En bref
Autonomie et bibliothèques universitaires : interview du président de l’ADBU
Quelles conséquences l’autonomie des universités a-t-elle sur les bibliothèques universitaires alors que leurs crédits ne sont plus « fléchés » par le ministère de l'Enseignement supérieur ? Dans son numéro du 18 septembre 2009, Livres Hebdo donne la parole à Albert Poirot, président de l’ADBU (Association des directeurs de bibliothèques universitaires) pour éclairer ces enjeux.
Renforcer la relation avec le président d'université
« Les politiques documentaires de l’université vont désormais dépendre directement du président et du conseil d’administration. (…) L’enveloppe est globale et le conseil d’administration de l’université va devoir choisir entre des secteurs qui rentreront en concurrence. Il nous faudra participer activement aux différentes commissions des universités et promouvoir davantage nos services. (…) Le décret de 1985 dit qu’il y a relation directe entre président d’université et directeur du service commun de documentation. La loi LRU n’a pas remis en cause ce principe, et c’est le moment de renforcer cette relation ».
Les handicaps des BU
Un a priori favorable donc, d’autant qu’Albert Poirot constate une stabilité des budgets des vingt premières universités autonomes pour 2009. Quelques craintes sont néanmoins formulées, notamment sur l’élargissement des heures d’ouverture des bibliothèques aux dépens de l’acquisition documentaire ou sur le statut interuniversitaire qui s’accorde mal avec la loi LRU. Au-delà de la LRU, il dénonce les « coûts énormes des revues imprimées et électroniques ainsi que des bases de données en ligne qui grèvent les budgets ».
Compter davantage dans les évaluations
Plus directement, le président de l’ADBU pointe la méthodologie de l’évaluation de l’AERES en matière de documentation universitaire et le choix des experts retenus. « Le récent rapport sur Paris-V, par exemple, ne comprend que neuf lignes et demie sur la documentation. Aucun chiffre, aucun critère objectif ! Ce n’est pas acceptable, surtout pour une université comme Paris-V qui possède plusieurs grandes bibliothèques. Il faudra que la documentation apparaisse clairement dans les critères d’évaluation des futurs classements ou référencements des universités européennes. C’est un enjeu très fort. » Des évaluations devenues désormais stratégiques pour les BU qui doivent se faire valoir auprès des présidents d’université…
24.09.09
Aller plus loin
En France, les tractations entre Google et les bibliothèques - notamment la BNF - ont soulevé des tempêtes médiatiques, notamment dans le milieu des éditeurs. Une tempête qui n'a pas cours Outre-Atlantique envers la firme américaine suspectée de marchandiser les connaissances. En Angleterre, la fameuse bibliothèque d'Oxford vient de franchir le pas de la numérisation au bras du géant de l'Internet.
Comment produire une revue académique de qualité accessible au maximum de chercheurs ? A l'ère du tout gratuit, cinq universités américaines renommées (MIT, Harvard university, Cornell university, Darmouth College et l'université de Californie à Berkeley) se sont associées en vue de modifier le modèle économique des revues où sont publiés leurs chercheurs. Retour sur cette évolution vers un libre accès aux revues scientifiques américaines, vue de l’ambassade de France à Washington. Un texte signé Pascal Delisle, attaché culturel, et Marion Bruley.








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