Décryptage

Classement du CHE : huit universités françaises au rang de l’excellence européenne dans les sciences humaines
C’est la saison des classements dans l’enseignement supérieur. Juste avant la publication du classement de Shanghai 2009, le CHE (Centrum für Hochschulentwicklung) allemand a rendu public le 29 octobre les résultats de son cru 2009. Avec de bonnes nouvelles pour les universités françaises.
Comme il l’avait annoncé lors de l’édition 2008 du CHE, l’institut allemand de Gütersloh s’est concentré cette année sur les sciences humaines. Une orientation nouvelle pour le CHE (Centre pour le développement du système d’éducation supérieure) qui, après s’être concentré pendant longtemps sur les pays germanophones, avait fait une percée en 2007 dans le paysage d’excellence européen. Il s’en était cependant tenu jusqu’à présent aux seuls établissements en sciences naturelles (biologie, chimie, physique et mathématiques).
Pour l’édition 2009 du classement d'excellence du CHE, plus d’une centaine d’entités de l’enseignement supérieur européen proposant des masters ou des doctorats en économie politique, en psychologie et en sciences politiques ont été passées au crible. Huit établissements supérieurs français ont été élus dans le groupe d’excellence. Dans la filière économie se sont qualifiées l’USTL (université des sciences et technologies de Lille), l’université Paris-Dauphine, l’université Paris 1-Panthéon-Sorbonne, l’université Paris-Nord 13 et l’université Toulouse 1. L’université de Provence-Aix-Marseille 1, l’université Lumière-Lyon 2 et l’université Paris-Descartes sont quant à elles arrivées en tête de la sélection psychologie.
L’ouverture internationale et la mobilité comme critères
La qualité de la recherche (nombre de publications et de citations) dans ces établissements a fortement contribué à leur élection. Cependant, le CHE n’a pas négligé d’autres critères tels que l’orientation internationale évaluée sur la base des masters Erasmus Mundus et de la mobilité des étudiants et des enseignants.
Le classement d'excellence 2009 du CHE publié dans l’hebdomadaire Die Zeit du 29 octobre a même intégré de nouvelles donnes comme les conditions d’admission et les possibilités de logement sur les campus respectifs. Autre fait nouveau : alors que les associations d’étudiants allemands avaient par le passé critiqué le CHE pour son manque de consultation des principaux intéressés, cette année, les étudiants ont été invités à évaluer leurs conditions d’études à l’adresse de leurs éventuels successeurs.
02.11.09
Aller plus loin
Avec toujours trois institutions figurant dans le top 100, les universités françaises maintiennent leur position dans l’édition 2009 de l’Academic Ranking of World University (ARWU), qui sera officiellement présentée à Shanghai le 4 novembre 2009. Educpros s'est procuré le classement de Shanghai 2009 en avant-première. Ce classement confirme l'excellence de la France en mathématiques.
« Une université dans la cour des grandes écoles »… cette ambition affichée de longue date par son président, Laurent Batsch, vient aujourd’hui d’être nettement confortée : Paris Dauphine a obtenu le 26 novembre 2009 l’accréditation Equis pour une durée de trois ans.
Quels sont les nouveaux outils et critères proposés par les concepteurs des classements internationaux en matière d'enseignement supérieur ? Ghislaine Filliatreau, directrice de l’OST, s'exprimera sur cette question lors de la troisième conférence internationale sur les universités de classe mondiale (WCU-3), du 2 au 4 novembre en Chine, au cours de laquelle sera présentée l'édition 2009 du classement de Shanghai. Educpros l'a rencontrée.
Les établissements français d'enseignement supérieur se maintiennent dans le classement 2009 du palmarès international des universités du Times Higher Education-QS. Le premier d’entre eux, l’ENS de Paris demeure à la 28e place, Polytechnique recule de deux places (36 contre 34 en 2008) et Pierre et Marie Curie (UPMC) remonte de 32 places (117 en 2009 contre 149 en 2008). L'ENS Lyon figure au 126ème rang et gagne 14 places.
Un institut de l’université de la Complutense de Madrid a publié en mai 2009 un classement multi-critères des universités espagnoles, intitulé « La calidad de las universidades en España ». L’université de Navarre, propriété de l’Opus Dei, y arrive en tête en obtenant la note maximale en enseignement comme en recherche.
Transplanté de Göttingen à Francfort depuis septembre 2009, l'institut français
d'histoire en Allemagne étend son offre à l'intention des étudiants.










Commentaires
Hardy - 03-11-09 14:49
Ce classement est particuilièrement important car le CHE est l'une des institutions qui préparent le futur classement "européen" qui est supposé contre-balancer l'influence des classements de Shanghaï et du Times Higher Education.
Ce classement par discipline distingue les "centre d'excellences" en Europe. Or vous ne parlez pas d'une discipline pour laquelle la France subit une défaite totale : la science politique. SciencesPo qui est l'établissement français le mieux doté en Enseignant-chercheurs et chercheurs dans ce domaine ne figure pas parmi les 52 meilleurs établissements européens en Science Politique, ni aucun aucune université française. Il semble que la réputation de SciencesPo ne dépasse pas le quartier latin.
Pippahune - 03-11-09 12:19
Magnifique, notre beau souci d'améliorer la performance du système génère des questions de recherche absolument fondamentales : comment classer les chercheurs, comment classer les universités, bientôt comment classer les classements d'université... Serait-ce une nouvelle façon d'écouler le trop plein de chercheurs qui n'arrivent pas à délimiter des champs de recherche plus intéressants que de les recycler dans l'observation du nombril de l'université ?
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