Décryptage
La tour de l'UPMC
Classement de Shanghai 2009 : légère progression des universités françaises
Avec toujours trois institutions figurant dans le top 100, les universités françaises maintiennent leur position dans l’édition 2009 de l’Academic Ranking of World University (ARWU), qui sera officiellement présentée à Shanghai le 4 novembre 2009. Educpros s'est procuré le classement de Shanghai 2009 en avant-première. Ce classement confirme l'excellence de la France en mathématiques.
Chacun des trois établissements français déjà présents dans le top 100 progresse de quelques places : l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) passe de la 42ème à la 40ème place, l’université Paris-Sud progresse de six places (de 49 à 43) et enfin l’ENS Paris passe du rang 73 au rang 70. Au total, avec 23 établissements d’enseignements supérieurs, la France maintient sa position dans le top 500, et arrive à la cinquième place.
Nouveauté 2009 : classement par discipline
Le classement général de l’ARWU est cette année complété par un classement par discipline (un ranking sur cinq champs disciplinaire avait déjà été mis en place en 2007). Cinq disciplines sont proposées : les maths, la physique, la chimie, les sciences informatiques, et l’économie- business.
Bonnes performances en maths
Les universités françaises apparaissent particulièrement performantes en mathématiques avec neuf universités parmi les 100 premières : Paris Sud (6ème), UPMC (7ème), Paris Dauphine (35ème), ENS Paris (47ème), Paris Diderot (49ème), Polytechnique, Rennes 1, Strasbourg 1 et Aix-Marseille 1 se situant dans la seconde moitié du classement.
Pour la physique, Paris Sud est à la 19ème place, suivie de l’ENS Paris (34ème), de Grenoble 1 (78-104) et de l’UPMC (78-104). En économie- business, la France compte deux établissements dans le top 100 : l’INSEAD (40) et Toulouse 1 (76-100). Enfin en chimie, Strasbourg 1 se distingue à la 15ème place.
Six critères de recherche
Rappelons que d’un point de vue méthodologique, l’ARWU repose sur six critères mesurant l’activité de recherche de l’établissement, tels que le nombre de prix Nobels et médailles Fields parmi les anciens et les professeurs, le nombre d’articles publiés dans Science et Nature ou encore le nombre de citations de chercheurs.
29.10.09
Aller plus loin
La septième édition de l’Academic Ranking of world University (ARWU), ou classement de Shanghai sera officiellement dévoilée le 4 novembre 2009, lors de la troisième conférence internationale sur les universités de classe mondiale (WCU-3). Educpros s’est procuré l'édition 2009 en avant-première et a interviewé par mail son concepteur, le professeur Nian Cai Liu, de l’université Jiao Tong de Shanghai.
Les établissements français d'enseignement supérieur se maintiennent dans le classement 2009 du palmarès international des universités du Times Higher Education-QS. Le premier d’entre eux, l’ENS de Paris demeure à la 28e place, Polytechnique recule de deux places (36 contre 34 en 2008) et Pierre et Marie Curie (UPMC) remonte de 32 places (117 en 2009 contre 149 en 2008). L'ENS Lyon figure au 126ème rang et gagne 14 places.
C’est la saison des classements dans l’enseignement supérieur. Juste avant la publication du classement de Shanghai 2009, le CHE (Centrum für Hochschulentwicklung) allemand a rendu public le 29 octobre les résultats de son cru 2009. Avec de bonnes nouvelles pour les universités françaises.
Valérie Pécresse a annoncé lors de la présidence française de l’Union que naîtrait un palmarès européen des universités mondiales d’ici 2010. Sur des critères qui lui seraient plus favorables ? L'appel d'offres de la Commission européenne a été lancé mi-décembre 2008 et le met en tous cas sur les rails. Une étude réalisée par la direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) analyse les principaux classements existants. Une mise en perspective intéressante à l’heure de l’omniprésence des palmarès.
« Une université dans la cour des grandes écoles »… cette ambition affichée de longue date par son président, Laurent Batsch, vient aujourd’hui d’être nettement confortée : Paris Dauphine a obtenu le 26 novembre 2009 l’accréditation Equis pour une durée de trois ans.
