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Dossier IEP : la revanche de la province

Savoir s’imposer dans les PRES

« Les IEP ont parfois cherché ailleurs ce qu’il y avait près de chez eux, remarque Christian Duval, à Aix. Négligeant leur voisinage; ils se sont attiré les foudres des UFR de droit et de sciences politiques. Mieux vaut rompre avec cette stratégie du splendide isolement. » À vrai dire, ils n’ont plus guère le choix : la tendance, imprimée par le ministère, est aux regroupements régionaux. La politique de site surclasse désormais les réseaux nationaux.

À cet égard, les PRES sont un bon thermomètre pour mesurer la place des IEP provinciaux dans ces futurs pôles universitaires. Dans les négociations, les instituts n’ont pas tous la même marge de manœuvre. Leur statut, défini par l’article 43 de la loi Savary (1984), les assujettit en effet au bon vouloir du président d’université. Bordeaux et Grenoble, les plus affranchis, ont réussi à arracher le statut de membre fondateur au sein de leur PRES. Ce qui leur donne autant d’importance que leur université de rattachement. Lyon et Rennes, avec un rang de membre associé, s’en sortent bien. Aix discute encore – espoir avoué, devenir membre associé « privilégié ».

Et les autres ? De Lille à Toulouse, ils regardent le train passer. Strasbourg surtout se fait des cheveux blancs. C’est le seul IEP à ne pas être régi par l’article 43, mais par l’article 33. Une finasserie administrative qui lui confère moins d’autonomie que les autres. Logiquement, la création de la future université strasbourgeoise le tracasse. Quel sera le sort de l’IEP ? Des rapprochements sont déjà en cours avec le CUEJ. « On va constituer un pôle commun, mais ce sera une confédération où chacun gardera son identité », tente de rassurer Sylvain Schirmann. Les autres instituts observent l’expérience d’un œil inquiet.