En bref
Désaffection des filières scientifiques : les Etats-Unis veulent réformer la formation des enseignants
Les besoins de nouveaux enseignants en sciences, technologies, mathématiques et ingénierie (STEM) sont immenses, d'ici à 2015 aux Etats-Unis, tandis que la tendance est à la désaffection des étudiants vers ces filières. Et même parmi ceux qui choisissent ces matières à l'université, peu se destinent à l'enseignement.
Retour sur un constat inquiétant, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Estelle Bouzat.
Selon un rapport de 2005 du Business-Higher Education Forum, d'ici à 2015, il faudra plus de 280 000 nouveaux enseignants en sciences, technologies, mathématiques et ingénierie (STEM) aux Etats-Unis. En outre, actuellement, de nombreux enseignants enseignent ces matières sans en avoir une connaissance approfondie.
Un désintérêt pour les mathématiques et la science dès le primaire
Ces constats inquiétants sont la conséquence d'une réaction en chaîne : tout d'abord, on constate une désaffection de ces spécialités par les étudiants ; ensuite, parmi ceux qui choisissent d'étudier ces matières à l'université, seule une faible proportion se dirige vers l'enseignement ; enfin, de nombreux enseignants en STEM quittent la profession après quelques années d'exercice.
La racine du problème semble venir du désintérêt des élèves pour les mathématiques et la science dès le primaire. Ainsi, les comparaisons internationales montrent que les résultats des élèves américains en mathématiques et en sciences ne sont pas aussi bons que le laisserait penser la place de leader mondial de l'innovation qu'occupent les Etats-Unis. La solution doit donc passer en premier lieu par une meilleure formation des jeunes générations, qui elle-même nécessite une réforme de la formation des enseignants.
Une priorité nationale pour le président Obama
Face à ce constat, une multitude de projets émanant d'une grande variété d'acteurs ont vu le jour ici et là, portant aussi bien sur la formation, que le recrutement ou encore le maintien en poste des enseignants. Cette "génération spontanée" d'initiatives est symptomatique de l'extrême décentralisation américaine.
Cependant, les acteurs ont pris conscience de la dimension nationale du problème et des initiatives politiques ont vu le jour au niveau fédéral. La nouvelle Administration est pleinement consciente du problème et le Président Obama souhaite faire de l'enseignement des mathématiques et des sciences une priorité nationale.
Vous pouvez consulter le rapport entier ici : http://www.bulletins-electroniques.com/rapports/smm09_038.htm
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11.06.09
Aller plus loin
La Purdue university et l'Indiana State university, deux grands établissements américains de l'Indiana, ont reporté leur projet d'alliance. Ce dernier, évalué à 70 millions de dollars, visait à soutenir l'industrie des sciences de la vie. En cause, les financements de l'Etat de l'Indiana, repoussés d'une à deux années. Retour sur le secteur de la recherche scientifique américain, fortement touché par la crise, vu de l'ambassade de France aux Etats-Unis. Un texte signé Lila Laborde et Adèle Martial.
Comment produire une revue académique de qualité accessible au maximum de chercheurs ? A l'ère du tout gratuit, cinq universités américaines renommées (MIT, Harvard university, Cornell university, Darmouth College et l'université de Californie à Berkeley) se sont associées en vue de modifier le modèle économique des revues où sont publiés leurs chercheurs. Retour sur cette évolution vers un libre accès aux revues scientifiques américaines, vue de l’ambassade de France à Washington. Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et Marion Bruley.
Le commissaire à la Diversité et à l'Egalité des chances, Yazig Sabeg, propose de mettre en place des indicateurs de la diversité dans son rapport rendu le 7 mai 2009 à Nicolas Sarkozy. L'occasion de revenir sur les politiques américaines d'affirmative action menées dans les universités. Nous vous proposons une synthèse d'études sur le sujet signée Pascal Delisle, attaché culturel de l’ambassade de France à Washington, et sa collègue Florence Barnier. Les résultats de l’étude « Diversity and Affirmative Action in Higher Education » concluent notamment que la suppression de telles politiques, basées sur le critère racial et souvent critiquées se solderait par une baisse de 35 % du nombre d'étudiants issus de minorités dans les universités les plus renommées du pays, et d'environ 5 % sur l'ensemble d'entre elles.









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