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Dossier Accueillir le complexe en classe

Rendre visible la complexité

Dessiner la « roue de ses savoirs »

 

Une enseignante de SVT a organisé systématiquement à l’issue de l’étude de chaque grand chapitre, et donc dans le cadre même du cours, hors tout autre dispositif spécifique, un moment de retour aux savoirs ; elle invitait chaque élève à construire son propre mandala. La technique permet d’organiser les acquis, de rechercher la cohérence tout en travaillant sur la représentation et sur la dimension de l’expression de soi. Chaque élève a rivalisé de couleurs et de synthèse pour produire sa « roue des savoirs ». La confrontation sur une grande table au centre de la classe de tous les mandalas permettait de faire le point collectif ; les résultats aux évaluations atteignaient des sommets qui contredisaient la courbe de Gauss.

 

Ce type de pratique est un dérivé de l’approche systémique. Elle permet de mettre l’accent sur la mise en relation et la dynamique de chaque élément. Les sciences du vivant en ont fait un mode d’apprentissage dans l’étude des systèmes (respiration, environnement, par exemple) de la même façon que la géographie dans l’étude des systèmes humains dans leur espace. Cette approche restitue, toujours imparfaitement, mais c’est déjà un enrichissement intellectuel, la part du fonctionnel, de l’aléatoire et de la décision. Elle joue sur les facteurs internes et externes.

           

Permettre une recherche collective et outillée

 

Dans une classe de cinquième en ZEP, pour faire un bilan de savoirs sur une séquence lourde (plusieurs heures), un enseignant de français affiche de grands panneaux blancs (de type paper board). Chaque panneau est marqué d’un mot-clef correspondant à la thématique de la séquence ; il asperge les panneaux avec un spray autocollant. Les élèves sont invités à y poser des petits papiers complétés des savoirs, savoir-faire, questions encore sans réponse. Les élèves se déplacent dans une bonne humeur certaine, tout en prenant une mine de réflexion. Enfin, chaque panneau fait l’objet d’un examen collectif et attentif : on y relève les points forts, des liens sont tracés au feutre. Une carte conceptuelle apparaît rapidement. La trace écrite est bien là ; elle fera l’objet du contrôle prochain.

 

Dans les deux expériences précédentes, il y a un certain lâcher-prise à accepter, voire à cultiver, tant de la part de l’enseignant que de l’apprenant1. Perrenoud parle d’un deuil nécessaire à assumer en matière de désir de toute puissance tant pour l’enseignant que pour l’élève. C’est une invention à la créativité partagée.