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Dossier Manuels scolaires: pourquoi tant de haine?
- Introduction
- Qui sont les éditeurs scolaires ?
- Qui finance l’achat de manuels ?
- Les élèves sont-ils bien équipés ?
- Les manuels scolaires sont-ils utiles ?
- Pourquoi une telle défiance envers le manuel ?
- Comment bien choisir son manuel scolaire ?
- Les manuels sont-ils contrôlés par le ministère ?
- Quel est l’avenir du manuel scolaire ?
Les manuels scolaires sont-ils utiles ?
Pour Pascale Gélébart, directrice de l’association Savoir Livre, le manuel scolaire constitue un « trait d’union entre le maître, l’élève et le parent ». Didier de Calan, directeur de la pédagogie chez Nathan, le définit comme un « guide de voyage dans les savoirs », gage d’une certaine autonomie pour l’élève. « Il emporte chez lui un discours différent du maître dans sa classe, explique l’éditeur. Moi qui était professeur de philosophie, j’appréciais que mes élèves puissent trouver un autre regard dans leurs manuels. »
Les usages du manuel scolaire varient profondément d’un enseignant à l’autre. Pour Antoine Tresgots, professeur d’histoire-géographie au lycée Durzy de Villemandeur (Loiret), il s’agit d’un « support pour le cours » permettant de « mettre à la disposition des élèves des documents de bonne qualité ». Mais c’est aussi un « support de révisions, voire une banque d’exercices ».
Stéphane Perron, qui enseigne la même discipline au collège de La Fère (Aisne), l’utilise uniquement comme une banque documentaire. « C’est en fonction de cela que je choisis mes manuels. Je recherche les plus riches, avec les documents les plus intéressants, explique-t-il. Je n’utilise jamais la partie cours. » De son côté, Catherine Pugin, professeur de mathématiques au collège de Jargeau (Loiret), envisage uniquement le manuel comme une « banque d’exercices ».
Un rapport de l’IGEN (Inspection générale de l’Éducation nationale) sur le manuel scolaire, publié en 1998, regrettait ainsi que la partie « connaissances » de l’ouvrage soit « rarement prise en compte en classe ». Il pointait aussi un fort développement des documents polycopiés, avançant les chiffres de « 15 à 20 photocopies par élève et par semaine, et près d’une photocopie, en moyenne, par heure de cours ». En multipliant les photocopies, « les enseignants reconstituent un autre manuel pour manifester leur autonomie et faire la preuve de leur travail », analysaient les experts. Enfin, ces derniers regrettaient que le manuel ne soit « ni un ouvrage de référence, ni même de simple lecture » pour les élèves. Leur principale recommandation : que le manuel scolaire « redevienne un livre ».





