En bref
Revue du Web : buzz et réforme de l'éducation, "Quelques paroles de vérités" dans le discours de Sarkozy, Une mobilisation de la maternelle à l'université ?
La rédaction d'Educpros a sélectionné quelques billets à contre-courant de la mobilisation actuelle. Gilbert Béréziat revient sur le discours du président de la République du 22 janvier, en relevant "quelques paroles de vérité", tandis que Claude Lelièvre, historien de l'éducation, scrute le mot d'ordre très large mis en avant récemment par la coordination nationale des universités : "De la maternelle à l'université". Enfin, le journaliste Luc Cédelle s'intéresse, une nouvelle fois, au rôle des rumeurs dans cette mobilisation, suite aux critiques suscitées par un article qu'il avait publié dans Le Monde.
« Nos chers chercheurs », un billet publié par Luc Cédelle, journaliste éducation au Monde, sur son blog Interro Ecrite le 2 mars 2009.
Dans ce billet, Luc Cédelle réagit aux critiques qui ont suivi la publication de son article (La réforme de l’éducation face à la loi du « buzz »), du 12 février dernier, dans lequel il décrivait cette « loi du "buzz", autrement dit des bonnes vieilles rumeurs, aujourd'hui véhiculées sur Internet », dans la mobilisation actuelle des enseignants-chercheurs. Avec plusieurs exemples : la rumeur de la suppression des concours à propos de la réforme de la formation des enseignants, « le spectre de la privatisation » pour celles des universités ... Le journaliste a conclu son article en estimant que « le gouvernement a perdu, sur l'éducation, la bataille du buzz ».
Suite aux réactions - très remontées - de nombreux lecteurs, ou même de Jean-Louis Fournel, président de l’association Sauvons l’Université, Luc Cédelle explique sa démarche et répond à ses détracteurs. Son argumentation met en perspective les dilemmes du journaliste dans le traitement d’un mouvement social comme celui des enseignants-chercheurs.
« Tous ensemble! Mais l'heure des compromis n'aurait-elle pas déjà sonné à l'Université ? »un billet publié le 1er mars 2009 par Claude Lelièvre sur son blog, Histoire et politiques scolaires.
Historien de l’éducation, Claude Lelièvre réfléchit sur le mot d’ordre, choisi le 20 février par la coordination nationale des universités : « De la maternelle à l’université : retrait des contre-réformes Darcos/Pécresse ».
Est-ce tenable, se demande-t-il, en déroulant les derniers rebondissements de la mobilisation actuelle ? « L’extension à un mouvement profond allant de la " maternelle à l’université " semble quelque peu compromis », estime-t-il. Arguments à l’appui.
« Retour sur le 22 janvier 2009 », un billet publié par Gilbert Béréziat sur son blog le 27 février 2009.
Iconoclaste, Gilbert Béréziat estime que dans cette « homélie de Sarkozy » du 22 janvier 2009, « il y avait aussi quelques paroles de vérité, en particulier sur les méthodes de contrôle par l’administration de l’Etat et sur les conditions d’une autonomie pleine et entière ». Le vice-président aux relations internationales de l’université Pierre et Marie Curie (UPMC) détaille ses points d’accord avec le président, tout en lui demandant d’aller jusqu’au bout de sa logique.
Sur la propriété du patrimoine par exemple, lorsque Nicolas Sarkozy a affirmé « je crois notamment que les universités doivent bénéficier de la pleine propriété de leur patrimoine, que cela peut être un levier d’action très puissant pour exercer cette autonomie ». Cela « doit être suivi d’effet immédiatement pour les deux universités qui ont réclamé la dévolution des biens », estime le vice-président de l'UPMC-Paris 6, dont l’université est directement concernée.
Pour que la situation actuelle se débloque, la réussite de la mise en œuvre concrète de l’autonomie dans les universités est capitale, selon lui. « C’est la démonstration que ces établissements s’en sortiront mieux que les autres qui permettra d’avancer. Pas la rédaction de décrets pondus à la va vite et qui de fait empiètent sur l’autonomie universitaire que le pouvoir politique déclare avoir concédé à ces universités », écrit-il.
