En bref
Une pétition lancée sur la formation des enseignants dans des IUFM rénovés
Une pétition intitulée « Pour une formation des enseignants de haut niveau dans des IUFM rénovés» a recueilli près de 1400 signatures en quelques jours avec des personnalités comme Philippe Meirieu, Philippe Joutard, Claude Pair ou Jean-Pierre Kahane et les représentants syndicaux de la FSU, de l’UNEF, de l’UNL et du SGEN-CFDT. Le texte demande une large concertation pour réformer la formation des enseignants en organisant des états généraux de la formation enseignante. Ils pourraient avoir lieu à la rentrée.
Crainte sur la formation professionnelle
En filigrane se profile la crainte que si les universités mettent en place des masters relookés "enseignement" pendant l’été, les étudiants ne s’y inscrivent et délaissent les IUFM. Les auteurs de la pétition redoutent que la formation professionnelle des enseignants ne soit réduite à la portion congrue. « Il faut se méfier des décrochages entre la formation des enseignants du 1er et du 2d degré. Le risque est que les IUFM se départissent des éléments nobles comme le Capes ou l’Agreg et ne conservent que la formation des PLP, des enseignants pour les handicapés et des CPE juste avant leur disparition programmée », affirme Philippe Meirieu. Pour lui les masters que le ministère demandent aux universités de proposer pour la rentrée sont impossibles à modifier dans les délais impartis et sont un « tour de passe-passe dans une logique de revanche politicienne contre les IUFM perçue comme une construction de la gauche. De plus, on veut faire du master la condition de recrutement des enseignants et non mastériser des enseignements ».
L'ouverture sociale en question
La fin de la rémunération des 24000 fonctionnaires-stagiaires en seconde année d’IUFM est aussi posée comme un frein à l’accès de tous les étudiants à cette formation. « La mastérisation telle qu’elle est conçue aujourd’hui est un ersatz de formation professionnelle et un ersatz de master universitaire. On veut faire avaler aux universités des masters de carton-pâte. Et pour économiser 2 milliards d’euros, on veut supprimer les oraux au concours du 1er degré», estime pour sa part Jean-Louis Auduc, enseignant à l’IUFM de Créteil.
Les délais voulus pour mettre la réforme de la formation sont plus que serrés. Le ministère de l’Education nationale doit rendre fin août le schéma des concours à mettre en place pour 2010. De son côté, Jean-Michel Jolion, président du comité master doit remettre en septembre son rapport sur la formation des maîtres…
25.06.08
Aller plus loin
Où en est la réforme sur la formation des enseignants ? Des rencontres bilatérales ont déjà eu lieu entre la CPU, la CDIUFM, le comité de suivi master et les cabinets des ministères de l’Education nationale et de l’Enseignement supérieur. Au-delà de ces entrevues, la concertation entre tous ces acteurs tarde à démarrer. Xavier Darcos veut que les nouveaux concours soient déclinés à partir de 2010. La CPU et la CDIUFM s’accordent pourtant à dire que la mise en place de nouveaux masters est impossible à organiser pour la rentrée 2008…
Près de 12 millions d’élèves font leur rentrée le 2 septembre 2008. Les enseignants sont eux déjà à l’œuvre, tout comme Xavier Darcos. Après avoir essuyé un mouvement lycéen au printemps dernier, le ministre de l’Education nationale veut faire de 2008-2009 « l’année des enseignants ».
Le chantier de la mastérisation du recrutement des enseignants est reparti. Les ministères de l'Enseignement supérieur et de l'Education nationales ont appelé à la table de concertation la CDIUFM (conférence des directeurs d’IUFM) et la CPU (Conférence des présidents d’université). Elles intègreront leurs groupes de travail.
Il est l'une des personnalités les plus connues du milieu éducatif en France. Professeur en sciences de l'éducation à Lyon 2, Philippe Meirieu s'engage en politique aux côtés d'Europe Écologie pour les régionales en Rhône-Alpes. Ce pédagogue a fait du développement de la formation continue, des rencontres intergénérationnelles ou encore de la notion d'empreinte écologique, des priorités au sein de son programme en matière d'éducation.











Commentaires
cc - 02-09-08 15:17
Est ce que la ministre de l\'enseignement existe encore ou n\'est elle plus que déléguée, sous fifre. Les masters ne sont ils pas de sa compétence tout comme la formation des enseignants depuis le rattachement des IUFM à l\'université ?
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