En bref
Grande-Bretagne : les universités accros aux étudiants étrangers
Peter Williams, directeur de la QAA (Quality Assurance Agency), l'organisme d'Etat chargé de contrôler la qualité de l'enseignement supérieur en Grande-Bretagne, vient de jeter un pavé dans la mare du financement des universités britanniques. Selon plusieurs études internes réalisées par la QAA, les institutions d'enseignement supérieur britanniques deviennent de plus en plus dépendantes des frais de scolarité payés par les étudiants étrangers : ils sont environ trois fois plus élevés que ceux des étudiants membres de l'UE. Une université aurait même une proportion d'étudiants étrangers supérieure à 40%.
Les universités anglaises deviendraient également de moins en moins regardantes sur le niveau des étudiants étrangers recrutés, elles fermeraient les yeux sur le plagiat des étudiants étrangers et seraient aussi de plus en plus laxistes dans leur notation. Selon Peter Williams, "certains étudiants étrangers estiment même qu'il leur suffit de payer pour obtenir un diplôme. Nous devons être clairs sur le fait que ça ne se passe pas comme ça ici".
En plus de dénoncer cette nouvelle dépendance financière des universités britanniques, les rapports de la QAA critiquent le système actuel d'évaluation et de notation qu'ils considèrent comme obsolètes et non adaptés au monde moderne caractérisé par le consumérisme et la globalisation. Peter Williams parle notamment d"inconsistances" dans l'évaluation en général, de "faiblesses" dans la manière de gérer les problèmes de plagiat, de "difficultés continuelles" pour classifier les diplômes et enfin d'un "mauvais usage" des examinateurs externes. Il appelle à l'abolition du système actuel d'évaluation et ouvre le débat.
04.07.08
Aller plus loin
L'autonomie des universités dépend en grande partie de leur mode de gouvernance. Le colloque de l'association européenne des universités (EUA), qui se tient du 27 au 29 mars à Barcelone, revient sur cette question fondamentale à l'heure de la mise en oeuvre de la loi LRU. A cette occasion, EducPros vous propose une série de reportages chez nos voisins européens, en commençant par les Anglais. Les universités britanniques constituent une source d'inspiration mais aussi de méfiance pour leurs homologues européennes.
À peine étudiant, et déjà endetté ! Depuis septembre dernier en Grande-Bretagne, tout jeune inscrit en première année entame ses études avec la perspective de devoir rembourser au minimum 9 000 £ (environ 14 000 €) ! Soit l’équivalent des trois années de Tuition fees, ces frais de scolarité introduits avec le vote, à une courte majorité, du Higher Education Act en juillet 2004. Le National Union Student (NUS) a déjà fait le compte : ceux qui s’engagent en premier cycle seront confrontés dans trois ans à 30 000 £ (46 000 €) de dette (frais d’inscription et une part de dépenses quotidiennes) !
Aurélien Casta vient de recevoir une mention de l’OVE (Observatoire de la vie étudiante) pour son mémoire de master 2* à Paris 10 intitulé « L’action publique dans les ressources financières des étudiants en France et en Angleterre depuis les années 1980 : bourses et prêts ». Sa comparaison met en évidence le développement diamétralement opposé de chacun des systèmes d’aides aux étudiants de part et d’autre de la Manche.
1 commentaires
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RM - 08/07/2008 09h20
J'ai été témoin de la dérive mentionnée dans cet article : sujet particulièrement préoccupant et qui illustre les dangers de ne pas avoir des universités suffisamment soutenues par des fonds récurrents.





