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Dossier Manuels scolaires: pourquoi tant de haine?

Pourquoi une telle défiance envers le manuel ?

Antoine Tresgots, professeur d’histoire-géographie au lycée Durzy de Villemandeur (Loiret), reproche aux livres de sa discipline un inévitable décalage avec l’actualité. « Prenez un manuel d’histoire datant de trois ans. Il présente une Europe à 15 pays alors que nous sommes passés à 27… » Son collègue Stéphane Perron, du collège de La Fère (Aisne), avoue pour sa part avoir du mal à « trouver l’ouvrage idéal, qui traite aussi bien l’histoire que la géographie ».

Du coup, l’enseignant s’en remet aux photocopies. En mathématiques, Catherine Pugin, du collège de Jargeau (Loiret), constate pour sa part que les manuels « prennent un peu de liberté par rapport aux programmes ». Selon elle, « si l’on ne s’attache qu’aux manuels, on risque de passer à côté de certaines parties du programme ».

Pour Didier de Calan, directeur de la pédagogie chez Nathan, la défiance des enseignants vis-à-vis du manuel est liée à l’Histoire. « Il est encore considéré comme une contrainte car il a été très catéchétique en France. » L’éditeur explique qu’aux débuts de l’école publique laïque et obligatoire, les enseignants ont été équipés de livres scolaires très directifs, destinés à hisser le niveau général d’enseignement. « Cette idée d’enfermement est restée, déplore-t-il. Aujourd’hui, il n’existe pas ou très peu de formations à l’utilisation du manuel dans les IUFM [instituts universitaires de formation des maîtres, NDLR], c’est dommage. Dans les autres pays, il est reconnu comme un outil de travail de l’enseignant. »