A la une

REFLEX : 30 000 étudiants européens sondés sur leur insertion professionnelle
En exclusivité, Educpros publie le rapport Reflex. Trois ans d’enquête, 30000 étudiants interrogés sur onze pays ont permis d’alimenter une base de données inédite. Cette étude comparative d’envergure analyse les relations entre les systèmes d’enseignement supérieur et le marché du travail, en Europe.
Financé par la Commission européenne, le rapport Reflex est le résultat de trois ans d’enquête sur un échantillon représentatif de 30 000 étudiants (dont 2000 en France). Ils ont été interrogés en 2005, cinq ans après leur sortie de l’enseignement supérieur. Onze pays y ont participé : l’Allemagne, l’Autriche, l’Espagne, la Finlande, la France, l’Italie, le Japon, la Norvège, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse. Chacun en lien avec un centre de recherche en sciences de l’éducation. Côté français, l’IREDU (Institut de recherche sur l’éducation) implanté à l’université de Bourgogne a coordonné les travaux.
Cette vaste enquête, autrement dénommée Flexible Professionnel in the Knowledge Society s’articule, autour de quatre interrogations : Quelles compétences les étudiants de l’enseignement supérieur recherchent-ils pour s’intégrer sur le marché du travail ? Quelles sont celles qui sont acquises et celles requises par les employeurs ? Comment les établissements de l’enseignement supérieur les aident à les développer ? Et par conséquence, quelles sont les tensions en jeu entre les étudiants, les établissements et les employeurs ?
« Cette enquête montre que, d’un pays à l’autre, les étudiants ont globalement une bonne perception de leur formation qui leur assure une insertion de qualité, souligne l’un des coordinateurs du projet, Jim Allen, sociologue à l’université de Maastricht (Pays-Bas). Mais d’un pays à l’autre les écarts entre leur formation d’origine et les compétences exercées ou exigées pour un premier emploi sont très variables. Ces éléments parmi d’autres constituent une base de travail qui va permettre de réaliser des comparatifs et des analyses fines par pays ».
A ce titre, le Céreq publiera à l’automne 2008 dans un Bref, une analyse plus précise sur la France, notamment en ce qui concerne les différences de perception et de valorisation des compétences selon les sexes, du côté des entreprises et des diplômé(e)s.
02.07.08
Documents utiles
Aller plus loin
Les 65 000 jeunes sortis du système éducatif en 2004 marchent dans les pas de leurs aînés, interrogés eux aussi en 2001 (ils étaient 25 000) et en 1998 (55 000) par le CEREQ. Les premières conclusions de l’enquête « Génération 2004 » montrent de grandes similitudes dans les parcours avec les mêmes difficultés d’insertion pour les moins diplômés. Les analystes insistent sur la nécessité de renforcer les liens entre l’école et l’entreprise pour favoriser l’insertion.
L’enquête de la génération 2004 du Cereq est rendue publique le 21 février 2008. 65 000 jeunes de tous les niveaux de formation ont été interrogés parmi les 737 000 sortis du système éducatif en 2004. Dans un entretien accordé à Educpros, Alberto Lopez, chef du département « entrés dans la vie active » du Cereq dresse un bilan de ces différents niveaux. Globalement peu de changements sont enregistrés par rapport à 2001, même si la conjoncture a pesé sur l’insertion professionnelle des jeunes. Ainsi les titulaires de BEP-CAP et les docteurs en sciences connaissent des difficultés croissantes d’insertion.
Les statistiques publiées par la DARES affichent un taux de chômage des moins de 25 ans de 21,6 % à la fin décembre 2006. Un chiffre en baisse, mais encore trop élevé. Pourtant, il n’est qu’un reflet déformé de la situation réelle des jeunes en France. Educpros a sollicité l’éclairage d’Éric Heyer, directeur adjoint du département Analyse et prévision de l’OFCE (1).




