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Dossier Formation continue

Un potentiel sous-exploité

Peu d’établissements investissent véritablement dans la formation permanente. La plupart se contentent de laisser vivoter un service qui fait un peu de tout, au risque de n’être performant en rien. Étrange ! Car l’université a de sérieux atouts : des enseignants en nombre, des labos de recherche reconnus, des bâtiments, des bibliothèques spécialisées. Elle possède une expertise dans des domaines très pointus tout en étant capable d’assurer des formations généralistes. En valorisant ses points forts, l’université pourrait monter en puissance. Elle y est d’ailleurs obligée : la formation continue fait clairement partie de ses missions depuis la loi de 1984, au même titre que la formation initiale. Elle a tout à gagner en s’inscrivant dans le champ de la « formation tout au long de la vie » voulue par l’Europe.

« On est arrivé au terme d’un modèle, analyse Michel Feutrie, fondateur du service de Lille 1 et président de l’EUCEN. L’université est tenue de se renouveler. En permettant un aller-retour permanent entre la formation et le travail, en intégrant les acquis de l’expérience, elle peut devenir un opérateur central. » Pour réussir cette mutation, il lui faudra cependant faire sa révolution culturelle. Et affronter les questions qui fâchent : revoir le statut des enseignants, renforcer les liens avec l’entreprise, mieux évaluer le coût de ses formations. Et enfin rationaliser ses structures en adoptant des stratégies claires.