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Orientation au lycée : des travaux tous azimuts
L’orientation des élèves du lycée vers l’enseignement supérieur est au cœur de toutes les préoccupations, tant de l’exécutif (Descoings) que du législatif (Apparu, Guégot). Dernières propositions en date, celles de Bernard Saint-Girons, le délégué interministériel à l'orientation. De quoi inspirer Xavier Darcos qui présentera le 10 juin 2009 son dispositif prévu pour cet automne. L’accent devrait notamment être mis sur le service d’aide à l’orientation (plateformes multimédias, géolocalisation des formations, passeport orientation) ouvert sous l’égide de l’ONISEP.
Bernard Saint-Girons, le délégué interministériel à l’orientation, a remis le 25 mai 2009 à Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, son rapport d'étape. Il formule 26 propositions pour « renforcer l’orientation active pour une transition réussie du lycée vers l’enseignement supérieur ».
Plus de temps pour réfléchir
Dans le cadre de l'orientation active, Bernard Saint-Girons recommande notamment d’avancer la demande de conseil des étudiants aux universités en octobre-novembre, pendant l’année de terminale. Actuellement, elle se déroule en février. Objectifs attendus : permettre « aux établissements de remplir convenablement leur mission d’information » et de « ménager à l'élève une période de réflexion ».
Cette période de réflexion pourrait débuter dès la première. Le conseil de classe du premier trimestre de terminale deviendrait alors un conseil dédié à l'examen du projet de poursuite d'études. Il préconise également l’élargissement de la phase d’information et de conseil à d’autres formations supérieures que l’université.
Un grand portail orientation / inscription
Pour améliorer le dispositif d'orientation, le rapport préconise la création d’un portail informatique dédié à l’orientation active (qui intègrerait le site d’inscription admission-postbac.fr), dès 2009-2010, avec quatre entrées correspondant aux étapes du processus : découverte/information, dialogue et conseil, pré-inscription/admission et première année dans l’enseignement supérieur.
Il met également l’accent sur la relation lycée-université à renforcer (par le biais de stages, de visites, de rencontres…) et promeut les réorientations en première année de licence, les rentrées décalées ou encore les actions déjà accomplies localement en cas de décrochage (bilan approfondi dans le cadre d’ateliers, entretiens individuels, stages…). Autant de points abordés dans le plan « Réussir en licence ».
Enfin, le rapport propose d’impliquer davantage les équipes éducatives et pédagogiques, formées et informées. Certaines idées, comme la désignation d’un professeur référent, se retrouvent dans les autres projets de réforme du lycée.
L’orientation active : obligatoire ou facultative ?
Ainsi, le système d’orientation active, initié en 2007, est encore perfectible. « Le nombre de demandes de conseils sous la forme d'un dossier communiqué à l'université demeure relativement limité. Il tend même à diminuer en 2008-2009 dans la plupart des établissements », constate Bernard Saint-Girons.
Faut-il rendre la démarche obligatoire ou la laisser facultative ? Question délicate… « Si la démarche est facultative, les élèves les plus fragiles se montrent peu enclins à y participer, de crainte de voir leurs choix d’orientation remis en cause ; si elle est obligatoire, elle risque en revanche d’apparaître comme une contrainte supplémentaire, et non comme un service offert aux futurs étudiants - contribuant ainsi à accréditer l’hypothèse d’une sélection déguisée », indique le délégué interministériel Saint-Girons.
Encore une mission sur l'orientation
Après les missions de Richard Descoings, de Benoist Apparu, une mission parlementaire sur les dispositifs d'orientation a été confiée, en mai 2009, à Françoise Guégot, une autre députée (UMP, Seine-Maritime). Cette fois, c'est Laurent Wauquiez, secrétaire d'État chargé de l'emploi qui en est le commanditaire.
09.06.09
Aller plus loin
Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale et Pascal Charvet, directeur de l’ONISEP, ont présenté, le 10 juin 2009, le dispositif dédié à l’orientation des élèves prévu pour l’automne 2009. Revue des nouveautés à venir.
Surprise ! On attendait le rapport de Richard Descoings sur le lycée vers le 11 juin 2009. Finalement, le directeur de Sciences po a remis ses conclusions à Nicolas Sarkozy le 2 juin 2009, à 11 heures. Soit cinq jours avant les élections européennes. Sur le fond, rien de révolutionnaire. Le chargé de la mission lycée s’est concentré sur les thèmes qui sont ressortis de sa consultation entamée en janvier 2009 et menée dans 80 lycées et presque autant de départements (soit un peu moins que prévu). Prioritaires dans son programme : l’orientation, la rénovation de la voie technologique, la maîtrise des langues, le rééquilibrage des séries. Sur la forme, il prend le contre-pied de Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale également présent à l'Elysée, en donnant la parole à la communauté éducative. Et Nicolas Sarkozy approuve. Dans un communiqué, l'Elysée déclare que "Richard Descoings souligne avec justesse que la réforme doit partir des préoccupations concrètes exprimées par le terrain (...)". "L'objectif est une entrée en vigueur de tout ou partie des mesures dès la rentrée 2010", précise le texte.
Benoist Apparu, le député UMP de la Marne, a présenté mercredi 27 mai 2009 son rapport sur la mission d’information parlementaire sur la réforme du lycée. Ses préconisations mêlent idées neuves très ambitieuses et déjà-vu dans le projet Darcos.
