En bref
Deux AG traduisent le malaise des personnels et doctorants face aux réformes
En marge de la manifestation du 20 janvier 2009 dans l’enseignement supérieur et la recherche qui a rassemblé quelque 3000 personnes selon le Snesup, les associations Sauvons la recherche et Sauvons l’université ont convoqué deux assemblées générales à Paris dans des locaux de Paris 7.
La première a rassemblé une soixantaine de personnels ingénieurs, administratifs et techniciens de la formation et de la recherche (ITA et Biatoss) de grands organismes (CNRS, Inserm, INRA...) et d'universités. Ces personnels souhaitaient se mobiliser face aux réformes sur le redéploiement des moyens dans les grands organismes de recherche ou à l’autonomie des universités qui transformeraient profondément leurs conditions de travail. Travail par projet avec les financements de l’ANR, augmentation des CDD, contrats d’objectifs, mise en concurrence avec les primes, affectations par les ressources humaines, externalisation des missions exercées par les personnels de catégorie C… Autant de changements dans lesquels ces personnels statutaires voient « la destruction des principes de la recherche », selon le communiqué de SLR. Ils redoutent également le remplacement de ces personnels statutaires par des personnels précaires.
L’autre assemblée générale a réuni des personnels précaires de l’université (étudiants, doctorants et post-doctorants). Le collectif Papera dénonçant la précarisation des personnels de l’université et de la recherche sera reçu le 24 février 2009 par Pierre-Louis Fagniez, conseiller de Valérie Pécresse sur ce point.
20.01.09
Aller plus loin
En discussion au Sénat à partir du 20 novembre 2008, le budget 2009 sera examiné sur l'enseignement supérieur et la recherche en particulier le 28 novembre. Si le gouvernement Fillon a fait de ce poste budgétaire une « priorité absolue », Bertrand Monthubert, président de Sauvons la recherche (SLR), déclare ne pas en être convaincu.
Le mouvement de mobilisation des enseignants-chercheurs jusque là multiforme (assemblées générales, manifestations, rétentions de notes, pétitions, journée d’action, motions…) se met en ordre de marche. A partir du 2 février 2009, une grève nationale illimitée et reconductible dans les universités a été décidée par la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche qui demande le retrait de la réforme sur le décret de 1984. Le Snesup appelle lui à la grève dès le 26 janvier 2009, de même que le Collectif pour la défense de l’université. La modification annoncée du statut des enseignants-chercheurs soude une grande majorité des composantes de la communauté universitaire.
Certains enseignants grévistes de l'EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales) proposent des conférences alternatives dans le cadre de l'opération Changeons le programme. Alain Trautmann, ancien responsable de Sauvons la Recherche y a apporté sa pierre sur le thème : « Des Etats Généraux de la recherche de 2004 aux " réformes" actuelles pour l’enseignement supérieur et la recherche », le 17 février 2009. De quoi mettre en perspective les revendications des enseignants-chercheurs dans la crise qui secoue aujourd'hui les universités à l'aune de celles émises par les chercheurs il y a cinq ans.
Les chercheurs veulent faire entendre leur voix dans la contestation qui agite actuellement le monde universitaire et multiplient les réunions pour le faire savoir. Le 14 mars 2009, 250 directeurs d'unités mixtes de recherches (UMR) se sont réunis à Paris et ont menacé le gouvernement d'une démission collective d'ici à deux mois si leurs revendications n'étaient pas entendues. Au premier rang desquelles figurent la reconnaissance du rôle d'opérateur des organismes de recherche (CNRS en tête) et la mise en chantier d'un plan pluriannuel de l'emploi scientifique. Deux jours plus tôt, à l'appel de l'intersyndicale, plusieurs centaines de délégués de « laboratoires en lutte » se sont rassemblés pour dénoncer « la situation désastreuse actuelle de la recherche publique à l'université et au sein des EPST ». Conviés par Valérie Pécresse le 20 mars 2009 à discuter au ministère, les principaux syndicats de la recherche ont décliné l'invitation et demandé des "négociations sur l’ensemble du contentieux sur la recherche et l’enseignement supérieur". Tour d'horizon des organismes sur les sujets qui fâchent.
La coordination nationale des personnels BIATOSS et ITA appelle à une journée "bureaux vides" le 8 avril 2009, après celle du 2 avril. Ceux qui « font tourner la machine » dans les universités et les organismes de recherche marchaient en tête dans le dernier cortège parisien. Passés de l’ombre à la lumière, les BIATOSS et ITA en grève défileront aux côtés des enseignants-chercheurs lors des manifestations organisées dans le monde de l'éducation et de la recherche, ce mercredi 8 avril.












Commentaires
Pas de commentaires pour le moment
Ajouter un commentaire