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Crise économique : les universités américaines « à but lucratif » tirent leur épingle du jeu
Fortement touchées par la crise économique, certaines universités américaines devraient néanmoins s'en sortir mieux que d'autres : les « for-profit colleges ».
Moins chères que les établissements privés « non profit » pour les étudiants, ces universités privées « à but lucratif » sont bien équipées pour faire face à la récession, à l'heure des coupes budgétaires dans les établissements publics.
Emplois du temps flexibles, formations en ligne, localisations pratiques et soutien personnalisé... autant d'atouts qui séduisent de plus en plus d'étudiants.
Retour sur ce type d'établissement américain particulier, le « for-profit college » en temps de crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis (Washington DC). Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et sa collègue Isabelle Schöninger.
Le système d'enseignement supérieur américain est, on le sait, d'une très grande diversité, avec près de 4 000 universités accréditées. Parmi les institutions privées accréditées, certaines sont à but lucratif, « for-profit colleges », catégorie qui inclut par ailleurs un grand nombre d'institutions non accréditées (écoles de secrétariat, d'informatique, etc.).
Les for-profit colleges jouent la carte de la diversité
En 2004, 6.7 % des 17,7 millions d'étudiants étaient inscrits dans un for-profit college. S'ils ne représentent que 6.7 % des étudiants américains, ils accueillent en revanche une proportion substantielle d'étudiants issus des minorités : 16% des étudiants d'origine africaine, 14% des hispaniques contre seulement 4% d'étudiants "caucasiens".
Plus cher que les universités publiques, moins cher que les établissements privés à but non lucratif
Les frais d'inscription dans les for-profit colleges sont, en moyenne, plus élevés que dans les universités publiques mais moins importants que ceux pratiqués dans les universités privées à but non lucratif. Il n'empêche que certains for-profit colleges sont de plus en plus connus.
On peut citer à titre d'exemple l'université de Phoenix. Fondée en 1976, elle a aujourd'hui plus de 200 sites de formation, des formations en ligne dans plusieurs pays et plus de 345 300 étudiants. Elle délivre différents types de diplômes (Master, doctorat...).
Bien que toujours en marge du système universitaire américain en termes de réputation et reconnaissance, les for-profit colleges apparaissent cependant bien équipés pour profiter de la récession actuelle au moment où beaucoup, parmi les universités classiques, font face à des coupes budgétaires sévères et que certaines d'entre elles (publiques) se voient même obligées de limiter le nombre de nouveaux étudiants.
Souples et flexibles
Les for-profit colleges ont en effet plusieurs atouts à faire valoir. Tout d'abord, ils ont su répondre à une demande importante et complexe qui est celle des adultes souhaitant suivre des formations dans l'enseignement supérieur. Elles répondent bien aux besoins spécifiques exprimés par le marché du travail et ont aussi su satisfaire les demandes des minorités pour lesquelles l'accès au système universitaire traditionnel reste plus difficile.
Leurs programmes accélérés, emplois du temps flexibles, formations en ligne, localisations pratiques et soutien personnalisé attirent de plus en plus d'étudiants. Indicateur de cette tendance favorable, à l'automne 2008, le nombre d'inscriptions dans les 9 principaux for-profit colleges du pays a progressé plus rapidement que le taux de croissance annuel des 3 dernières années tandis que les marges bénéficiaires réalisées devraient être les plus hautes enregistrées depuis 2005.
Une place privilégiée dans la crise par rapport aux universités publiques…
La crise économique semble renforcer la position de ces universités face au système universitaire classique. Tout d'abord, alors que comme dans toute récession, le nombre de personnes souhaitant suivre des études est en augmentation sensible, beaucoup d'institutions publiques et privées ne sont, soit pas en mesure d'accueillir ces nouveaux étudiants, soit se voient contraintes d'augmenter leurs droits d'inscription.
