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Dossier Penser sa propre formation
Penser sa propre formation
« Hélène a été reçue l’année dernière au CAPES et vient d’être nommée au lycée pour y effectuer son stage en responsabilité, dûment encadré par l’institut universitaire de formation des maîtres, dans une classe de seconde. On m’a désignée pour être sa tutrice.
« Dans la vie, Hélène n’est sûre de rien : elle ne sait pas comment sevrer sa fille de presque un an, si elle est de nouveau enceinte, si cela ne serait pas préférable de demander un poste en province l’année prochaine, comment retrouver un appartement dans le mois qui vient puisque le propriétaire vient de les mettre dehors.
« Sauf d’une seule chose : l’Institut détient la vérité en matière d’enseignement et il faut suivre sa parole. Elle est sublime de maladresse, d’incohérence, de malchance dans la sphère privée, mais, ou alors (il y a forcément un lien, mais lequel ?) elle est navrante de certitude, de dogmatisme et d’arrogance en fait de pédagogie. Elle sait ce qui est très mal : le cours magistral, par exemple ; ce qui est mal : corriger les copies en rouge (c’est agressif et virtuellement traumatisant pour les élèves), vouloir le silence (il y a un taux de décibels acceptable pendant les cours). Ces péchés, les mortels et les véniels, peuvent être pardonnés à condition d’être confessés en public lors des séances de débriefing à l’Institut et naturellement, de s’engager à s’amender. Elle sait aussi ce qui est bien : faire circuler entre les élèves eux-mêmes le savoir toujours-déjà là : et s’en tenir à un objectif et un seul, pour un cours. »






