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Apprentissage dans le supérieur : un développement contrasté selon les régions

Objectif : un million d'apprentis d'ici à 2011. Le chiffre lancé par Yazid Sabeg reprend l'esprit des annonces du plan en faveur de l'emploi des jeunes de Nicolas Sarkozy. Entreprises et centres de formations surfent, elles aussi, sur la vague de l'apprentissage. Qu'en est-il réellement sur le terrain, alors que celui-ci relève d'une compétence des Régions. Nous publions, chiffres et carte à l'appui, l'état réel de l'apprentissage dans l'enseignement supérieur.

En pleine surenchère gouvernementale, la croissance continue des effectifs  d'apprentis profite en premier lieu au supérieur. Ce dernier concentre 20 % des contrats.

Apprentissage : le supérieur rattrape son retard

De 5000 étudiants apprentis comptabilisés en 1992, on est passé à plus de 51 000 recensés en 2001 et à 74 000 en 2006-2007 (voir le tableau ci-dessous). Et rapporté aux étudiants formés par la filière classique ? Les apprentis-étudiants représentent 6 % des effectifs en 2007 (5 % en 2006). Les effectifs des apprentis dans le supérieur progressent de 12% par an en moyenne depuis 10 ans, contre 1,3% dans le secondaire, selon les chiffres des ministères de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur.

 

Académies

Effectifs étudiants (tous) - 2006-2007

Apprentis Niveaux III, II et I - 2006-2007

% étudiants en apprentissage

Effectifs étudiants (tous) - 2007-2008

Aix-Marseille

70 118

3 571

5%

67 844

Amiens

20 916

2 302

11%

20 334

Besançon

19 829

1 940

10%

19 137

Bordeaux

70 370

2 479

4%

69 600

Caen

25 102

1 150

5%

24 232

Clermont-Ferrand

27 180

837

3%

27 094

Corse

3 932

104

3%

4 058

Créteil

83 580

5 825

7%

82 810

Dijon

26 167

1 036

4%

25 463

Grenoble

52 634

3 386

6%

51 496

Lille

94 612

3 471

4%

92 460

Limoges

14 317

405

3%

13 984

Lyon

93 477

5 631

6%

91 782

Montpellier

62 845

1 987

3%

61 183

Nancy-Metz

49 061

2 615

5%

47 207

Nantes

58 176

4 616

8%

57 250

Nice

34 613

1 849

5%

33 282

Orléans-Tours

37 177

2 697

7%

35 857

Paris

165 380

9 635

6%

158 884

Poitiers

31 091

1 922

6%

29 842

Reims

21 051

1 021

5%

20 587

Rennes

67 742

2 644

4%

65 607

Rouen

29 821

2 719

9%

28 478

Strasbourg

48 277

2 205

5%

47 145

Toulouse

71 332

2 818

4%

68 725

Versailles

97 894

10 795

11%

96 829

France métro.

1 376 694

79 660

6%

1 341 170

Guadeloupe

4 937

237

5%

5 257

Guyane

1 591

0

0%

1 638

Martinique

5 376

334

6%

5 337

La Réunion

10 579

236

2%

10 348

France métro + DOM

1 399 177

80 467

6%

1 363 750

 

 

Le Nord de la France plus volontariste

Mais d’une région à l’autre, en fonction des politiques locales, on constate une forte disparité de l’offre (voir la carte). Quatre académies (Versailles, Amiens, Besançon et Rouen) jouent aux avant-postes avec 9 % à 11% des étudiants qui ont signé un contrat d’apprentissage. Trois autres académies (Nantes, Créteil, Orléans-Tours) se positionnent au-dessus de la moyenne nationale avec 7 % à 8 % d’apprentis dans le supérieur.

 

Source : MEN, 2006-07

 

Chargées du financement de la formule depuis la décentralisation, chaque Région fait le choix de développer ou non les formations postbac en apprentissage. Une vraie épée de Damoclès financière qui pèse sur le développement de l’apprentissage dans le supérieur.

 

Un peu d'histoire

En ouvrant l’apprentissage au supérieur technique et professionnel, la loi du 23 juillet 1987 avait marqué une petite révolution, tant la formule souffrait alors d’une image archaïque. Si, dès le début, les filières se sont multipliées en BTS, ailleurs, il aura fallu attendre le début des années 90 pour voir réellement émerger les projets. La création de la filière Decomps en 1992, les premières expériences universitaires (notamment à Paris 12-Créteil) mais aussi la politique active de l’Essec en matière d’apprentissage dès 1993 a marqué les esprits. L’essentiel du dispositif restait pourtant à mettre en place.

 




 

Stéphanie Desmond

25.05.09

Aller plus loin










Commentaires

  • DURIN - 26-05-09 09:19

    Les capacités d'accueil des CFA doivent être augmentées.
    Trop d'employeurs souhaitant embaucher des apprentis se retrouvent avec des CFA complet dans trop de sections.
    est-ce normal que des projets d'apprentissage soient abandonnés pour cette raison ?
    Est-ce normal qu'un apprentis doivent envisager d'aller dans un CFA à + de 100 kms, voir hors région ?

    Merci

  • VivianeM - 26-05-09 08:30

    Le développement de l'apprentissage doit être accompagné de deux autres mesures :
    - une sensibilisation énergique des entreprises susceptibles d'accueillir des apprentis sur les "mécanismes de discrimination indirecte liés aux apparences",
    - un travail associatif pour expliquer aux jeunes qui ne les connaissent pas naturellement, les règles et les codes qu'il faut connaître pour être bien intégré dans les entreprises.
    Sans cela le déterministe social va augmenter.

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