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Dossier Le palmarès 2007 des grandes écoles de commerce

Les leaders, les outsiders

Ce classement ne concerne que les meilleures formations au management, soit trente-six parmi des centaines recensées en France, en université ou en école. Toutes les écoles participantes délivrent un diplôme qui confère le grade de master, garant de la qualité de la formation et du niveau d’implication des professeurs dans une démarche de recherche. Une « distinction » délivrée par la commission Helfer, du nom de son président, chargée de les évaluer depuis 2002. Que ce soit sur le plan de la recherche, où elles n’ont plus à rougir face aux universités, sur celui de leur présence au niveau international, où elles progressent à grands pas, ou encore sur la synergie avec les entreprises, qui reste leur traditionnel point fort et leur priorité, les ESC demeurent des formations d’exception dans le système d’enseignement supérieur français. Celles-ci ont d’ailleurs gagné en moyenne 28 points par rapport à leurs résultats de notre palmarès de l’an dernier. Soit une progression moyenne de près de 7 % en un an sur l’ensemble des indicateurs !

Afin de montrer les différences de choix pédagogique et stratégique de chaque école, nous avons choisi trois domaines : le niveau académique, l’international et les relations avec les entreprises. Ces derniers feront l’objet d’une seconde partie à paraître la semaine prochaine.

Cinq très grandes...

Si notre « baromètre » reste inchangé dans sa méthode, nous avons fait évoluer sa présentation. Nous avons davantage d’écoles ex æquo que les années précédentes, nombre d’entre elles se révélant de niveau trop similaire pour opérer une hiérarchie. Les trente-six établissements classés se répartissent en quatre grandes familles. Si l’on assiste à quelques baisses ou remontées (toujours modérées cette année) à l’intérieur d’une même catégorie, aucune institution ne change de « poule ». Les cinq très grandes creusent encore l’écart avec les autres : HEC, l’ESSEC Cergy-Pontoise, l’ESCP-EAP Paris, l’EM Lyon et l’EDHEC Lille, Nice. Celles-ci cumulent dans notre classement près de 700 points ou davantage, tandis que celles qui les suivent immédiatement ne dépassent pas 550 points. Les cinq « Parisiennes », comme on les appelle encore parfois (même si deux d’entre elles se situent à plusieurs centaines de kilomètres de la capitale...), concentrent désormais leurs efforts sur leur développement au niveau mondial. Elles ont chacune leurs affinités et leurs entrées dans la presse économique internationale. Leurs directeurs occupent en général des fonctions au sein d’organisations influentes dans le milieu des business schools, telles que l’européenne EFMD (European Foundation for Management Development) ou l’américaine AACSB (The Association to Advance Collegiate Schools of Business).

... Et sept challengers

Le groupe suivant est composé de sept écoles, qui aspirent à rejoindre un jour les très grandes. Ces challengers, cinq Ecricome, Audencia Nantes (qui retrouve sa place historique de sixième, mais triple ex æquo !) et l’ESC Grenoble, obtiennent dans notre tableau un score supérieur à 400 points, c’est-à-dire supérieur à la moyenne générale. Bénéficiant d’une ou deux accréditations internationales – EQUIS (European Quality Improvment System) ou AACSB – et d’une excellente notoriété en France, elles se trouvent néanmoins bridées par leurs moyens limités pour exister vraiment sur la scène internationale. C’est dans ce groupe d’écoles que, chaque année, les matchs sont les plus serrés.

Les outsiders

Les écoles de la troisième catégorie sont au nombre de treize et forment un ensemble hétérogène. Nombreuses, elles cumulent chacune dans notre tableau un nombre de points compris entre 300 et 400. On y trouve des écoles recrutant sur prépa, et d’autres, comme l’IESEG Lille, l’ESSCA Angers, Paris et l’ESG Paris, recrutant au niveau du bac. Leurs positionnements parfois recherchés, comme celui de l’INT management Paris, ne suffisent pas encore pour leur permettre de se démarquer.

Les onze écoles qui ferment notre classement, enfin, se situent dans une fourchette de points allant de 195 à 300. Un score très honorable si l’on considère la courbe « en pente douce » formée par les résultats de l’ensemble des écoles participantes. C’est leur localisation géographique, leur jeunesse, ou encore leur statut atypique qui freinent leur développement de manière relative, même si elles ont accompli à titre individuel des progrès importants. Précisons aussi que certaines d’entre elles – l’ESC Bretagne-Brest en est un bon exemple – apportent à leurs élèves des conditions d’études bien plus confortables que beaucoup d’écoles des catégories précédentes.

Prépa ou pas prépa ?

Voici quelques années qu’une poignée d’écoles en cinq ans (recrutant à l’issue du bac) sont entrées dans le cercle très fermé des écoles délivrant le grade de master. Nous avons choisi de suivre cette évolution en les intégrant également à notre palmarès. Une décision âprement discutée à chaque édition par des écoles recrutant sur classe préparatoire ou par des (anciens) préparationnaires jugeant cette cohabitation « contre nature ». Or, notre classement semble justement apporter la preuve du contraire. L’excellent rang de certaines écoles après-bac ou sur prépa, et la réussite modérée d’autres établissements de l’une ou l’autre catégorie, montrent que les niveaux d’entrée ne sont pas si déterminants. D’ailleurs, un tiers des établissements recrutant sur classe préparatoire – parfois fervents défenseurs de cette voie d’excellence ! – comptent moins de 50 % d’élèves issus de classes préparatoires dans leurs effectifs de première année. À l’inverse, l’ESSCA compte parmi ses nouveaux élèves 37 % de mentions bien au bac, et plus de 4 % de titulaires d’une mention très bien ! Toutes les ESC pourraient-elles en dire autant ? Les écoles recrutant au baccalauréat constituent à nos yeux un système alternatif et de qualité, qui ne choque plus grand-monde dans un autre milieu, pourtant proche : celui des grandes écoles d’ingénieurs.