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Dossier Formation continue
- Introduction
- L’université néglige ses atouts
- Un potentiel sous-exploité
- Des enseignants à motiver
- Valoriser le « diplômant »
- L’entreprise à conquérir
- Des prix à réévaluer
- les stratégies gagnantes des universités
- Lille 1 : améliorer l’accueil et l’orientation des stagiaires
- Strasbourg 1 : Éditer des catalogues pour séduire l’entreprise
- Paris 11 : décrocher le label ISO pour rassurer les donneurs d’ordres
- Amiens et Nantes : Miser sur le e-learning pour capter des étrangers
Amiens et Nantes : Miser sur le e-learning pour capter des étrangers
L’enseignement à distance ? Le chantier revient souvent au service de formation continue. Et pour cause : le retour sur investissement est tout sauf garanti. « Il est évident qu’on ne va pas faire fortune avec cette formule, confirme André Lebrun, directeur de la formation continue à l’université de Picardie-Jules-Verne (UPJV). Lorsque nous développons une nouvelle formation en ligne, elle ne devient rentable qu’au bout de cinq ans ! »
Et pourtant, Amiens est, depuis 1995, l’une des rares universités à s’être pleinement engagé dans l’aventure du e-learning alors même que les organismes privés restent timides. L’UPJV a développé sa propre plate-forme pour héberger ses contenus. Pour répondre aux besoins des étudiants, il a fallu innover sur le plan pédagogique avec un tutorat à distance. Une seule question ? Et la réponse est postée par mail dans les quarante-huit heures ! « C’est très astreignant pour les enseignants, note André Lebrun. Tous ne tiennent pas le rythme ! » Une quinzaine de formations sont aujourd’hui en ligne. En réalité, le bénéfice n’est pas directement financier.
« Le e-learning peut constituer un élément important de la stratégie internationale d’une université », analyse André Lebrun. C’est ainsi que les facs d’Amiens ou de Nantes, peu célébrées dans l’Hexagone, ont acquis un prestige incontestable dans les pays francophones.
« Nous avons conquis pas moins de 700 étudiants par an, en Afrique noire et au Maghreb, qui relèvent tous de la formation continue, témoigne André Lebrun. La plupart sont salariés. Ils passent leurs examens dans quarante-sept centres répartis dans le monde entier. Et toutes leurs copies sont corrigées à Amiens. » L’université nantaise s’est, elle, imposée hors de nos frontières en pilotant le projet CODES. Ce « Campus ouvert droit, éthique et société » revendique 1 200 étudiants et stagiaires issus de soixante-dix pays francophones.
Coeur de cible : les spécialistes des droits de l’homme déjà en poste dans des organisations internationales. Du haut de gamme ! Nantes a bien d’autres projets, concernant notamment le droit social, le droit maritime ou le français langue étrangère... des cursus qui seront accessibles aux actifs. « Nous allons bientôt dispenser le premier master français entièrement à distance », annonce fièrement Brigitte Gaffie, chargée de mission multimédia. Preuve que le service de formation continue fonctionne comme un laboratoire pour l’université toute entière...






