Accueil > Dossiers > Accueillir le complexe en classe

Dossier Accueillir le complexe en classe

Accueillir la complexité dans sa conduite de cours

L’actualité : des occasions d’apprendre ensemble

 

Les initiatives introduisant la réflexion à portée philosophique dans les « niches » jusqu’à présent exclues de la pensée complexe (école primaire, collège, lycée professionnel) permettent d’élargir le champ des pratiques à toute autre discipline et tout enseignement. Introduire la pensée complexe en éducation et en formation autorise à s’ouvrir sur l’actualité.

 

« Les réalités du monde envahissent nos salles de classe, que cela nous plaise ou non, et elles sont peut-être notre chance de retrouver le sens des savoirs que nous enseignons. Car ces réalités, lorsqu’elles surgissent, sont rarement formulées en questionnements, mais plus souvent grimées en certitudes, en colères, en provocations. Elles sont le point de départ d’un savoir qui reste à construire. » (Odile Chenevez). « L’objet [du dossier des Cahiers pédagogiques, n° 434, juin 2005, consacré à “l’actualité du monde et la classe”] est de mettre à l’étude la place qui peut être donnée à l’actualité dans les pratiques enseignantes d’une école qui se veut formatrice de citoyens à la fois curieux de s’informer, instruits pour ne pas gober sans questionner, capables de faire le lien entre les savoirs appris à l’école et les informations reçues par les médias, et habiles à devenir eux-mêmes acteurs du dialogue social en participant à des médias. »

 

Les pratiques initiées par de nombreux enseignants sont donc porteuses de valeurs humanistes constitutives de toute éducation : la nécessaire relativité de toute chose, la difficulté à étayer la réalité complexe, l’engagement à la coopération sociale. C’est un des constats récurrents, notés comme un point positif et innovant de quelques dispositifs tels l’aide au travail personnel, le tutorat ou les « itinéraires de découverte au collège » : élèves et professeurs s’investissent ensemble dans la recherche documentaire, dans la conduite de sujets d’élèves, dans la réalisation de projets. Ces démarches permettent aux élèves de voir comment des enseignants alors plus proches se confrontent à la complexité et diffèrent la réponse. Le savoir n’est plus un don, le résultat d’une pratique magique inaccessible, mais bien une construction souvent pragmatique à laquelle ils participent aussi.

           

Accepter le complexe pour produire de l’intelligence

 

Ce qui est en jeu, c’est donc la propre compétence de l’enseignant d’accueillir l’imprévu et de traduire en quelques expressions graphiques simples ce qui peut paraître comme désordre et bouillonnement non abouti dans un cours. Il y a là une véritable dimension créative à investir, comme un outillage méthodologique à perfectionner. Cette appréhension du complexe et la posture réflexive qui l’accompagne produisent assurément de l’intelligence, c’est-à-dire de la mise en lien et en mots, au sens littéral du terme.