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Réforme du lycée : rendre les élèves plus autonomes
Xavier Darcos a choisi la période d’accalmie des week-end de mai pour dessiner les premiers contours de la réforme des lycées. Ses grandes lignes : donner une plus grande autonomie aux élèves et un enseignement plus personnalisé. Un modèle inspiré de l’expérience finlandaise que le ministre de l'Education nationale admire.
Les 200 établissements les plus en difficulté (notamment ceux dit Ambition réussite) devraient servir à partir de la rentrée 2008 de terrain d’expérimentation au dispositif de réussite scolaire, avec un soutien personnalisé. L’UNL voit dans cette mesure une réponse à « une de ses revendications historiques de service public d’aide scolaire ». Le soutien scolaire devrait être assuré par 1500 assistant d’éducation - recrutés sur des crédits de l’Education nationale déjà provisionnés, donc sans augmentation de budget -, par des heures supplémentaires payées aux enseignants des établissements et par des étudiants de master se destinant à l’enseignement. Des stages de soutien commenceraient dès août 2008.
Un cursus "à la carte"
Pour le reste, Xavier Darcos veut « modulariser » les enseignements, sur le modèle des cursus à la carte des universités. Le redoublement serait remplacé par des enseignements complémentaires. Encore l’influence de la Finlande et également un moyen de gagner des crédits sur les postes économisés. Il assure dans Le Monde qu’il nommera avant le 10 juillet une personnalité « pas forcément de droite » pour mener cette réforme. Et rappelle que cette réforme se fera en revalorisant les carrières des jeunes enseignants comme la commission Pochard le préconise. Sur le bac, le ministre reste prudent. Sans l’enterrer officiellement, il la reporte après la réforme du lycée.
Changement de ton avec les lycéens
Après deux mois de mobilisation, Xavier Darcos a donné le change aux lycéens en les recevant le 9 mai 2008. La généralisation du bac pro en trois ans au lieu de quatre n’est plus à l’ordre du jour. Le passage sera discuté filière par filière. Le ministère s’est par ailleurs engagé à ce que le diplôme de BEP soit maintenu et qu’une session de rattrapage soit créée pour le bac pro dès 2009. Les lycéens seront associés aux consultations sur la réforme des lycées. Un dialogue que le ministre veut apparemment rétablir avec les lycéens dont il rencontrera jeudi les représentants du CNVL (conseil national de la vie lycéenne), jour de la mobilisation maintenue par l’UNL et la FIDL aux côtés des organisations syndicales enseignantes. En effet leur revendication principale sur les suppressions de postes a reçu une fin de non recevoir. « Les lycéens n’ont pas obtenu de victoire sur les postes, mais les mobilisations ont permis des avancées », tempère Leo Moreau, le vice-président de l’UNL. Dans les lycées, l’heure des premières épreuves du bac a sonné…
13.05.08
Aller plus loin
Les premières épreuves écrites du baccalauréat ont commencé lundi 16 juin 2008. A l'occasion du 200ème anniversaire de cette institution, le sénateur Jacques Legendre a rendu public son rapport intitulé « A quoi sert le bac ? ». Après une centaine d’auditions (syndicats, associations, parents d’élèves, professeurs, personnalités du secteur éducatif), il formule ses propositions. Certaines inspireront peut-être Xavier Darcos dans sa réforme du lycée.
1 commentaires
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Viviane Micaud - 14/05/2008 08h39
Sur le lycée, Darcos va dans une fausse voie. Le modèle français de choix de filière est plus pertinent que le modèle finlandais. Le problème actuel est en amont (primaire et collège). et dans l'information au sujet de l'orientation au collège. Une telle réforme pousserait à une diminution du niveau général des lycées et surtout des scientifiques. Faire faire les mêmes math à des littéraires et à des scientifiques = entraine une souffrance chez les littéraires et une perte de niveaux chez les scientifiques. Or notre systéme hypersélectif par les sciences, est reconnu quoiqu'on en dise chez nos voisins.
Grosso modo, Darcos nie un fait du niveau GBS (Gros bon sens). Pour suivre un cours d'un certain niveau, il faut des bases, des capacités en partie innée et en partie acquise et une volonté de travail. La seconde générale indifférenciée a toujours été du "pipeau". Un grand nombre de filière de 1ère sont inacessibles ou accessibles avec difficulté pour celui qui n'a pas pris la bonne filière et qui, sauf exception, sera condamné à la médiocrité. Oui, on peut aller en ES sans avoir pris l'option SES, mais l'élève moyen aura des difficultés. D'ailleurs, la plupart des enseignants même quand ils ont le discours langue de bois souhaité par l'éducation nationale, donne un programme de révision pendant les vacances. Les histoires de "parcours équivalent dans la langue de bois souhaitée par l'Education nationale" qui ne le sont pas et qui ne peuvent pas l'être( pour la raison GBS décrite au dessus) interdisent une information pertinente aux élèves et aux familles et par là créent des inégalités. Entre ceux qui vont faire la filière technologique parce qu'ils ont pris une option disponible dans leur lycée, et ceux qui ne l'ont pas prises et qui se retrouvent dans une impasse parce qu'ils n'ont pas le niveau pour aller dans une option générale . Si je souhaite aller en 2ème année de chinois sans faire la première année, tout le monde se moquera de moi. Et pourtant c'est la logique de la réforme Darcos pour les lycées.... Avec comme conséquence perte de niveau, souffrance de ceux qui comprennent pas, et sélection par l'information donnée à ceux qui ont les moyens de s'informer. Reformons les filières d'il y a 20 ans, avec des passerelles nécessitant des rattrapages clairs, c'est ce qui se passe vraiment aujourd'hui ce qui ce passera demain avec l'habillage voulu par Darcos mais avec l'information en moins.




