En bref
Un quart du jury de l’agrégation de mathématiques démissionne pour protester contre la mastérisation
C’est un geste fort adressé au ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche : une trentaine membres du jury a démissionné pour signifier son désaccord vis-à-vis de la réforme de la mastérisation. Avec en toile de fond, l'inquiétude sur la crise des vocations.
En 2011, l’organisation du concours de l’agrégation avait suscité le mécontentement de nombreux membres du jury de mathématiques pour lesquels la session des oraux 2011 avait constitué « un marathon très difficile à gérer ».
Face à un calendrier « encore plus resserré » cette année et l’absence de réponse du ministère de l’Enseignement supérieur, une trentaine de membres du jury refuse de participer à la session 2012. Ils s’en expliquent dans une lettre ouverte, véritable diatribe contre la mastérisation.
Moins de candidats au concours
Si le calendrier a ainsi été l’élément déclencheur de leur démission, c’est la réforme elle-même qui est visée par les enseignants. Face une « désaffection croissante des étudiants pour le métier de professeur » enclenchée au début des années 2000, la mastérisation n’a fait qu’empirer les choses, martèlent-ils, chiffres à l’appui. Une baisse du nombre de candidats qui s’explique, selon eux, par le fait que « beaucoup des meilleurs étudiants, pour lesquels la deuxième année de master est une ouverture naturelle vers la recherche, ont déserté les préparations à l'agrégation », tandis que « d'un autre côté, des étudiants moins brillants ont reculé devant la difficulté supplémentaire que représentait le master ».
Conséquence du manque de candidats aux concours : « les rectorats en sont à publier des petites annonces pour rechercher les professeurs de mathématiques qui leur manquent. On recrute ainsi dans l'urgence des personnels précaires, non qualifiés et sans formation professionnelle ». En particulier dans les zones sensibles.
Une formation professionnelle « sacrifiée »
Autre grief exprimé par les signataires de cette lettre, la transformation de l’année de stage durant laquelle les jeunes enseignants se voient désormais attribuer un service à temps plein. « Cette mesure n'a aucune autre justification que l'exigence d'économies budgétaires », tempêtent les professeurs de mathématiques qui concluent : « la formation professionnelle est ainsi sacrifiée ».
Autant de reproches qui rejoignent ceux portés ici et là par des stagiaires et déjà pointés dans le rapport rédigé par Jean-Michel Jolion en avril 2011. Pour les professeurs de mathématiques, « imposée sans aucune concertation, contre l'avis quasi unanime de la communauté éducative », la réforme de la mastérisation n’est rien de moins qu’une véritable « entreprise de démolition ».
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15.02.12
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