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Bureaux d’aide à l’insertion professionnelle : Pécresse met 55 millions sur la table
Valérie Pécresse a reçu officiellement, le 8 octobre 2008, le rapport sur la mise en œuvre des bureaux d’aide à l’insertion professionnelle (BAIP) dans les universités piloté par Thomas Chaudron, président du centre des jeunes dirigeants (CJD) et Jean-Michel Uhaldeborde, ancien président de l’université de Pau et des Pays de l’Adour. Un « modus operandi » concis. Les universités sont tenues d’ installer ces BAIP rapidement selon les termes de la loi : c’est la nouvelle mission « orientation et insertion professionnelle » définie par la LRU. Une réponse aux mobilisations anti-CPE qui avaient provoqué la commission et le rapport Hetzel « De l’université à l’emploi » en 2006.
Comment « mettre en musique » ces bureaux censés faire de l’accompagnement des stages et de soutenir l’insertion professionnelle ? De fait, ces bureaux ne partent pas de rien. Les auteurs listent les très nombreux services et structures répondant déjà en partie aux objectifs des BAIP (SCUIO-IP, bureaux des stages, plate-forme d’insertion professionnelle, observatoire de la vie étudiante, service de valorisation et de transfert de technologie pour l’accompagnement des doctorants et chercheurs, écoles doctorales… à l’intérieur des universités ou ANPE, Assedic, AFPA… en externe). « L’un des enjeux du dispositif d’aide à l’insertion professionnelle sera ainsi de mettre en cohérence, de systématiser et de généraliser les pratiques parcellaires sans casser la dynamique des initiatives », insistent les auteurs en préliminaires de leurs préconisations.
Des BAIP à composer avec l’existant
Ils laissent aux universités le soin de fixer - dans un schéma directeur validé par les instances statutaires de l’établissement - les missions, modes de pilotage, procédures d’évaluation et conditions de fonctionnement de ces dispositifs « ouverts » et à « géométrie variable ». De quoi les laisser très libres d’imaginer leur formule en composant avec l’existant. Pour les universités mono-disciplinaires, ils préconisent néanmoins que le BAIP ne soit qu’un département insertion professionnelle du SCUIO. Pour celles pluridisciplinaires et pluri-sites, le bureau serait une « tête de réseau » coordonnant les acteurs internes et externes.
Généraliser les enquêtes d’insertion à certaines conditions
Pour l’efficacité de cette nouvelle mission, les rapporteurs insistent sur la nécessaire reconnaissance de cette dimension insertion professionnelle dans la carrière des enseignants-chercheurs. Pour l’évaluation de l’action des BAIP, ils réfutent l’utilisation des indicateurs d’insertion professionnelle – également considérés comme inappropriés en tant que critère d’allocation des moyens aux universités. Les rapporteurs suggèrent en revanche de les évaluer à l’occasion de la négociation du contrat quadriennal des établissements. Lors de ces quatre années, une enquête d’insertion devrait être produite pour chacune des filières. « Le principal défi pour les universités sera de généraliser, à de gros effectifs et aux formations généralistes, des méthodes et des procédures de collecte de l’information conçues d’abord pour des effectifs plus réduits et en coopération avec des équipes pédagogiques sensibilisées », résument les rapporteurs.
Les décisions de la ministre
Reprenant le chiffrage des rapporteurs, la ministre de l’Enseignement supérieur a annoncé que 55 millions d’euros sur cinq ans seraient débloqués pour ces BAIP. La qualité des schémas directeurs présentés par les établissements (actions menées, partenariats envisagés, outils mobilisés, modalités de suivi statistique et de bilan) comptera dans la répartition de ces moyens. En revanche, Valérie Pécresse confirme que la constitution d’indicateurs nationaux de l’insertion professionnelle pour les universités sera « un élément déterminant du nouveau système d’allocation des moyens aux établissements ». Le Céreq et le ministère y travaillent !
08.10.08
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