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Campus EM Lyon ©Schuller
L'EM Lyon et Centrale Lyon scellent une alliance stratégique
L’EM Lyon et Centrale Lyon ont lancé, le 15 septembre 2009, un vaste projet de rapprochement, baptisé symboliquement « Yin Yang ». Une nouvelle alliance entre une business school et une école d'ingénieurs, emblématique des stratégies de recomposition en cours dans l'enseignement supérieur. Objectif : gagner en puissance mais aussi mutualiser les moyens, avec à la clé un campus unique.
L'EM Lyon et Centrale Lyon n’ont pas eu de difficultés à se trouver : voisines depuis 30 ans dans la commune d’Ecully aux abords de la métropole lyonnaise, elles ne sont séparées géographiquement que par une simple route – dangereuse qui plus est – surnommée la « fracture de Collongue ». Leur projet mettra fin à cette coupure en créant un campus unique.
L’école de commerce et l’école d’ingénieurs prévoient de s’unir, sans pour autant se diluer l’une dans l’autre. « Chacune des grandes écoles garde sa marque », précise Pierre Soudan, directeur du projet de rapprochement stratégique. Ce dernier dispose d’ailleurs d’un bureau dans les deux établissements.
Un campus unique vert
Volet majeur de cette alliance, le campus commun - vert de surcroit – devrait nécessiter près de 150 millions d’euros au cours des 10 années à venir. Le PRES (pôle de recherche et d'enseignement supérieur) Université de Lyon, auquel appartiennent les deux établissements, pourrait prendre en charge une partie des études nécessaires à la réalisation du projet. « Il s’agit de faire vivre de façon plus harmonieuse des étudiants dans un espace agréable d’environ 30 hectares », note le responsable du rapprochement.
Outre la restructuration de l’espace, avec le détournement de la fameuse avenue Collongue qui sépare les deux écoles, de nouvelles infrastructures sont prévues. Construction de locaux pédagogiques, de logements étudiants, rénovation des résidences existantes, etc.
Une double compétence pour les managers et les ingénieurs
Les deux écoles ont en effet fixé la barre assez haut : « constituer un des principaux pôles sciences & business au niveau européen puis mondial ». Un affichage attractif pour les étudiants mais aussi pour leurs futurs recruteurs.
« Nous allons augmenter les formations croisées. Les étudiants de l’EM pourront suivre des modules chez les ingénieurs et inversement. Cela correspond vraiment à un besoin », explique Pierre Soudan. Les professeurs des deux établissements donneront des cours dans chaque programme et des groupes mixtes d’étudiants seront créés, notamment pour le projet de création d’entreprise.
Et aussi un diplôme commun ? Pas tout de suite mais plusieurs groupes de réflexion travaillent déjà sur le sujet. Une formation commune devrait quant à elle voir le jour d’ici deux ans : « l'IDE school » : école d’innovation, de design et d’entreprenariat, qui délivrera des diplômés bac+5 de manager/innovateur et d’ingénieur/entrepreneur.
Une réduction des coûts
Outre les créations de structures nouvelles, cette alliance stratégique vise également à « réduire significativement les coûts d’exploitation », en mutualisant certaines activités. Probablement au sein d’un GIE (groupement d’intérêt économique). Bibliothèque, sécurité, informatique, entretien, résidence, restauration, services aux étudiants, etc… Même les échanges internationaux ou les campus à l’étranger pourront être partagés.
Des groupes de travail thématiques travaillent actuellement sur ces questions. « Nous avons besoin de l’énergie de tout le monde car nos deux établissements sont en pleine expansion », assure Pierre Soudan.
Les autres projets de l'alliance « Yin Yang »
- Le regroupement des activités de formation continue, avec une filiale commune abritée dans un « village apprenant » sur le campus.
- La construction d’une « fabrique à projets », qui servira « à la fois d’incubateur, d’agora et de creuset de projets innovants ».
Voir la maquette du projet "Yin Yang"
Les deux ENS prévoient de fusionner
La métropole lyonnaise constitue un terroir fertile aux regroupements stratégiques dans l'enseignement supérieur. Un rapprochement entre les deux ENS (Ecole normale supérieure) lyonnaises, aboutissant à la création d'un établissement unique, devrait voir le jour d'ici janvier 2010.
22.09.09
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Aller plus loin
Deux grandes écoles d’ingénieurs normandes ont annoncé leur volonté de fusionner : l’Ensicaen (Ecole nationale supérieure d’ingénieurs de Caen) et l’INSA de Rouen (Institut national de sciences appliquées). D'ici la fin 2011, un établissement unique devrait voir le jour : l’INSA Normandie.
Les rapprochements entre grandes écoles de commerce et d’ingénieurs s’accélèrent. Après HEC qui a intégré ParisTech à l’été 2008 et le rapprochement entre Centrale Lyon et l’EM Lyon, c’est au tour de Centrale Paris et de l’ESSEC de signer vendredi 27 novembre 2009 une alliance stratégique. Alliance qui pourra s’étendre à Supélec, également engagée avec Centrale dans un accord cadre.
A leur tour les deux ENS de Lyon succombent à la mode de la fusion dans l’enseignement supérieur. Depuis le 1er janvier 2010, l’ENS sciences exactes et l’ENS LSH ne font donc plus qu’une seule et même entité, tout en conservant leurs deux sites.
L’Ecole des ingénieurs de la ville de Paris (EIVP) et l’Ecole nationale des ponts et chaussées (ENPC) ont signé le 18 novembre 2009 une convention de rattachement. L'EIVP a par ailleurs signé la convention d'intégration au PRES Université Paris Est, qui fédère l'ENPC, l'université de Marne-la-Vallée, l'ESIEE Paris, l'université Paris 12-Val de Marne et le laboratoire central des ponts et chaussées (LCPC).
Accords de double diplôme, écoles doctorales ou programmes de recherche conjoints... Les partenariats noués entre universités et écoles se multiplient. Des mariages annoncés comme gagnants-gagnants, mais qui servent avant tout la stratégie de chacun des établissements. Que cachent réellement les dizaines de rapprochements, promus au niveau institutionnel, notamment par le rapport de Christian Philip et au sein des pôles d'enseignement supérieur et de recherche (PRES) ? Retour sur les raisons profondes de ces alliances à la mode, dans notre dossier.














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