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Dossier IEP : la revanche de la province

Partager leur cinquième année

Cela s’appelle avoir raté le coche. À l’heure du LMD, les diplômés de Rennes, Lyon, Lille, Toulouse et Aix sont encore bloqués cette année au niveau bac+4. Une situation ubuesque, Sciences po Paris ayant pris d’emblée le virage du 3/5/8. Heureusement, en 2009, la cinquième année sera entrée dans les mœurs partout. Ce basculement donnera enfin corps au réseau. Chaque institut offrira à ses étudiants de suivre des spécialisations dans un autre IEP – y compris Paris. Une facilité prévue depuis 2004, mais avec un effet encore limité en termes d’effectifs. Cette perméabilité des cursus obligera en outre les IEP à clarifier et à harmoniser leur offre pédagogique. « Pour l’instant, chacun entre à sa façon dans le format des cinq ans, remarque Éric Neveu, directeur de l’IEP de Rennes. Ce qui suscite la créativité. Revers de la médaille, nos formations ne sont pas toujours interconnectables. Il faudrait s’épauler plutôt que se concurrencer. » Cet idéal de mutualisation se heurte aux ambitions de chacun. C’est flagrant avec l’option journalisme, qui fait rêver les étudiants : la plupart des IEP prévoient de la proposer en cinquième année. Pourtant, Rennes et Toulouse sont sans doute les seuls à avoir les reins assez solides, grâce à leurs équipes de recherche, pour rivaliser avec les écoles spécialisées. «Nous visons la reconnaissance par la profession », se réjouit Olivier Philippe, directeur adjoint de l’IEP dans la Ville rose.