03.03.09
Aller plus loin
Alors que la mobilisation universitaire se poursuit depuis plus de 6 semaines, la rédaction d'Educpros a selectionné plusieurs articles et billets qui prolongent le débat sur les réformes en cours à l'université. Claude Guéant, secrétaire général de l'Elysée, affirme ainsi que le nouveau texte réécrit sur le statut des enseignants-chercheurs est, au final "peu différent de celui qui a été mis sur la table". Tout simplement. Jean-François Mela, ancien chef de la mission scientifique universitaire au ministère, n'est pas loin de partager cet avis, mais dénonce quant à lui cet état de fait et envisage les sorties de crise. Pierre Dubois revient sur les conséquences concrètes du nouveau texte, titrant de manière péremptoire, "l'autonomie, c'est fini".
La campagne menée par certains universitaires contre le journal Le Monde a pris un tournant radical, avec l'appel au boycott total du quotidien du soir le 3 avril 2009 par Jérôme Valluy, enseignant-chercheur à Paris 1. Il dénonce la manière dont le quotidien a relaté dans ses colonnes la mobilisation dans les universités. Depuis, le débat se poursuit sur le Net, avec des centaines de commentaires. Educpros revient sur cette polémique (avec des liens vers les tribunes, réponses et forums) et donne la parole aux deux parties : Le Monde, par la voix d'un des ses journalistes « éducation », Luc Cédelle, qui s’exprime ici en son nom, et l'auteur de la Charte appelant au boycott, Jérôme Valluy, enseignant-chercheur en sociologie politique de l’action publique à l’université Panthéon-Sorbonne. Nous leur avons soumis les mêmes questions, séparément. Il ne s’agit donc pas d’un débat au sens propre, mais de deux plaidoyers.
Quel rôle ont joué les nouveaux médias et Internet dans cette mobilisation d’ampleur historique chez les enseignants-chercheurs ? Zoom sur la stratégie de communication de SLU (Sauvons l’université), un des acteurs clés du mouvement actuel, et sa "responsable" médias, Valérie Robert.









Commentaires
Viviane Micaud - 04-03-09 09:41
J\'avais lu l\'article de Luc Cedelle, j\'ai pensé qu\'il y avait deux erreurs d\'analyse.
Tout d\'abord, le Buzz a toujours existé. Il y a toujours eu des personnes qui prenaient plaisir (ou considéraient que c\'était leur devoir parce que les enjeux le justifiaient) de diffuser les informations qui les arrangeaient sans les vérifier. Internet, nouveau média s\'est rajouté parmi les autres (discours politiques, associations, syndicats, etc.)
Cependant, il faut reconnaître que le buzz le plus grave a été orchestré par les équipes de Darcos : \"Le lycée Finlande a été présenté comme efficace parce que les tests PISA sont bons pour la finlande. (PISA :Test de l\'OCDE qui teste les acquis des jeunes sur les fondamentaux). Cependant ces tests concernent la population des jeunes entre 15ans et 3 mois et 16 ans et 2 mois, des élèves en dernière année de collège en Finlande. Oui l\'enseignement en Primaire et au collège est efficace. Mais la recette de la Finlande est 20 à 25 élèves par classe et un enseignant spécialisé pour environ 5 classes (équivalents de nos RASED). Par contre, tous les éléments objectifs permettent de penser que le lycée est particulièrement inefficace. En particulier, le bac unique finlandais est un mythe : il y a des bacs avec spécialité scientifique et d\'autres avec spécialité littéraire.
Luc Cedelle dénonce le buzz sur la suppression des maternelles. Il a raison, aujourd\'hui, la suppression n\'est pas à l\'ordre du jour. Cependant personne ne croit que la maladresse sur les \"couches culottes\" n\'avait pas un but. Le sujet a été à l\'ordre du jour et abandonné car ni les enseignants qui font un vrai travail pédagogique, ni les parents qui auraient dû payer pour la garde de leur enfants, ni les collectivités locales qui auraient eu besoin de mettre la main à la poche n\'en voulaient. Mais, vu les enjeux financiers, les groupes de pression concernés préfèrent, et je les comprends, rester vigilants.
J\'ai déjà été dans une situation de direction dans un milieu où le buzz était la normalité. Il ne m\'a jamais gêné. Ma méthode : \"Jamais ton auditoire pour des imbéciles tu prendras\". C\'est une méthode très puissante. Elle permet de construire de la confiance avec les personnes de bonne volonté et garder une crédibilité vis-à-vis de la grande majorité des personnes concernées par son domaine. Aussi, des bonnes volontés remontaient les \"rumeurs fausses\" et, en étant crédible, il suffisait de donner l\'information adéquate pour combattre la rumeur.
Ajouter un commentaire