Quels sont les nouveaux outils et critères proposés par les concepteurs des classements internationaux en matière d'enseignement supérieur ? Ghislaine Filliatreau, directrice de l’OST, s'exprimera sur cette question lors de la troisième conférence internationale sur les universités de classe mondiale (WCU-3), du 2 au 4 novembre en Chine, au cours de laquelle sera présentée l'édition 2009 du classement de Shanghai. Educpros l'a rencontrée.












Commentaires
DE DEKEN - 10-01-10 09:15
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Lakraa - 10-11-09 15:26
Concernant l'Université de Strasbourg, l'appellation "Strasbourg 1" n'existe plus puisque les universités ont fusionné au 1er janvier 2009, pour info.
TT - 03-11-09 08:33
quelle honte. Donner autant de publicité à un palmares aussi bidon.
comme le dit zhang, les chinois l'avaient conçu comme un outil de stimulation pour la recherche chinoise.
Les occidentaux s'en sont emparés, soit pour flatter les biens classés, soit pour fouetter les mal placés.
Ca fait vraiment peur pour la recherche mondiale cette marchandisation du savoir,
La revue L'étudiant, les business school, les MBA bidons à 50.000 euros: toute une logique de commerce de l'école et du savoir. C'est vrai que les marchés financiers nous montrent à quel point cette logique fait progresser l'humanité !
Universitaire, je suis dégouté et vais travailler dans le privé l'année prochaine. Quitte à me frotter à des empafés, pourquoi prendre des ersatzq, qui s'en mettent plein les fouilles sans prendre l'ombre d'un risque (contrats de recherche bidons avec des entreprises amis, responsabilité cumulées...qui leur permettent de doubler leur salaire sans risques et sans pressions)
j'en ai marre de cautionner un monde universitaire dont les gestionnaires ont pris le pouvoir. Marre de ces parasites prétentieux et inutiles, boursouflés par leurs indicateurs et leur marketing "à la mors moi le...", et béquillés par leur powerpoint de débiles mentaux.
au revoir ma chère Université, je te quitte sans regrets, tu es devenue trop laide!
visiteur - 02-11-09 11:40
Faut arrêter avec cette connerie dont s'inspire Sarkozy l'ignare pour taper sur les chercheurs français. La recherche française est la première en Europe et la 4ème au Monde. Le reste n'est que foutaise ! Pourquoi ne fait-on pas une analyse comparée du niveau des diplômes de la Sarkozy-familly, histoire de rigoler un peu?
VivianeM - 02-11-09 08:54
@zhang
Le problème n’est pas l’existence de ce classement qui a été fait pour aider les universités chinoises, le problème est l’utilisation qu’en ont faite les journalistes et les politiques en France. Si ce classement entraîne des effets non désirés désastreux dans les universités et autres grandes écoles de haut niveau qui n’ont pas été dans la logique anglo-saxonne (grand campus, grande communication), il peut permettre un élan dans la bonne direction pour les universités qui sont dans le bas du classement.
Il est vrai qu’il existe d’autres classements réalisés pour mettre en avant certains types de groupes universitaires. Les auteurs de celui-ci ont agrégé le mieux possible les données facilement disponibles ayant un rapport avec le niveau de l’établissement universitaire. Mais les données sont tellement partielles, le facteur taille impacte à un tel niveau, la méthode de comptage des communications est tellement peu représentative de la qualité du travail de recherche qu’on peut, sans contestation possible, affirmer que ce classement manque de pertinence en se basant sur les règles de base de l’état de l’art de la science des indicateurs. Par conséquent, il est irresponsable de le brandir comme un moyen de juger les universités.
Ce classement ne devrait pas être utilisé en France, non pas parce que les universités françaises ne figurent pas en bonne place, mais parce que les universités qui cherchent à monter leur place dans le classement détruisent leur potentiel de recherche. Nous sommes jamais aussi bon que les anglo-saxons dans le domaine qui permet de produire en masse de la publi (généralement sans trop d’utilité pour faire avancer la science). Nous ne devons pas abandonner les domaines plus utiles à la recherche, mais moins rentables en potentiel de publication. D’autant plus que les anglo-saxons y sont moins présents à cause de leur trop grande attraction pour les indicateurs, y compris ceux qui manquent de pertinence.
