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La médiatisation du mouvement universitaire en débat

Une faillite collective des journalistes ! Le mot est dur. Sans complaisance. Il s’agit du constat dressé par Jade Lindgaard, journaliste sur le site Mediapart, à propos du traitement médiatique du mouvement universitaire. Et elle n’hésite pas à s’inclure dans le lot des fautifs, lors de ce grand débat organisé par l’EHESS (Ecole des hautes études en sciences sociales), jeudi 14 mai 2009, à Paris.

Ce dernier ne manquait pas d’originalité : journalistes et universitaires (1) étaient réunis pour discuter… de la manière dont les uns parlaient des autres ! En l’occurrence pour la première partie du débat, comment les médias nationaux comme Le Monde ou Libération avaient relaté la mobilisation dans les universités, qui dure depuis près de quatre mois.

Comment expliquent-ils ce raté des médias – ou en tout cas, ressenti comme tel par un grand nombre d’enseignants-chercheurs, qui ont même lancé une pétition de boycott contre leur journal de référence, Le Monde?

Tout d’abord la complexité des réformes en cours dans l’enseignement supérieur et la recherche est en cause. Autre raison avancée par plusieurs rubricards : la stratégie du gouvernement, qui inonde les rédactions de communiqués divers et variés et pratique un « enfumage » permanent, en multipliant les annonces confuses.

Plus grave, cette mobilisation est « intervenue dans un moment de crise dans les médias », avoue la jeune journaliste de Mediapart. Rappelant au passage les contraintes matérielles de temps, de hiérarchie et tout simplement de place dans le journal, inhérentes au métier.

Enfin, l’image des universités, fortement dégradée dans l’opinion publique, pourrait expliquer une vision si péjorative des universitaires –« fonctionnaires planqués »-, que ne subissent par exemple pas les médecins, mobilisés également. Une comparaison intéressante, en ces temps de convergence des luttes.

(1) Etaient présents, lors de la première partie de cette rencontre, Sylvestre Huet (Libération), Luc Cédelle (Le Monde), Jade Lindgaard (Mediapart) et Ixchel Delaporte (L’Humanité). Côté universitaires, André Gunthert (EHESS) qui animait le débat, Pascale Dubus (université Paris 1), Cyril Lemieux (EHESS) et Valérie Robert (université Paris 3/SLU).

Pour voir le débat en vidéo

Plusieurs interventions des participants de cette rencontre sont en ligne sur le site SLRU-EHESS.

 

Camille Stromboni

18.05.09


Commentaires

  • huiki - 21-05-09 23:36

    La question est simple: que va-t-on faire de nos surdiplômés bardés de qualifications bradées????? L'économie française ne peut plus les absorber, elle en regorge, elle ne sait plus quoi en faire, c'est la crise du surdiplôme en France au point que la mode actuelle pour le recrutement est de rabaisser son niveau et de cacher ses diplômes sauf évidemment ceux élitistes... et oui, on a compris, la France ne valorise pas ce qui n'est pas élitiste donc OUT les diplômes de seconde zone...
    Où va-t-on aller comme ça???? des surdiplômés stressés, démotivés, au bord du suicide pour certains...
    Réellement, quelle tristesse, nous avons des maladies uniques au monde: le stress de l'effort non valorisé, il n'y a pas pire comme maladie... elle vous ronge jusqu'à la fin...
    Si c'était à refaire, évidemment, on arrêterait les études au brevet, après il faut jouer sur les probabilités d'employabilité et sortant de la FAC même à BAC + 5 masterette ou doctorette +8 +10 accrochez-vous, la désillusion est immense au point d'être ravageuse...

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