Décryptage

Allemagne : des alliances entreprises-universités stratégiques
C’est l’une des plus importantes donations au milieu universitaire allemand : les héritiers des laboratoires Merck viennent de concéder 25 millions d’euros à l’université Heinrich-Heine de Düsseldorf. Un tiers de ce fonds versé sur dix ans sera alloué à la construction de nouveaux bâtiments, le reste servira à la rémunération de six professeurs et d’une douzaine de chercheurs. En Allemagne, les relations entreprises-universités puisent leur origine dans une vieille tradition.
L’université de Francfort a ainsi été créée par les bourgeois de la ville, en particulier par ses banquiers. Mais ce n’est que récemment, face à la déroute financière des universités allemandes, que les entreprises ont fait un retour en force avec des velléités affirmées : former des cadres formatés à leurs besoins immédiats et initier des programmes de recherche et développement, le plus souvent à court terme.
Un clientélisme décomplexé
Ainsi, l’université de Lübeck, dont les travaux de recherche pour l’industrie constituent un pilier d’activité à part entière, doit sa spécialisation en matériel médical à l’implication de groupes tels que Siemens et Philips ou de la société locale Dräger. À Münster, un recteur est chargé du Partnering, une fonction qui consiste à élaborer des alliances stratégiques avec les groupes industriels. L’université inscrit à son palmarès BASF. Le géant allemand de la chimie dispose d’une unité de production de peintures dans la région et projette d’installer prochainement un laboratoire sur le campus.
Financement de chaires
Il ne s’agit plus simplement de financer des programmes de recherche, dans le cadre des modèles de transfert technologique éprouvés au sein des instituts de recherche universitaires, des Fraunhofer Institut (recherche appliquée) et Max-Planck Institut (recherche fondamentale). Aujourd’hui, les entreprises s’ingèrent dans les cursus universitaires, notamment en finançant des chaires : Beiersdorf en dermatologie expérimentale, Schering en chimie organique. On voit se remplir à Würzburg un amphi à l’enseigne d’Aldi, le grand distributeur discount, qui en a financé la rénovation. L’amphi voisin porte la marque de la caisse d’épargne locale. À Potsdam, un institut universitaire emprunte le nom de son bienfaiteur, Hasso Plattner, le créateur du groupe informatique SAP…
Combler le manque d’ingénieurs
Aucune philanthropie ne sous-tend ces engagements, mais un raisonnement intéressé : « Nous ne pouvons laisser l’école et l’université régler seules la question de la prochaine génération », déclare Peter Dollhausen, directeur des ressources humaines de ThyssenKrupp. En manque d’ingénieurs – la pénurie est estimée à 22 000 professionnels –, les entreprises allemandes prennent le problème à bras-le-corps. « Il nous faut de l’excellence, stopper la fuite des cerveaux à l’étranger, mais nous devons aussi promouvoir une large base en formation technique », poursuit Peter Dollhausen, dont le groupe finance avec le fournisseur énergétique RWE, à hauteur de 3,5 millions d’euros, trois nouvelles chaires à l’université RWTH (Rheinisch-Westfälische Technische Hochschule) d’Aix-la-Chapelle, l’un des principaux viviers d’ingénieurs allemands avec celle de Darmstadt.
La concurrence du privé
Même pragmatisme à Munich, où l’université est complètement décomplexée. « L’intervention des entreprises, qui se chiffre à 120 millions d’euros en sept ans, nous a permis de créer vingt et une chaires et d’explorer de nouveaux champs de recherche », se réjouit le professeur Arnulf Melzer, chargé du Fundraising à la TU (Technische Universität) de Munich. Mieux encore, la Fondation allemande pour la science et le ministère fédéral de la Recherche ont récompensé cinq universités à hauteur de 1,25 million d’euros pour la qualité de leur collaboration avec l’industrie.
Jusqu’à présent, pour discutables que puissent être les options éducatives inspirées de ces sponsorings, l’Allemagne parvient à éviter tout dérapage : la présidence des universités statue sur chacune des créations de chaire et le cadre financier est défini, notamment par la fondation de SARL vouées à des projets de coopération précis.
