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Dossier Les universités se mettent à la gestion des ressources humaines

Avoir la liberté de recruter

Entre les concours administratifs (pour les personnels IATOS), les partenariats avec le CNRS et des laboratoires de recherche (qui cofinancent les postes d’enseignant-chercheur) et la réglementation entourant l’emploi de contractuels, la liberté de recruter des universités est largement contrainte. Leurs dirigeants ont toutefois réussi, au fil des années, à trouver des marges de manœuvre que renforce la loi Pécresse. « La réforme nous accorde davantage de possibilités de recruter des contractuels ou des professeurs étrangers en sortant des grilles de salaires, relève François Paquis (Paris 5). Ce qui nous semble essentiel pour maintenir l’excellence de notre recherche. »

Paradoxe : les universités bien dotées par l’État en moyens et personnels n’ont guère de marge de manœuvre. Les établissements sous-dotés ont, en revanche, appris à faire contre mauvaise fortune bon cœur. Celui de Savoie en est un bon exemple. Établissement jeune, il est largement sous-doté en personnel : « Sur 900 salariés, 130 sont embauchés sur budgets propres, détaille François Palumbo. Par définition, nous recrutons et gérons ces personnels comme bon nous semble. Mais avec des contraintes budgétaires évidentes. »

Situation similaire à Lille 1 : « L’État nous reconnaît un déficit de 100 postes IATOS, rapporte Jean-Philippe Cassar. Ce qui nous donne toute latitude pour recruter des contractuels. Le revers de la médaille, c’est que le financement est loin d’être à la hauteur : l’État compense le financement de 100 postes de catégorie C, alors que nous avons 184 contractuels de catégories diverses. Nous devons donc financer avec nos ressources propres, liées notamment au développement de la formation continue. » Autrement dit, la liberté de recrutement reste l’apanage de la pénurie... « L’autonomie, c’est bien beau, mais sans marge de manœuvre financière, ça ne rime pas à grand-chose », poursuit Jean-Philippe Cassar.