire figurer les sports ou le tourisme. Mais, au CNRS, le champ « économie et gestion » ne se répartit pas de manière égale entre les deux spécialités, les équipes étant constituées très majoritairement d’économistes. Et la liste a d’abord été conçue pour une évaluation interne ! La gestion est-elle brimée pour autant ? On l’oublie un peu vite, mais les gestionnaires ne se sont pas précipités lorsqu’ils ont été invités à participer à la constitution de la première liste. Entre temps, ils ont compris qu’ils risquaient gros, et répondent aujourd’hui comme un seul homme à l’appel, tandis que les économistes, apparemment satisfaits de la version actuelle, se manifestent peu.

Mettre à jour un tel outil de référence suscite d’ailleurs des réactions parfois excessives, notamment des opérations de lobbying de la part des éditeurs de revues. Les associations disciplinaires (en marketing, finance, stratégie, comptabilité, etc.) ont été les premières à être sollicitées afin de calmer les ardeurs. Ce sont donc diverses personnalités qualifiées, bien au-delà du CNRS, qui ont été consultées pour apporter leur contribution au classement. Enfin, une réflexion a été engagée sur la place à réserver à certaines revues professionnelles, comme la Harvard Business Review, qui normalement n’ont pas vocation à figurer parmi des références scientifiques, mais accueillent néanmoins de très bons articles académiques.