Neuf - 30-10-09 19:48
Il y a effectivement quelques problèmes dans la catégorie Maths, où dans la colonne Alumni : "anciens élèves ayant obtenu une médaille Fields après 1951" Poytechnique et les universités françaises obtiennent des points alors que tous les médaillés Fields français sont des anciens élèves de l'ENS. Et il y en a 9 ! C'est à dire qu'aucune autre institution dans le monde n'a fait mieux, ni en Russie, ni même aux Etats-Unis. Par ailleurs, il y a un médaillé Fields (Wendelin Werner) prof à l'ENS Ulm et cela devrait compter dans la colonne Award, qui est à 0 pour l'ENS... S'il y a autant d'erreur pour la France, qu'en est-il pour les autres pays et dans les autres sujets ?
zhang - 30-10-09 14:42
Pour Gaël.
Votre commentaire est un mélange du genre incroyable. La science est justement un des rares domaines où l'idéologie n'a pas sa place. Si on suit votre raisonnement, pourquoi pas appeler à tous les journaux de ne pas accepter des publications des pays que vous n'aimez pas, ou encore mieux, traiter tous les scientifiques de ces pays comme collabo et donc ne pas interagir avec eux ? Chinois que je suis, je sais que ce classement a suscité peu d'intérêt en Chine, et leur auteurs au départ avait pour l'intention de mesurer le retard de la Chine vis-à-vis de l'occident dans la formation supérieure. Si vous avez lu l'interview de l'un des ces auteurs, ses réactions sont tout à fait correctes, sans aucune arrogance que ce soit. Enfin, vous devez mieux suivre votre logique en jetant votre ordinateur qui est fabriqué en chine, ou avec des composants fabriqués en Chine.
Amateur (selon Viviane M) ou pas, ils prennent des critères que tout le monde peut vérifier. Ils ne tentent pas non plus de monter au monde entier que les universités chinoises sont mieux que les autres, et c'est justement le problème de certains classement qui utilise des critères qui favorisent tels ou tels groupes universitaires. Très franchement, que je regarde le classement des universités françaises, par rapport à ceux qui sont devant ou derrière, ce n'est pas mal du tout. N'oublions pas qu'ils des milliers et des milliers d'universités dans le monde, et toutes celles dans le top 500 méritent notre respect.
Et enfin, comme l'auteur dit, il ne fait pas prendre un classement quel qu'il soit, pour faire une politique scientifique d'une université, encore moins d'un pays. La France investisse pas suffisamment en science, et tout le monde sait bien.
Gaël - 30-10-09 10:57
Le plus hallucinatoire dans cette histoire, c'est qu'on consacre du temps et de l'intérêt (pour certains) à parler de ce classement alors même que la chine est le pays de l'inéquité, on y foule au pied les droits les plus fondamentaux des êtres humains... Comment accorder le moindre crédit à un classement réalisé dans une dictature rongée par la corruption ?
A quand un classement des grandes écoles de commerce par le comité scientifique de La Havane à Cuba ou bien le classement des 10 meilleurs MBA par le ministère de l'éducation de Corée du Nord ?
Dubois - 30-10-09 10:07
Pamphlet contre Shangaï
http://histoireuniversites.blog.lemonde.fr/2009/06/10/pamphlet-contre-shanghai/
Un des mérites de ce classement cependant : il aura lancé le processus de rapprochement des universités françaises
Sauzeau - 30-10-09 09:17
Les "agences de notation" ont mené la "planète finance" à la ruine en condamnant les valeurs liées à l'économie réelle - évoluant sur le moyen ou le long terme - au profit des fonds spéculatifs, générateurs de profits quasi instantanés. Elles ne sont que l'émanation de groupes d'intérêt et de pression, de lobbies. Qu'est-ce que l'ARWU ? Un moyen de déprécier la recherche fondamentale - évoluant sur le moyen ou le long terme - au profit de la recherche appliquée. Comparaison n'est pas raison, dit-on, mais les faits sont têtus. Cette gouvernance internationale dope un arbre fruitier auquel elle refuse sa greffe régénératrice, sous prétexte qu'il donne tojours de beaux et nombreux fruits ... juste avant de mourir.
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