Des partenaires très prisées
Les entreprises ne sont pas seulement les bienvenues sur les campus, elles sont devenues des partenaires très appréciées. À tel point que la concurrence s’accroît. Joachim Weber, porte-parole de la HRK (Conférence des recteurs universitaires), regrette ainsi que de plus en plus d’entreprises s’engagent sur le terrain des universités privées. Pour preuve, à Brême, le roi allemand du café, le groupe Jacobs, a transformé, moyennant une donation de 200 millions d’euros, l’International Bremen University en Jacobs University…
26.11.07
Aller plus loin
Le paysage universitaire outre-Rhin se modifie profondément depuis la loi de réforme du fédéralisme, en 2006, qui a signé le désengagement financier de l’État fédéral au profit des Länder. L’autonomie conférée aux universités permet à chacune d’établir son propre profil. Une question d'image et de visibilité devenue essentielle pour les établissements supérieurs. Le colloque de l'association européenne des universités (EUA), qui se tient du 27 au 29 mars à Barcelone, revient sur cette question.
Au premier janvier 2008, deux universités allemandes ont adopté le statut juridique de fondation. L'université Johannes Wolfgang Goethe de Francfort, la cinquième du pays, ainsi que l’université privée Zeppelin University, de Friedrichshafen. Dans les deux cas, il s'agit d'assurer leur financement à long terme par un nouveau modèle capitalistique.
A l’appel du SNES, de la FSU, de l’UNSA, de la CFDT, de la CGT, de l’UNSA et de la CFE-CGC, les enseignants du primaire et du secondaire ont manifesté le 7 octobre 2008, à Paris et en province. Si ce mouvement qui a été relativement peu suivi fait figure de ballon d’essai pour la manifestation nationale du 19 octobre 2008, dans le cortège parisien, les doléances des enseignants étaient nombreuses. Témoignages.
Le secteur de la logistique n’est pas le seul à devoir résoudre la quadrature du cercle : comment faire face en temps de crise en évitant de se séparer de collaborateurs indispensables pour préparer l’avenir dans un contexte de guerre des talents. Du coup, la fonction RH fait mieux que résister.
La logistique et le transport sont directement tributaires de la baisse de l’activité.
Dans un contexte de rationalisation et de réduction des coûts, la fonction tire son épingle du jeu.
L’audit tire son épingle du jeu. La fonction est en effet moins vulnérable à l’évolution économique : en période de crise, les entreprises ont toujours besoin de faire certifier leurs comptes.
Même si les recruteurs restent prudents, Syntec informatique estime que les volumes d’offres d’emploi devraient rester « significatifs » pour faire face aux carnets de commandes sans atteindre toutefois les niveaux des années précédentes, soit 20 000 créations nettes d’emplois très qualifiés.
Si la crise touche de plein fouet l’industrie – les offres d’emploi en production ont chuté de 22 % en novembre 2008 par rapport à novembre 2007, selon l’Apec – certaines fonctions résistent mieux que d’autres.
Les profils commerciaux continuent à être recherchés, la banque et l'assurance continuent à avoir de gros besoins.
Le service Documentation a relevé dans la presse cette semaine.
Yann Bergheaud est l'un des organisateurs des journées lyonnaises du e-learning de juin 2009. Responsable du service universitaire d'enseignement en ligne (SUEL) de Lyon 3, il revient sur l'avancée du tutorat en ligne et du déploiement du e-learning dans son université, ainsi que sur la situation juridique des enseignants-chercheurs vis-à-vis du droit d'auteur sur Internet.












Commentaires
Ogni societ - 01-10-08 23:33
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Sar - 03-09-08 04:59
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Sar - 03-09-08 00:26
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Sar - 04-08-08 21:42
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Sar - 30-07-08 23:44
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Nazionale gi - 22-07-08 06:27
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Sar - 10-07-08 18:16
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Solo societ - 08-07-08 06:05
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