Interview

Hervé Biausser (Centrale Paris) : «L’alliance stratégique avec Supélec prend tout son sens avec l’opération campus»
Après avoir conclu un partenariat en 2005, l’Ecole centrale de Paris et Supélec passent à la vitesse supérieure et nouent une alliance stratégique. Création d’un Institut des sciences du risque et de l’incertain, rapprochement d’options de troisième année, élaboration d’un parcours commun dans le domaine du nucléaire, développement de la formation continue… Les projets communs ne manquent pas. Hervé Biausser, directeur de l’Ecole centrale de Paris, revient pour Educpros sur les enjeux de cette association.
Que vous apporte le passage du partenariat à une alliance stratégique ?
Nous avons appris à travailler ensemble depuis trois ans. Des relations de confiance se sont créées. Notre plus grande réalisation à ce jour : le GIS (Groupement d’intérêt scientifique) « sciences des systèmes » qui a obtenu le label Carnot. Avec l’alliance stratégique, nous franchissons une étape. Désormais, aucune des deux écoles ne pourra engager un projet stratégique sans en parler à l’autre. Nous passons d’un partenariat sur projets à une association plus systématique. Mais chaque école garde son identité et son diplôme. Sur certains projets, nous pourrons faire le choix de travailler séparément.
Cette alliance pourrait-elle déboucher à terme sur une fusion des deux établissements ?
Une fusion n’est absolument pas à l’ordre du jour. Chacun de nos deux établissements à une très belle marque et nous n’avons aucun intérêt à cela. En revanche, cette alliance s’inscrit dans le PRES (Pôle de recherche et d’enseignement supérieur) Universud et de son collège des sciences de l’ingénierie. Elle prend tout son sens avec l’opération campus sur le plateau de Saclay.
Comment le partenariat avec Supélec s’articule avec votre implication dans le groupe des écoles Centrale ?
L’un n’exclut pas l’autre. Bien au contraire. Ces différents rapprochements se veulent complémentaires. Chaque Ecole centrale est impliquée dans une logique territoriale très forte. Dans le domaine de la recherche, la politique de site prime. Avec Supélec, notre partenariat s’est d’ailleurs d’abord construit sur des questions de recherche, avant de s’étendre à d’autres champs. Il est très difficile de construire des laboratoires multi-sites performants. L’Ecole centrale de Paris devait donc renforcer sa logique de campus, qui n’était pas assez développée.
Quel rôle a joué l’opération campus dans la conclusion de cette alliance stratégique ?
Nous aurions, je pense, franchi le pas un jour ou l’autre. Mais la mise en chantier de l’opération campus a incontestablement accéléré le processus. L’Ecole centrale de Paris étudie l’idée d’un déménagement complet sur le plateau de Saclay. S’il se fait, le bon sens voudrait que notre implantation soit proche de celle de Supélec.
A ce propos, pourquoi souhaitez-vous déménager à Saclay ?
L’Ecole centrale de Paris n’est aujourd’hui située qu’à une quinzaine de kilomètres du plateau. Nous sommes dans une politique de croissance. Nous accueillons davantage de doctorants et d’étudiants en master. De fait, nous commençons à être à l’étroit à Châtenay-Malabry, sans possibilité de nous étendre. De plus, ne nous voilons pas la face. A l’étranger, tous les campus qui fonctionnent sont ceux où l’on peut se rendre d’un point à un autre en vélo et qui bénéficient de grandes facilités de transports. Ce campus offrira de réelles opportunités et permettra de créer de la valeur. Toutefois, notre implantation sur le plateau n’est pas encore arrêtée. Nous en saurons plus début 2009, au moment des décisions finales sur l’opération campus.
11.12.08
Aller plus loin
Aujourd’hui plus que jamais, l’union fait la force pour les écoles d'ingénieurs. Sélectivité, potentiel académique, relations entreprises, international…, notre classement des écoles d’ingénieurs scrute les différents volets d’une formation d’ingénieur. Résultat ? Parmi les quelque 160 écoles après bac ou après prépa classées, celles qui s’appuient sur un réseau dynamique font la différence.
Les rapprochements entre grandes écoles de commerce et d’ingénieurs s’accélèrent. Après HEC qui a intégré ParisTech à l’été 2008 et le rapprochement entre Centrale Lyon et l’EM Lyon, c’est au tour de Centrale Paris et de l’ESSEC de signer vendredi 27 novembre 2009 une alliance stratégique. Alliance qui pourra s’étendre à Supélec, également engagée avec Centrale dans un accord cadre.
Les six premiers dossiers finalisant les projets de campus sélectionnés devaient arriver sur le bureau de Valérie Pécresse à la date butoir du 3 novembre 2008. Ces notes d’intention détaillent les plans de financements et les partenariats avec les collectivités territoriales de chaque projet. Le comité de sélection de l’Opération campus se réunira mi-novembre 2008 pour définir les moyens qui leur seront alloués.
Sélectionné lors de la seconde vague, le plus grand des projets, celui du plateau de Saclay ne doit rendre sa copie qu’en février 2009, si tout va bien... Le pilote de ce projet, Philippe Lagayette, a en effet démissionné en octobre 2008 de ses fonctions. Il est remplacé par deux chargés de mission.
Pour la partie campus, la ministre de l’enseignement supérieur a choisi fin octobre Jacques Glowinski, jusqu'alors membre du comité de sélection et professeur honoraire en neuropharmacologie au Collège de France. Il sera chargé de définir les priorités en mettant d’accord les 21 acteurs de ce projet chiffré initialement à 1,8 milliard d’euros. Un dossier plus que complexe. Sur l’aménagement du plateau, son co-pilote sera Vincent Pourquery de Boiserin, directeur régional et départemental de l’Equipement (Centre et Loiret), nommé lui par Christian Blanc, secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale...










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