En bref
Des dizaines de milliers de manifestants à Paris pour l’éducation
Plusieurs dizaines de milliers de personnes, 80 000 selon les organisateurs et 32 000 selon la police, ont manifesté dimanche 19 octobre 2008 à Paris, pour obtenir plus de moyens pour l’éducation.
Le PS en guest
Enseignants (en majorité), étudiants, lycéens et parents d'élèves de la FCPE ont défilé à l’appel de 47 organisations. Plusieurs têtes du Parti socialiste, comme Martine Aubry, Bertrand Delanoë et François Hollande, étaient également présents dans le cortège. Les manifestants ont déploré les classes surchargées dans les établissements suite aux suppressions de postes (11 200 à la rentrée 2008, 13 500 en 2009) et "l'incertitude la plus totale sur la réforme du lycée" à venir.
Mobilisation justifiée ou pas ? Selon un sondage IFOP pour Dimanche Ouest-France publié le 19 octobre, 69 % des personnes interrogées approuvent la mobilisation. De son côté, Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur, a déclaré sur Europe 1 le matin même de la manifestation que les raisons de la grogne des élèves et enseignants étaient "en profond décalage avec la situation réelle de l'éducation qui est aujourd'hui la priorité des priorités du gouvernement".
Affaire à suivre
Les organisations qui ont appelé au mouvement se réuniront mercredi 22 octobre 2008 à Paris pour décider de la suite à donner à la manifestation. Cette suite pourrait prendre la forme d’une grève unitaire en novembre 2008, a annoncé à l'AFP le syndicat SNUipp-FSU. De son côté, l’UNEF (Union nationale des étudiants de France) a indiqué qu'elle allait appeler prochainement à des assemblées générales dans toutes les universités contre la "dégradation des conditions de vie et d'études".
20.10.08
Aller plus loin
Le lycée ancienne version est peut-être en train de vivre sa dernière année scolaire en l'état. Retardée de plusieurs semaines, la présentation de la réforme du lycée devrait avoir lieu début novembre 2008, devant quelque 600 élèves. Avant les enseignants. Sur le terrain, proviseurs et enseignants témoignent de leur quotidien dans le contexte actuel des suppressions de postes et des heures supplémentaires.
La réforme du lycée, dont Xavier Darcos doit annoncer ce mardi 21 octobre 2008 les premières mesures sur la classe de seconde, permettra-t-elle au ministère de faire des économies ? Le ministère de l’Education nationale s’est engagé parallèlement sur deux réformes d’ampleur – réforme du lycée et recrutement des enseignants au niveau master – qu’il veut voir aboutir dans des délais très serrés. Même s’il affirme penser les réformes « au service des élèves » pour l’une et « avec l’objectif d’améliorer le recrutement des enseignants » pour l’autre, en se défendant de les envisager dans une perspective comptable, les deux chantiers ouverts pourraient, d’après les premières hypothèses formulées, conduire à économiser de nombreux postes. En contrepartie, le ministère se "dédouane" en revalorisant les débuts de carrière des enseignants.
A l’appel du SNES, de la FSU, de l’UNSA, de la CFDT, de la CGT, de l’UNSA et de la CFE-CGC, les enseignants du primaire et du secondaire ont manifesté le 7 octobre 2008, à Paris et en province. Si ce mouvement qui a été relativement peu suivi fait figure de ballon d’essai pour la manifestation nationale du 19 octobre 2008, dans le cortège parisien, les doléances des enseignants étaient nombreuses. Témoignages.










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