En bref
S'insérer après des études en sciences humaines : le bilan d'ELSA
Prévoir un « sas vers l’emploi » d’une année pour certains jeunes diplômés universitaires de licence ou de master, tel était l’objectif du dispositif Elsa (Étudiants de lettres et de sciences humaines en alternance) lancé par le CNAM et Sciences po en septembre 2006. Passé la phase d’expérimentation, le bilan du dispositif, rendu public jeudi dernier, peut paraître mitigé : seuls quinze contrats de professionnalisation ont été signés dans ce cadre depuis septembre 2007.
« Nous n’avons pas l’ambition de résoudre des problèmes de masse », rétorque Vincent Merle, chargé de porter le projet pour le CNAM. L’objectif reste une cinquantaine de contrats pour 2009 et une centaine par an à terme. Pourquoi une telle lenteur ? « D’abord parce que nous défendons un projet peu orthodoxe, argumente Vincent Merle. Les premiers partenariats ont été très longs à mener, il a fallu convaincre les entreprises qui ont des habitudes de travail avec l’apprentissage, obtenir de certaines OPCA qu’elles dérogent à leur règle d’attribution de contrat, convaincre les branches de faire un travail d’information auprès de leurs PME. » L’autre explication tient à la qualité même de l’expérimentation, du sur-mesure. Deux personnes y travaillent à plein temps. Première étape : repérer et préciser les besoins des entreprises. Et, parallèlement, créer un vivier de jeunes diplômés accompagnés tout au long du projet. « S’il suffit de quelques semaines pour ceux qui ont une idée claire et conforme à la réalité du métier visé, pour la plupart des étudiants suivis, six mois sont nécessaires pour affiner leur projet », détaille Laeticia Faudière, l’une des deux chargées de mission du CNAM. Seconde étape, rapprocher l’offre des entreprises et le portefeuille de candidatures. Puis, une fois la sélection effectuée, définir à la carte, sur 25 % du temps, le contenu de la formation à partir des 1 200 unités d’enseignement du CNAM et des douze masters professionnels de Sciences po. Selon la première évaluation confiée au cabinet Boumendil & Consultants, « à défaut de la confirmation d’une embauche définitive dans l’entreprise d’accueil (la moitié des cas), les jeunes envisagent de poursuivre leur projet professionnel révélé grâce au projet Elsa ». De beaux efforts à défaut de résultats massifs.
Contact : laeticia.faudiere@cnam.fr, 01.44.10.78.87.
30.06.08
Aller plus loin
Aider ses étudiants à trouver un stage ? Les universités vont y être de plus en plus assujetties avec l'obligation d'en effectuer au moins un en licence. Depuis 14 ans, la "banque de stages en entreprises pour étudiants" du pôle universitaire européen du Languedoc-Roussillon le propose à ses étudiants. Avec son site www.infostages-job.com, elle a constitué un réseau de 2500 entreprises et a rassemblé plus de 4000 CV d’étudiants. Ce service inter-universitaire gratuit souhaite aujourd'hui se déployer à l'échelle nationale.
Faut-il spécialiser les étudiants ou au contraire former des généralistes dans la société de la connaissance ? Les avis étaient partagés parmi les intervenants de la conférence « quelle éducation pour nous préparer à la société de la connaissance », donnée le samedi 18 octobre 2008 à l’Unesco dans le cadre de la troisième édition de l’Université de la Terre, organisée par la compagnie Nature & Découvertes. Ils étaient cinq à débattre des enjeux de la société de la connaissance : Marc Drillech (groupe Ionis), Axel Kahn (université Paris Descartes), Marc Luyckx (philosophe), Bernard Ramanantsoa (DG groupe HEC) et Dominique Thys (administrateur délégué à la direction générale de la Maif).
L’insertion professionnelle est devenue, avec la loi sur l’autonomie, une nouvelle compétence pour les universités. Valérie Pécresse était d’ailleurs en déplacement fin octobre 2008 à l’université de Bordeaux sur ce thème. Qui dit insertion professionnelle, dit bonne orientation. Les universités n’ont pas attendu la loi LRU pour aider leurs étudiants à construire leur projet professionnel, et de formation donc, avec des modules optionnels ou obligatoires de projet personnel. L’ouvrage « Changer de voie, c’est possible », de Magali Clausener et Frédérique Letourneux, à paraître le 13 novembre 2008 (Editions L’Etudiant), détaille quelques expériences intéressantes au sein des établissements. L’ensemble de ces démarches ont un point commun. Elles sont basées sur les principes du bilan de compétences défini par la loi et destiné traditionnellement aux salariés : connaissance de soi, analyse de son parcours et de ses compétences, élaboration de son projet professionnel. En avant-première, nous vous présentons les bonnes feuilles de ce livre. Après les bonnes pratiques dans les universités, nous vous ferons découvrir celles des écoles de commerce et d’ingénieurs.









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