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Dossier Manuels scolaires: pourquoi tant de haine?
- Introduction
- Qui sont les éditeurs scolaires ?
- Qui finance l’achat de manuels ?
- Les élèves sont-ils bien équipés ?
- Les manuels scolaires sont-ils utiles ?
- Pourquoi une telle défiance envers le manuel ?
- Comment bien choisir son manuel scolaire ?
- Les manuels sont-ils contrôlés par le ministère ?
- Quel est l’avenir du manuel scolaire ?
Qui sont les éditeurs scolaires ?
Un marché étroit. En 2005, 32 millions de livres scolaires ont été vendus en France, selon le SNE (Syndicat national de l’éditionhttp://www.sne.fr/). Une goutte d’eau dans l’océan des 457 millions d’ouvrages vendus cette année-là. De fait, le manuel scolaire ne représente qu’une petite partie de l’édition en France. Alors que le chiffre d’affaires du secteur s’élevait à 2,26 milliards d’euros en 2005, celui des manuels atteignait seulement 226 millions. À titre de comparaison, il se situe en deçà du chiffre d’affaires de l’édition jeunesse et à peu près au même niveau que celui des bandes dessinées.
Sur ce secteur, une vingtaine de maisons d’édition se partagent le gâteau. « C’est un marché où le ticket d’entrée est très élevé », explique Pascale Gélébart, directrice de Savoir Livre. Sa spécificité ? Une assez faible rentabilité pour l’éditeur. Si l’on décortique le prix d’un manuel scolaire, qui s’échelonne, en moyenne, de 15 euros au collège à 20 euros au lycée, 33 % correspond à la « remise libraires », 10 % aux droits des auteurs ou des illustrateurs, 10 % à la promotion, 15 % à la distribution et 10 % à l’éditeur.
Les spécimens. Autre particularité de l’édition scolaire, l’envoi massif de spécimens gratuits aux enseignants. Selon la politique des éditeurs, ils sont adressés nominativement aux professeurs ou aux documentalistes de l’établissement. « C’est l’un des seuls métiers où l’on donne 10 % de la production vendue », résume Didier de Calan, directeur de la pédagogie chez Nathan. D’après Pascale Gélébart, « il faut dépenser entre 200 000 et 600 000 euros avant de vendre un premier manuel ». Une pratique qui permet à l’enseignant de tester les ouvrages en classe.
Les auteurs. Il n’y a pas un, mais plusieurs auteurs par manuel. Cette équipe d’une dizaine de plumes est composée d’enseignants de terrain, d’universitaires spécialisés dans la discipline concernée et de formateurs d’enseignants. Ils sont rémunérés en droits d’auteur et bénéficient d’une avance sur frais avant la publication de l’ouvrage. Jusque dans les années 1990, des responsables du ministère de l’Éducation nationale (inspecteurs pédagogiques régionaux et inspecteurs généraux) participaient à la rédaction des livres. Cette pratique a désormais disparu « pour éviter le mélange des genres », assure Pascale Gélébart.