En raison de la crise, les Etats sont amenés à réduire leur soutien financier aux universités publiques. Certaines universités publiques ont d'ores et déjà annoncé qu'elles allaient limiter le nombre de places pour l'automne 2009. C'est le cas parmi d'autres du système des universités publiques de Californie (California State University) qui annonce être prête à refuser 10.000 nouveaux étudiants.
… mais aussi par rapport aux établissements privés (non for profit)
Beaucoup d'universités privées (non for profit), touchées par la raréfaction des dons et par l'effondrement de la valeur de leurs endowments, se voient ainsi dans l'obligation de diminuer les services offerts aux étudiants, de différer les recrutements de professeurs, voire sont contraintes de fermer certains programmes ou de se séparer de professeurs.
Face à l'appauvrissement de leurs étudiants ou de leurs familles, elles doivent aussi (pour celles s'étant engagées à cofinancer les études des étudiants nouvellement acceptés) fournir un volume croissant d'aide financière. Pour faire face, ces universités n'ont d'autre solution que d'augmenter leurs frais d'inscription, voire d'augmenter le nombre total d'étudiants pour les plus attractives d'entre elles, mais avec le risque (pour les moins connues d'entre elles) de perdre une part de leur attractivité à l'égard des nouveaux étudiants au bénéfice des universités for profit.
La rentrée 2009 s'annonce bien
Dans un contexte d'augmentation du nombre d'étudiants candidats, de renchérissement des droits d'inscription dans les universités privées non for profit et d'incapacité des universités publiques à accueillir ne serait-ce qu'autant d'étudiants qu'à la rentrée précédente, les for-profit colleges voient d'un bon oeil se profiler la rentrée 2009.
Non seulement leur modèle économique est solide, mais il continue de progresser : augmentation de leur capacité d'accueil, développement de leur système d'enseignement en ligne. Par ailleurs, certaines de ces universités ont mis en place leur propre système de prêts étudiants. Cerise sur le gâteau, la baisse des tarifs publicitaires engendrée par la crise économique leur a permis d'accroître leur visibilité, avec désormais plus d'un milliard de dollars par an dans la publicité.
A noter : Un rapport plus complet est également disponible sur bulletins-electroniques.com à l'adresse suivante : http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm09_012.htm (PDF de 6 pages).
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23.02.09
Aller plus loin
La Purdue university et l'Indiana State university, deux grands établissements américains de l'Indiana, ont reporté leur projet d'alliance. Ce dernier, évalué à 70 millions de dollars, visait à soutenir l'industrie des sciences de la vie. En cause, les financements de l'Etat de l'Indiana, repoussés d'une à deux années. Retour sur le secteur de la recherche scientifique américain, fortement touché par la crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Lila Laborde et Adèle Martial.
Depuis près de cinq ans, les fonds engagés dans la recherche et le développement (R&D) par les agences fédérales américaines diminuent de 2,1 % par an. Le plan de relance de Barack Obama laisse néanmoins entrevoir un renversement de la tendance, avec 21,5 milliards de dollars attribués à la R&D en fonds supplémentaires d'urgence. Retour sur la politique fédérale américaine en R&D, vu de l'ambassade de France à Washington. Un texte signé Estelle Bouzat.
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Retour sur le système de l'enseignement supérieur américain, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis (Washington DC). Un texte signé Florence Barnier et Pascal Delisle.
« Yes, we can ! ». Une fois à la Maison Blanche, quelle politique Barack Obama va-t-il proposer pour le secteur de l’enseignement supérieur aux Etats-Unis ? Dans tous les cas, les relations de son pays avec les universités du reste du monde devraient prendre un nouveau cap, après huit ans sous la mandature de G. W. Bush. La communauté éducative américaine en France, que nous avions interrogée au lendemain de l'élection d'Obama, laisse entrevoir les changements à venir. Echanges académiques, prêts aux étudiants, frais d’inscription… Autant de dossiers sur lesquels il s’est exprimé pendant la campagne.
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