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Dossier Fundraising : les présidents laissent place aux "patrons d'université"
Un chef, un vrai !
« Beaucoup de présidents doutent d’eux-mêmes et de leur capacité à récolter des fonds. Ils se demandent pour quelles raisons une entreprise donnerait de l’argent à leur université », constate Céline Amet, directrice adjointe de Philanthropia France, un groupe spécialisé dans le conseil en stratégie de mécénat international. Une « négative attitude » loin de rassurer les donateurs potentiels. Pour convaincre, il faut être convaincu soi-même. « Si le président n’est pas impliqué, s’il n’est pas porteur du développement de son université, ça ne peut pas fonctionner », poursuit Céline Amet. Daniel Laurent, ancien président-fondateur de l’université de Marne-la-Vallée, aujour d’hui conseiller scientifique à l’Institut Montaigne, reconnaît que la tâche n’est pas évidente. « Un enseignant-chercheur a choisi de faire de la recherche, pas de la retape ! C’est un nouveau métier. » Les compétences et les qualités requises aujourd’hui d’un « patron de fac » sont celles qu’on exige d’un entrepreneur : du charisme et du leadership. Certes, tout le monde ne s’appelle pas Richard Descoings ou Axel Khan. « Il n’a pas besoin de démontrer ce qu’il vaut », commente, à propos du médiatique président de Paris 5, Jean-Pierre Boisivon, ancien délégué général de l’Institut de l’entreprise.
Mais rien n’empêche de s’adjoindre les services d’un bras droit. À condition de bien le choisir : un enseignant ou un vice-président n’est souvent disponible que quelques heures dans la semaine. Peut-être vaut-il mieux recruter un cadre ad hoc et donc mettre les moyens financiers en conséquence...
S’avoir s’entourer est d’ailleurs une autre qualité reconnue aux dirigeants. Aux présidents de se l’approprier au niveau de la gouvernance. « Doivent entrer dans la composition des conseils d’administration des personnalités extérieures ouvertes et indépendantes du monde patronal qui diront ce qu’elles pensent. Le président n’a pas besoin de béni-oui-oui », souligne Daniel Laurent. Ni de contradicteurs. « Un président élu au douzième tour après deux nuits denégociation sera complètement prisonnier de promesses corporatistes et incapable de conduire une politique courageuse et audacieuse qui séduira les patrons », déplore Jean-Pierre Boisivon. Une bonne dose d’enthousiasme et de l’énergie à revendre complètent le profil du candidat idéal.






