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Manifestation (19/03/09)
Inscriptions postbac : comment le mouvement des universités influence les élèves de terminale
Les mobilisations des universités influenceront-elles les choix d’études des lycéens ? Educpros a interrogé une douzaine d’élèves de terminale générale ou technologique pour sonder leurs réactions. Sans avoir valeur de sondage, ces témoignages donnent quelques tendances intéressantes. Si aucun n’a renoncé à s’inscrire à l’université directement en raison du mouvement des personnels et des étudiants, certains ont modifié l’ordre de leurs choix quand d’autres y ont vu un stimulant.
Pour Olivier, « la fac est un plan B », avant et après le mouvement. Il a placé Paris 2 Assas en dernier choix sur le site admission-postbac. Lui visait de toute façon des prépas HEC, avec l’intention d’intégrer Sciences Po Paris ou Lille, voire des écoles de commerce postbac. « Le mouvement ne m’a pas influencé dans mes choix, mais cela m’a conforté dans mon idée de ne pas aller à la fac car c’est vraiment pour les étudiants autonomes dans l’organisation de leur travail. Entre un tiers et deux tiers de mes amis qui ont fait la fac ont laissé tomber : ils avaient eu leur bac de justesse et il faut vraiment être très autonome », soutient-il.
« Le mouvement m’a fait réfléchir »
Pour Benjamin, la question financière a été décisive : « Le mouvement m’a fait réfléchir, avec ces deux ou trois mois de cours en moins, mais je vais quand même m’inscrire à la fac en économie gestion, droit-gestion et droit (Sorbonne, Paris 2 et Paris 7) car les écoles de commerce et de marketing privées sont trop chères ».
En terminale STG spécialité marketing, Jonas n’avait au départ qu’une envie : entrer dans un IUT. Le mouvement dans les IUT, qu’il soutient totalement sur le fond, a un peu changé la donne. Les IUT de gestion et de technique de commercialisation restent en pool position dans sa liste de voeux, mais il a rajouté des BTS en éco-gestion. « La réforme des IUT a posé un gros problème lors du choix. J’ai diversifié le nombre de villes pour les IUT au cas où certains seraient supprimés ou dégradés. Mes parents et mon prof principal m’ont poussé à mettre aussi neuf BTS en commerce international, dans le public et le privé. » Nanterre et la Sorbonne figurent aussi dans ses choix, après.
Filières sélectives : une orientation pensée de longue date
Pour certains lycéens, l’optique reste avant tout de décrocher une place dans une filière sélective. La fac n’est donc pas leur priorité, mouvement ou pas. Clara a surtout fait des vœux de prépas littéraires et estime ne pas être influencée par le mouvement dans ses choix. Pour les universités, mises en fin de liste, ce sera Paris 1 ou Paris 2 en droit. « Je ne savais pas de quel côté aller en fac… »
Idem pour Thomas avec des dossiers envoyés dans des écoles de commerce, des prépas et des IUT. « J’ai mis la fac en queue de liste dans mes vœux, comme une solution de repli, sur le conseil de mon professeur principal. Pour moi, la fac c’est 300 étudiants dans un amphi et aucune interaction entre le professeur et les élèves. Ce manque d’échanges ne m’intéresse pas ».
En terminale ES à Aix-les-Bains, le parcours de Clémence, secrétaire nationale à la vie lycéenne de l’UNL (Union nationale des lycéens) est un peu particulier : elle a elle-même participé à la mobilisation lycéenne contre les suppressions de postes au printemps 2008. Même si elle redoute le durcissement du mouvement des universités, elle affirme qu’il n’a en rien influencé son orientation. Elle pense à Sciences Po depuis deux ou trois ans. Pour cela, elle veut faire une prépa ENS à Lyon où la moitié des cours de droit se déroulent à l'université Lyon 2. « J’ai déjà assisté à deux ou trois cours à la fac avec mon frère et cela me convient parfaitement car je suis autonome et il y a plus de liberté. On est pas mal à vouloir rentrer dans ce monde. » En dernier vœu, elle a coché la fac de Chambéry « parce que c’est à côté de chez moi ».
Ceux qui choisissent la fac et rien d’autre
Il y a ceux qui n’ont jamais pensé à autre chose qu’à la fac. Comme Judith : « Je voulais aller en licence et rien d’autre. J’ai choisi une double licence droit-langue à Grenoble 3, sans tenir compte du mouvement que je n’ai pas suivi. Même si l’image de la fac n’est pas très bonne, il faut essayer car il n’y a pas d’équivalent ailleurs. Si je ne suis pas prise dans cette filière, j’irai en droit et cela reste un choix ».
Pour sa copine Pauline, ce sera une licence de STAPS ou de géographie à l’université de Savoie, « la plus proche de chez moi pour ne pas avoir à payer d’appartement ». Le mouvement n’a pas modifié ses choix d’orientation vers la fac, mais l’a un peu perturbée. Elle qui veut devenir maître des écoles, ne sait plus trop pour quelle licence opter suite à la réforme des IUFM. « Au CIO ou à l’IUFM, lorsque j’ai demandé quelle licence préparer, ils m’ont répondu de choisir celle où j’étais le plus à l’aise ! »
Très déterminé, Meldel envisage une licence MASS (mathématiques appliquées aux sciences sociales) à l’UPMC, la plus proche depuis chez lui, à Nogent (94). Celui qui a préparé son bac en candidat libre sait que son dossier a peu de chance d’être sélectionné en prépa et il ne redoute aucunement la liberté offerte pas l’organisation du travail universitaire. « Le mouvement ne m’a pas influencé dans mes choix puisque je travaille de mon côté. Moi, je sais que je ne me mobiliserai pas. Je suis là pour obtenir mon master ».
Quand la politique oriente les études
Pour une minorité de lycéens, le mouvement des facs joue comme un aimant. Témoignages de militants de l’UNL (Union nationale des lycéens). Pour Antoine Evennou, son secrétaire général, après s’être résigné à ne pas passer Sciences po Paris, faute de temps pour préparer le concours, il a opté en premiers choix pour Paris 8, Paris 1 et l’université de Versailles-Saint Quentin en droit ou sciences politiques. « Le mouvement Fillon contre le CPE m’a poussé vers ces études. Le mouvement actuel prouve que la démocratie interne dans les universités fonctionne. Cela prouve qu’il n’y a pas d’homogénéité sociale ou politique comme c’est le cas dans des universités comme Paris 9 ou Paris 2. Je préfère voir des universités où les étudiants s’insultent politiquement que des écoles où tout le monde est d’accord ».
Même ligne pour Jérémy Chevalier, adhérent du même syndicat lycéen. « Je suis heureux d’aller dans une fac qui bouge. A Paris 1 c’est une université très mobilisée et qui n’a pas de problèmes d’inscriptions ! C’est stimulant des gens qui bougent, qui réfléchissent», affirme-t-il. Depuis le début de l’année, Agathe vise une prépa HEC ou B/L en vue de concourir à Sciences Po. La nouvelle secrétaire de la fédération girondine de l’UNL défend le mouvement. «Cela ne dégrade pas l’image de l’université. C’est bien de montrer sa détermination à part si l’année ne peut être validée ».
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21.04.09
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