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Dossier Fundraising : les présidents laissent place aux "patrons d'université"
Avancer en colimaçon
Un discours que l’ensemble de l’université ne s’est pas encore approprié. Et qui donne du pain sur la planche aux présidents. Avant même d’aller démarcher des patrons, il leur faut d’abord fédérer les personnels, ainsi que les étudiants et leurs parents. « Le président doit donner de sa personne pour mobiliser les forces en interne et constituer un premier réseau susceptible d’être en relation avec des donateurs potentiels, voire d’être donateurs eux-mêmes », soutient Céline Amet. Cette démarche est préalable à toute collecte de fonds. Elle permet de rassurer les interlocuteurs extérieurs, qui « doivent être certains que l’université va tenir ses promesses et mettre en oeuvre ce qui est annoncé », indique Céline Amet. D’où la nécessité pour toute l’université d’être tournée vers son développement et d’adopter un seul et même discours. « Un don peut se faire, à tout moment, au cours d’un dîner ou sur un coup de coeur après une discussion passionnée », précise Céline Amet. Pour autant, il existe quand même des techniques, éprouvées par les cabinets anglo-saxons, en concurrence aujourd’hui dans les universités françaises. L’une d’entre elles, dite du colimaçon, consiste à solliciter, en premier lieu, le réseau des entreprises déjà partenaires – celles qui prennent des stagiaires ou versent la taxe d’apprentissage – avant celles qui sont plus éloignées, en France, puis à l’international.
Là encore, le président est en première ligne. Sa tâche va consister d’abord à recenser ces partenaires. Un travail moins facile qu’il n’y paraît tant les contacts sont dissous dans les composantes. « Les entreprises ont aussi des relations directes avec certains chercheurs ou responsables de département », confirme Daniel Laurent. Puis il faudra aller serrer la main des patrons. Avec un peu d’entregent, ce n’est pas si compliqué. Il s’agit généralement de PME locales ou d’entreprises nationales déjà impliquées sur le campus et donc sans a priori défavorable envers l’université. «Le but n’est pas de réclamer de l’argent immédiatement, détaille Gérard Posa, directeur de la fondation d’entreprise de Lyon 1, mais de faire le bilan des actions déjà menées, qu’il s’agisse de prendre quelques stagiaires ou d’avoir eu recours à la formation continue. L’université a un devoir de reconnaissance envers ces entreprises. » Ces premiers contacts vont surtout permettre de tester la campagne de dons.






