En bref
Mobilisation des enseignants-chercheurs : une manifestation nationale le 10 février
La grogne des universitaires se poursuit, sous des formes diverses. Les enseignants-chercheurs ont mené, mardi 3 février 2009, une opération "lancer de chaussures" sur le ministère, tandis que l'Unef appelle les étudiants à rallier les manifestations prévues le 5 février en France et le 10 février à Paris pour un cortège national.
La ministre devrait retrouver les manifestants contre ses réformes sur son chemin dès demain. Elle se déplace à Strasbourg afin d'inaugurer la nouvelle université unique. Un rassemblement est prévu devant le Palais universitaire à l'appel de l'intersyndicale enseignement supérieur et recherche. Strasbourg est l'une des villes où la mobilisation est assez forte.
Manifestation nationale le 10 février avec les étudiants
Progressivement, les étudiants entrent eux aussi dans le mouvement de contestation. L’Unef soutient l’ensemble des manifestations qui sont organisées jeudi 5 février 2009 dans une vingtaine de villes de province : Amiens, Chambéry, Brest, Dijon, Grenoble, Lille, Lyon, Marseille, Montpellier, Nantes, Nice, Poitiers, Orléans, Pau, Rennes, Rouen, Toulouse, Tours. Le syndicat étudiant appelle surtout à manifester aux côtés des enseignants-chercheurs lors de la manifestation nationale prévue mardi 10 février 2009, à Paris.
Des étudiants participent aux assemblées générales dans les universités. Près de 400 étudiants se sont ainsi rassemblés au Palais universitaire à Strasbourg, mardi 2 février 2009. Certains évoquant même l'idée d'un blocage de l'université, afin d'empêcher la cérémonie prévue pour la venue de la ministre. A Toulouse 2, un millier d'étudiants en Lettres et sciences humaines ont voté la grève illimité et active le même jour. Les étudiants de l'assemblée générale de Paris 3 qui a réuni 400 personnes a rejoint les enseignants-chercheurs dans leur grève active.
« Il y a une vingtaine d’AG chaque jour, avec une participation de plus en plus importante des étudiants, notamment à Toulouse, Rennes, Lyon, ou encore Strasbourg », affirme Jean-Baptiste Prevost, président de l’Unef.
Une réforme qui fragiliserait l'encadrement des étudiants
Soutiennent-ils la revendication des enseignants-chercheurs sur le retrait du projet de décret modifiant leur statut ? « C’est l’une des revendications du mouvement », explique le responsable du syndicat étudiant, qui souligne les conséquences directes de cette réforme pour les étudiants.
« Dans les filières sous-encadrées par exemple, les enseignants-chercheurs vont devoir faire plus d’heures d’enseignement et ils ne seront plus disponibles pour les tâches d’encadrement, comme le tutorat ». Un argument concret, qui peut toucher directement les étudiants.
La gauche s’oppose aux réformes de Valérie Pécresse
Les responsables politiques de gauche sont montés au créneau. Une femme tout d’abord, Martine Aubry, secrétaire national du Parti socialiste, a rappelé la volonté du PS, exprimée par Bertrand Monthubert quelques semaines plus tôt, de mettre en place un « moratoire des réformes engagées », dans les universités et la recherche.
Les députés socialistes ont également demandé le « retrait de la réforme », qualifiée de « dogmatique », en assurant leur « soutien plein et entier » aux enseignants-chercheurs ».
Le Parti communiste a quant à lui défendu « l’abandon sans retour » des réformes de la ministre et accusé le gouvernement de « tourner le dos aux défis de l’avenir », à propos de la politique menée envers l’université et la recherche. Les Verts demandent aussi de retirer des "projets de réforme arbitraires".
04.02.09
Aller plus loin
La mobilisation des enseignants-chercheurs a rassemblé quelques milliers de manifestants le 5 février 2009 sur toute la France, à l'appel de l'intersyndicale de l'enseignement supérieur et de la recherche (Snesup, SNCS, Snasub, SNTRS, FERC-sup, CGT-INRA, SNPREES, Sud-Education, Sud-recherche, UNEF, SLR et SLU). Outre ces manifestations - la prochaine est prévue à Paris le 10 février -, le mouvement de grève des enseignants-chercheurs contre la réforme de leur statut prend de nouvelles formes.
Plus de 300 représentants d’universités ont participé à l'assemblée générale organisée, le 2 février 2009, à La Sorbonne, par la coordination nationale de l’enseignement supérieur et de la recherche. Selon les organisateurs, toutes les universités étaient représentées. L’appel à la grève illimitée et générale, sous le mot d’ordre « l’Université et la recherche s’arrête », a été voté en ce premier jour censé marquer le début du blocage des universités. Le succès de cette grève repose encore sur une inconnue. La Coordination nationale devra montrer sa capacité à mobiliser au-delà des cercles syndicaux et des collectifs, auprès des enseignants-chercheurs, des étudiants et même des personnels administratifs.
A la veille de la manifestation nationale des enseignants-chercheurs et des étudiants, Valérie Pécresse a annoncé dans la soirée sur France Info qu'elle s'engageait à retravailler le texte du décret statutaire avec la médiatrice nommée le même jour. Claire Bazy-Malaurie, présidente de Chambre à la Cour des comptes, aura deux mois pour mener à bien la concertation. Quelques heures auparavant, neuf présidents d'université lançaient, à la Sorbonne, un appel solennel au retrait des réformes engagées par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Valérie Pécresse doit toujours rencontrer les acteurs de la communauté universitaire au lendemain de la manifestation parisienne. Les universités entrent dans leur troisième semaine de mobilisation.










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