Le rapporteur de la loi LRU officie sur plusieurs fronts. Le 27 mai 2009, Benoist Apparu doit présenter en commission de l’Assemblée nationale son rapport sur la réforme du lycée. Un document qui comptera deux projets différents, la droite et la gauche n'ayant pu se mettre d'accord au sein de la mission d'information. Il en livre ses principales propositions à Educpros. Le député UMP de la Marne a également joué un rôle politique dans le conflit sur le statut des enseignants-chercheurs.









Commentaires
Dubois - 18-06-09 22:42
Les rapports sur l'orientation se multiplient et préconisent, tous plus ou moins, la même chose, les mêmes gentilles recettes. Constat identique pour Bernard Saint-Girons, ancien président d'université, 1er vice-président de la CPU, directeur de la DGES et maintenant délégué interministériel (poste bien moins important que celui de la DGES). Améliorer les procédures de l'orientation active, oui d'accord, mais elles souffrent d'un mal congénital : en dépit d'avis négatifs, les bacheliers peuvent quand même s'inscrire !
La situation de l'université Paris 2 Panthéon Assas est intéressante : explosion des candidatures (en premier voeu) pour la 1ère année de licence de droit. Que peut, que va faire l'université : transformer l'orientation active en orientation sélective (c'est déjà le cas pour la 1ère année de licence de droit en administration publique) ou procéder à un tirage au sort pour faire entrer le nombre de candidatures dans les capacités d'accueil. Chronique sur le blog "histoires d'universités" : "tirage au sort ?" (http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/06/16/hypocrisie-ou-transparence/). La question de la sélection ou du tirage au sort a été posée il y a 36 heures au Président de l'Université, Louis Vogel, sur son blog. Il n'a pas encore répondu : http://www.louisvogel.net/?p=223.
Tous les rapports d'orientation ne servent à rien parce qu'ils ne sont pas sous-entendus par des réflexions sur l'enseignement supérieur : l'offre de formation du supérieur est illisible parce qu'éclatée entre les lycées et les universités ; elle est pléthorique en partie à cause de la concurrence entre ces établissements ; ces établissements ne sont pas à égalité car les uns peuvent pratiquer la sélection et l'université ne le peut pas.
La question de l'orientation sera résolue quand l'offre de formation de 1ère année du supérieur sera simplifiée ; l'offre sera simplifiée quand il y aura des Lycées d'Enseignement Supérieur (LES), (http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/02/19/creer-480-les/) ; quand il y aura des LES de proximité, une orientation sélective deviendra possible : orientation vers une voie courte professionnelle en 3 ans, orientation vers une voie longue, conduisant en master après éventuellement un semestre d'orientation dans les LES mêmes.
cordialement. Irnerius
jugi - 10-06-09 14:29
Ce serait bien aussi que le portail intègre TOUTES les formations possibles et pas seulement le public.
De plus ils faudrait revoir un peu le fonctionnement des CIO. Lorsqu'on arrive à se rendre dans ce genre d'endroit, on a l'impression d'être sur une autre planète (comme lorsqu'on se rend à l'ANPE pour la première fois!!). Il y a un monde entre l'univers décrit par un conseiller CIO et la REALITE.
J'ai pu y entendre des énormités comme "faites donc une prepa, vous n'aurez qu'a travailler deux ans dans votre vie et puis après un patron viendra vous embaucher".
Il faudrait des personnes qui sachent ce qu'est le monde de l'entreprise pour bien orienter les jeunes.
bringout - 10-06-09 11:44
Bonjour
pourquoi ne pas remettre enplace un forum des carrières et des formations liées, directement au lycée, avec un travail à rendre du genre : un exposé par élèves sur un mtier accessible à l'issue de sa filière, plutôt que de regrouper ces actions sur une journée, durant laquelle la pause cigarette est plus importante ... et surtout de voir pour "filtrer" les candidats à certaines filières du supérieur (genre medecine), s'ils n'ont pas un bon dossier ce qui boligerait certains à se poser les bonnes questions (pourquoi vais je dans cette formation( pour suivre ma copine)), vers quel métier...plutôt qu'un choix par défaut (il faut faire des voeux, allons y..)
les forums ont tous lieux en terminale, voyons aussi pour associer les premières obligatoirement (2 ours, 1 poru les 1eres, un pour les terminales) et arretons de faire un système admission post-bac qui ne s'ouvre pas aux écoles non eéducation nationale, genre les grandes écoles de commerce, ne fermons pas la porte des lycées aux autres formations sous prétexte qu'il ya des frais, certaines délivrent des diplômes visés d'état... ne pas permettre une réelle information entraîne aussi un échec en première année de licence: j'ai pas eu l'info en treminale, j'ai pris cette licence pour voir... certaines filières recrutent et demandent des candidats, mais c'est difficile de présenter le métier d'ingénieur d'affaires, et l'ESTA de Belfort sur un seul forum, sans laisser aux jeunes le temps de s'informer avant de venir à la journée carrières, il faudrait leur demander un travail amont : quels métiers souhaitez vous découvrir, quelles sont les formations que vous voulez voir, pour planifier les visites plutôt que de les voir déambuler dans les couloirs à regarder les affiches et les cadeaux...
préparation, rencontres, débriefing et complément d'infos sont un minimum pour choisir son orientation
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