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Mobilité étudiante en Europe : ce qui bloque encore
Valérie Pécresse et Xavier Darcos ont tous des deux inscrit à leur emploi du temps le Conseil des ministres européens Education Jeunesse Culture qui se déroule à Bruxelles, le 21 novembre 2008. Au programme notamment, la mobilité et Erasmus mundus 2. Alors que les 27 pays de l'Union européenne tenteront de donner un second souffle à la mobilité des étudiants en Europe, nous publions un sondage exclusif sur Les jeunes et la mobilité en Europe : représentations, souhaits et pratiques (touteleurope.fr-Letudiant.fr) qui rappelle l’ampleur du défi.
Les 27 pays de l'Union européenne s’entendront-ils à Bruxelles sur une déclaration commune en faveur de la mobilité des jeunes en Europe ? Tel est en tout cas l’objectif de la ministre de l'Enseignement supérieur qui, dans le cadre de la présidence française de l’Union, souhaite un engagement de tous les partenaires à reconnaître une période à l’étranger (stage, séjour d’études…) comme « composante pleine et entière d’un cursus scolaire ». Un engagement à minima (sans objectif chiffré) au regard des blocages de la mobilité étudiante européenne.
Ces blocages sont encore mis en lumière par le sondage touteleurope.fr-letudiant.fr réalisé par l’IFOP et que nous publions en exclusivité et intitulé Les jeunes et la mobilité en Europe : représentations, souhaits, pratiques.
Des étudiants motivés mais bloqués par l’argent
Si deux tiers des sondés se déclarent prêts à partir étudier ou travailler dans l’Union, ils ne sont que 7 % à avoir déjà profité d’un programme universitaire Erasmus (soit quelques point de plus que la moyenne nationale, autour de 2 %). Parmi les obstacles à la mobilité, l’argent est, sans surprise, cité en priorité par plus d’un sondé sur deux (53 %). Suivent ensuite la barrière linguistique (19 %), les problèmes administratifs liés au changement de pays (10 %) ou encore le manque de motivation des jeunes à la mobilité (9 %). Quant aux avantages de la mobilité, 38 % des sondés mettent en avant l’ouverture culturelle. Viennent ensuite, pour seulement 21 %, les atouts pour la carrière. Une proportion qui tendrait à prouver que beaucoup reste à faire pour convaincre les étudiants de l’utilité d’une expatriation sur un CV. L’apprentissage d’une langue arrive juste derrière, avec 20 %.
Faible marge d’action pour la présidence française
Ces difficultés ont été longuement analysées lors du colloque à Nancy, organisé début novembre 2008 par la présidence française, Valérie Pécresse rappelant notamment que sur les 27 000 bourses Erasmus proposées par la France, 4000 n’avaient pas trouvé preneur. Mais pour que « la mobilité devienne la règle et non l’exception », selon les mots de la ministre, la présidence française a peu de marge d’action. Les Etats-membres restent souverains en matière éducative et le contexte économique actuel n’incite pas à des engagements contraignants pour les gouvernements.
Mieux financer les bourses de mobilité
Parmi les actions envisagées figurent la diversification des sources de financement - recours au Fonds social européen ou à la Banque européenne d’investissement ou encore au parrainage de bourses par des entreprises privées-, l’amélioration de la portabilité des bourses et aides sociales (pour ne pas pénaliser les étudiants les moins fortunés) ou la création de guichet unique pour informer les candidats au départ... Autre piste envisagée, notamment par Jan Figel, le commissaire européen en charge de l’éducation : « ouvrir les possibilité de mobilité individuelle dès le secondaire », dans l’idée de développer une culture de la mobilité le plus tôt possible. Au final, l’objectif de 3 millions de bénéficiaires du programme Erasmus (contre 2 millions d’ici 2010) prévu pour 2013, s’il reste d’actualité, semble peu assuré, à moins de mesures conséquentes… et rapides !
La méthodologie du sondage
Ce sondage a été réalisé du 7 au 12 novembre 2008 par l’IFOP pour Touteleurope.fr et letudiant.fr, sur un échantillon de 802 personnes, représentatif de la population française. Les sondés avaient entre 15 à 24 ans.
20.11.08
Aller plus loin
« Il faut un Erasmus pour les jeunes apprentis car la mobilité en Europe ne doit pas être réservée aux seuls jeunes étudiants », déclarait Nicolas Sarkozy lors de son investiture à la présidence de l’Union Européenne. Le 3 octobre 2008, 12 000 apprentis dont 2500 européens étaient réunis à Bercy pour illustrer cette nouvelle priorité. Un beau symbole pour une réalité bien moins reluisante : en Europe, moins de 1% de jeunes en formation professionnelle initiale ont pu bénéficier de programmes européens de mobilité en 2007. Après le symbole, place à la concertation. Les 27 et 28 novembre dernier à Paris, 200 personnes venues de toute l’Union ont pu assister à cinq tables rondes réunissant une quarantaine d’experts européens. Leur but : identifier les bonnes pratiques de la mobilité des apprentis mais surtout les obstacles à son expansion, afin de définir des directives communes. Compte-rendu de ces tables rondes, animées par Stéphanie Desmond, journaliste à L’Etudiant.
Créée en 2003, l’université du Luxembourg prévoit de doubler ses effectifs d’ici à 2014 et souhaite notamment attirer des étudiants français. Ses atouts ? De faibles frais de scolarité, un encadrement de qualité, des professeurs qualifiés et un enseignement multilingue. Visite des lieux dans une jeune université qui n'a pas encore à gérer les contraintes de la massification de l'enseignement supérieur.
La CGE (Conférence des grandes écoles) propose de tripler le nombre d’étudiants étrangers dans les établissements d’enseignement supérieur français d’ici 10 ans. Deux conditions sont posées par la CGE : l’amendement de la loi Toubon relative à l'emploi de la langue française et le droit aux établissements publics de fixer librement les frais de scolarité pour les étudiants non européens.
Initié par Jacques Delors, en 1985,au cours de son mandat de président de la Commission européenne et lancé officiellement en juin 1987, le programme Erasmus a fêté en France ses 20 ans. Il vient d’être reconduit par le Parlement européen avec des objectifs de croissance pour la période 2007-2013. L’occasion pour Educpros de faire le point sur les ambitions et les moyens alloués au « programme éducatif phare » de la Commission.










Commentaires
jcl - 21-11-08 14:39
alors qu\'on m\'explique pourquoi mes étudiants de l\'IUT n\'ont plus le droit d\'avoir de bourse Erasmus depuis cette année?!!?? sous prétexte que leur année à l\'étranger ne leur donne pas l\'équivalent d\'une licence en 2 semestres mais en 3 semestres.Je suis preneur des bourses qui restent.......
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