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Opération campus : dernier oral avant financement pour les 6 premiers projets
Rude semaine pour la première vague des six premiers lauréats (Bordeaux, Grenoble, Lyon, Montpellier, Strasbourg et Toulouse) de l’Opération Campus. Après leur oral de rodage devant la presse le 14 novembre 2008, les porteurs de projets devront à nouveau défendre les priorités de leur projet et leur plan de financement devant le comité d’évaluation réuni depuis le 17 novembre. Ce jury décidera, début décembre 2008, le montant des enveloppes accordées aux six des dix projets Campus, à partir des 5 milliards d’euros annoncés au total. « Ce ne sera pas une simple division par dix. Cette dotation dépendra du potentiel scientifique du site, de la qualité intrinsèque de chaque projet, que ce soit au plan scientifique ou immobilier, et de la force des partenariats qui ont été noués avec les collectivités locales », a prévenu Valérie Pécresse, la ministre de l’Enseignement supérieur. Les partenariats public-privé (PPP) seront financés à partir de 2010. Qui demande combien ? Quels sont les points clés des projets ? Voici une synthèse des réponses à ces questions, projet par projet.
Université de Bordeaux
Coût du projet : 538 millions d’euros (hors collectivités).
Porteur du projet : le PRES de Bordeaux et ses huit membres fondateurs (quatre universités, trois écoles d’ingénieurs, l’IEP de Bordeaux).
Objectif : « Construire une université nouvelle, avec une forte lisibilité et attractivité nationale et internationale ».
Points clés du projet :
- Réorganisation de l’offre de formation (par exemple, mise en place d’une licence et d’un doctorat uniques de l’université de Bordeaux et création des collèges thématiques « graduate schools »).
- Structuration de la recherche en trois départements (sciences et technologies, biologie santé et sciences humaines et sociales) divisés en 11 pôles thématiques d’excellence (par exemple, pôle neurosciences ou pôle technologies de l’information).
- Développement d’un esprit de campus. Cela passe par exemple par la création de « maisons de campus » sur les domaines.
Grenoble Université de l’Innovation
Coût du projet : 1,2 milliard d’euros au total dont 563 millions d’euros demandés au titre de l’opération Campus.
Porteurs du projet : le collège universitaire (universités, Grenoble INP, IEP de Grenoble) et le collège d’autres organismes (CEA, CNRS, CHU, Grenoble Ecole de Management, etc.).
Objectif : le projet « vise un rayonnement international et un prolongement économique basé sur l’innovation dans toutes ses dimensions ».
Points clés du projet :
- Créer un campus unique (unité de lieu) à partir des deux sites (polygone scientifique et domaine universitaire de Saint-Martin-d’Hères), situés à moins de 25 minutes l’un de l’autre grâce au développement du tramway, des pistes cyclables et d’une rocade Nord.
- Se concentrer sur quatre enjeux sociétaux : l’innovation, l’information, la planète et la santé.
- Développer la vie de campus grâce à la création de pôles (restauration, logement, sportif, etc.) le long de la ligne de tramway qui relie les deux sites en traversant le centre-ville.
Lyon Cité Campus
Coût du projet : 1,2 milliard d’euros dont 700 millions d’euros demandés au titre de l’opération Campus.
Porteurs du projet : l’Université de Lyon au titre de l’ensemble des établissements membres du PRES impliqués dans l’opération (universités, ENS, INSA, IEP, etc.).
Objectif : « Lancer la dynamique d’une nouvelle université »
Points clés du projet :
- Revisiter les campus pour avoir une logique thématique autour des pôles d’excellence (sciences et technologies, santé, sciences de la vie et sciences humaines et sociales). C’est-à-dire créer des quartiers « chimie », « physique », « sciences de l’information », etc. et tisser des liens entre les établissements pour favoriser leur complémentarité et leur lisibilité.
- Créer une « Maison de l’innovation et de la compétitivité » et développer une zone privilégiée pour l’accueil d’entreprises sur le campus LyonTech.
- Développer une vie de campus. Cela passe par exemple par la création de quatre restaurants universitaires et de 2000 logements.
- Créer la Maison des langues et des cultures.
Université Montpellier Sud de France
Coût du projet : 440 millions d’euros dont deux tiers pour l’Etat et un tiers pour le conseil régional.
Porteurs du projet : Montpellier 1, Montpellier 2, Montpellier 3, Montpellier SupAgro en partenariat avec l’ENSCM, le CROUS, les organismes de recherche et les principales entreprises de la région.
Objectif : « Faire de l’Université de Montpellier une des cent premières mondiales »
Points clés du projet :
- Construction et renforcement de six pôles d’excellence : agronomie-environnement, biologie-santé, chimie, mathématique-informatique-physique-systèmes et structures, eau sciences de l’homme et de la société. Cela passe notamment par la rénovation et la réhabilitation de bâtiments dédiés à l’enseignement et la recherche ou la création de « Valeur-Sud » pour favoriser la valorisation de la recherche
- Développement de la vie de campus avec, par exemple, la création de l’Atrium, un espace de vie étudiante, ou la restructuration du réseau des bibliothèques universitaires (amplitudes horaires plus larges, etc.).
