En bref

Exclusif : les propositions du Medef pour promouvoir la création d’entreprise auprès des jeunes
Le Medef s’apprête à publier, à la mi-septembre 2011, un livre blanc sur la création d’entreprise qui concerne en partie le système éducatif. Educpros en donne, en exclusivité, les principales propositions, alors que s’achève, vendredi 2 septembre 2011, l’université d’été du syndicat patronal avec une rencontre sur le thème : « L’entrepreneuriat : dynamique d’insertion et d’innovation pour l’université ».
Charles Beigbeder, président de la commission Entrepreneuriat du Medef, revient sur les relations entre les mondes de l’éducation et de l’entreprise, et la manière dont il souhaite les voir évoluer.
Comment est né ce livre blanc sur la création d’entreprise, initié par la commission Entrepreneuriat du Medef ?
Les déficits publics et le montant de notre dette sont aujourd’hui tels qu’on ne peut plus reculer : nous avons besoin de les réduire. Or, ce sont les entreprises qui créent de la richesse. Il y a ainsi une obligation économique de développer les entreprises et d’en créer de nouvelles.
En outre, les entreprises sont un moyen de s’épanouir, et de plus en plus de jeunes, on le voit dans les sondages, ont envie de créer leur propre entreprise : ce n’est plus réservé à une élite. Nous voulons participer à ce mouvement et susciter des vocations d’entrepreneur, notamment chez les jeunes.
De quelle manière ?
En renforçant les liens entre les mondes de l’éducation et de l’entreprise. Nous souhaitons que l’entreprise soit un vrai partenaire des enseignants.
Depuis plusieurs années, le Medef s’est rapproché des établissements, via des initiatives comme le Challenge Education-Entreprise lancé en 2007. Il faut aussi continuer à développer les témoignages comme nous l’avons mis en place dans une vingtaine d’universités, dans le cadre du plan « Etudiants entrepreneurs ».
D’autre part, nous avons soutenu dès sa création le concept de « mini-entreprises » qui permettent à des collégiens et lycéens de se confronter à l’écosystème de l’entreprise. Nous sommes favorables à sa généralisation dans tous les établissements.
Outre l’élargissement de ces actions que vous avez déjà mises en place, que proposez-vous de nouveau ?
« Nous souhaitons que s’instaure un réel dialogue entre les enseignants et les chefs d’entreprise, au sein de la Commission des programmes »
Nous souhaitons que s’instaure un réel dialogue, régulier, entre les enseignants et les chefs d’entreprise, notamment au sein de la Commission des programmes : contre la vision négative de l’entreprise qui transparaît dans certains manuels, il est important de rappeler que l’immense majorité des entreprises et de leurs dirigeants contribuent à la création de richesse et au bien commun. Il faut aussi arrêter d’exagérer les risques qu’on peut connaître dans l’entreprise. C’est en définitive une véritable révolution culturelle que nous demandons aujourd’hui.
Que va devenir ce livre blanc ?
Présenté lors d’une conférence de presse, le livre blanc sera diffusé auprès de tous les réseaux et de tous les adhérents du Medef. Il sera aussi porté auprès des parlementaires et des ministères concernés. En cette année d’élections présidentielles, nous espérons qu’une partie de ces propositions sera reprise par différents candidats.
Livre blanc du Medef : 7 propositions en lien avec l’éducation
1. Enseigner, tout au long de la scolarité, les vertus de l’échec surmonté, notamment à travers l’idée que créer, c’est prendre un risque.
2. Témoigner de la réalité de l’entreprise en classe, ce qui nécessite une remise à jour urgente des manuels scolaires et un travail régulier entre les enseignants et les entreprises, à travers une participation active du Medef dans la Commission des programmes.
3. Valoriser l’approche par compétences en complément de l’approche par connaissances et faire savoir, par exemple, aux élèves que manifester du leadership dans une activité extrascolaire est un atout pour les futurs créateurs d’entreprises.
4. Sensibiliser les enseignants eux-mêmes à l’entreprise et à la création d’entreprise par des modules de formation spécifiques.
5. Déployer des « mini-entreprises » dans tous les collèges et lycées de France.
6. Développer les témoignages d’entrepreneurs dans les collèges et les lycées, à l’aide notamment d’un guide d’entretien coproduit avec les enseignants pour préparer ces rencontres.
7. Sensibiliser tous les étudiants à la création d’entreprise, en élargissant à toutes les universités et toutes les écoles le plan « Etudiants entrepreneurs » lancé en 2009 avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche et qui est actuellement mis en place dans une vingtaine d’universités. Un référentiel de formation auto-entrepreneuriale va être mis à la disposition des établissements, pour que les enseignants puissent l’utiliser en cours.
01.09.11
Aller plus loin
Nouveau volet de notre partenariat avec l'Institut Montaigne avec une tribune autour des freins à l’entrepreneuriat chez les jeunes Français. Dans son rapport « De la naissance à la croissance : comment accompagner nos PME » (juin 2011), l’Institut regrette l'absence en France d'un véritable écosystème de l'innovation permettant par exemple la création de richesses via la transdisciplinarité au sein des universités.
En un quart de siècle, le nombre de personnes en emploi a augmenté de 3 millions pour atteindre près de 26 millions ces dernières années, en France métropolitaine. Face à une large tertiarisation de l’économie, les métiers de l’industrie et surtout de l’agriculture ont accusé un net repli, avec une diminution de moitié des effectifs dans le secteur primaire. La Dares (direction de l'animation de la recherche, des études et des statistiques) publie, en septembre 2011, une étude sur l’évolution des métiers entre le début des années 1980 et 2009. EducPros vous en livre les principaux résultats secteur par secteur.
Les XXVe Rencontres annuelles des relations entreprises du Chapitre des écoles de management se déroulent à Marseille les 8 et 9 décembre 2011. Les écoles doivent de plus en plus faire face à la concurrence des universités dans ce domaine. Michel Rollin, directeur de l’ESC Saint-Étienne et président de la commission Relations entreprises du Chapitre de la Conférence des grandes écoles, expose les enjeux de ces partenariats.
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