Université de Strasbourg
Coût du projet : 288 millions d’euros auxquels s'ajoutent 240 millions d’euros des collectivités locales.
Porteurs du projet : l’université de Strasbourg (résultat de la fusion des trois universités strasbourgeoises) et les établissements associés (CROUS, CNRS, INSA, ENGEES).
Objectifs : « Faire de l’université de Strasbourg un campus de réputation mondiale, développer les interfaces et les synergies entre disciplines, favoriser les coopérations scientifiques nationales, internationales et transfrontalières ».
Points clés du projet :
- Parachèvement des fondements de l’université de Strasbourg.
- Développement de structures comme la maison des arts et sciences, la maison de l’étudiant ou la maison de l’accueil international.
- Réaménagement de la tour de chimie, la rénovation du centre sportif, restructuration de l’INSA, etc.
Toulouse Campus
Coût du projet : 1,4 milliard d’euros dont 500 millions au titre de l'opération Campus.
Porteurs du projet : le PRES « Université de Toulouse » en association avec des établissements publics à caractère scientifique et technologique et les établissements membres associés (CNRS, INRA, INSERM) ou rattachés au PRES (IEP, ENIT, ENAC, etc.).
Objectifs : « Recherche, formation, vie étudiante ; Ouverture sur le monde économique et la société ; Refondation de l’Université de Toulouse sur une base fédérale ».
Points clés du projet :
- Renforcement et valorisation de trois pôles d’excellence (aéronautique et espace, économie et mathématiques) et développement de la transdisciplinarité autour de thématiques de recherche (nanotechnologies, vivant, etc.). Cela passe notamment par l’installation du PRES dans des locaux rénovés en centre-ville et la création d’une cité internationale des chercheurs dans le nouveau « quartier des sciences »
- Réintégrer le campus dans la ville en créant une cité internationale étudiante, des installations sportives de haut niveau, une bibliothèque numérique mutualisée de 1500 places…
18.11.08
Aller plus loin
Les six premiers dossiers finalisant les projets de campus sélectionnés devaient arriver sur le bureau de Valérie Pécresse à la date butoir du 3 novembre 2008. Ces notes d’intention détaillent les plans de financements et les partenariats avec les collectivités territoriales de chaque projet. Le comité de sélection de l’Opération campus se réunira mi-novembre 2008 pour définir les moyens qui leur seront alloués.
Sélectionné lors de la seconde vague, le plus grand des projets, celui du plateau de Saclay ne doit rendre sa copie qu’en février 2009, si tout va bien... Le pilote de ce projet, Philippe Lagayette, a en effet démissionné en octobre 2008 de ses fonctions. Il est remplacé par deux chargés de mission.
Pour la partie campus, la ministre de l’enseignement supérieur a choisi fin octobre Jacques Glowinski, jusqu'alors membre du comité de sélection et professeur honoraire en neuropharmacologie au Collège de France. Il sera chargé de définir les priorités en mettant d’accord les 21 acteurs de ce projet chiffré initialement à 1,8 milliard d’euros. Un dossier plus que complexe. Sur l’aménagement du plateau, son co-pilote sera Vincent Pourquery de Boiserin, directeur régional et départemental de l’Equipement (Centre et Loiret), nommé lui par Christian Blanc, secrétaire d’Etat chargé du développement de la région capitale...
Valérie Pécresse a annoncé une nouvelle dotation dans le cadre de l’Opération Campus : 475 millions d'euros pour le projet bordelais porté par le PRES Université de Bordeaux.
Après les six lauréats du premier tour, trois projets sur quatre seulement ont été sélectionnés par l’opération campus 2 : le PRES d’Aix-Marseille, les campus de Saclay et de Condorcet-Paris Aubervilliers. Sans surprise. La surprise est venue des projets de Paris intra-muros, retoqués faute d’un rassemblement (toujours) insuffisant. Valérie Pécresse leur laisse une dernière chance pour présenter un ultime projet d’ici à l’automne 2008 s'ils parviennent à construire le « quartier latin du XXIème siècle ». Autre condition : « saisir les opportunités avec les départs des établissements vers Saclay et Aubervilliers ». Une mission d’audit sur le patrimoine urbain, financier et scientifique des établissements parisiens est lancé par les ministères de l’Enseignement supérieur, des Finances et de l’Equipement. Les établissements parisiens qui ont choisi des projets ultra-périphériques ont en revanche tiré leur épingle du jeu. Zoom sur le projet d'Aubervilliers qui pourrait inspirer des regrets ou donner des idées à certains.









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