En bref
Pourquoi des présidents d'université lâchent Pécresse ?
L’Appel de la Sorbonne, lancé le 9 février 2009, par neuf présidents d’université demandant le retrait de « tous les projets de réforme controversés » marque un tournant dans le mouvement. Jusqu’à présent, celui-ci était essentiellement porté par les enseignants-chercheurs. Après le revirement d’Axel Kahn, président de Paris-Descartes, appuyant désormais le retrait du projet de décret statutaire, d’autres présidents se sont rangés du côté des enseignants-chercheurs mobilisés.
"Conséquences dangereuses pour le fonctionnement de notre université »
Alain Brillard, président de l’université de Haute-Alsace, pourtant favorable à la loi LRU (son établissement s’engage cette année dans l’autonomie) et à l’évolution du statut des enseignants-chercheurs pour y inclure « les différentes missions », est de ceux-là. Dans un communiqué, il indique qu’il refuse d’appliquer le nouveau décret en l’état. « Les conditions actuellement décrites dans le projet de décret font peser des conséquences dangereuses pour le fonctionnement de notre université », écrit-il. Refus également de remonter les maquettes de master enseignement. Il souligne aussi que le nouveau mode de répartition des moyens pénalise son université pluridisciplinaire. Et réunira en congrès ses trois conseils, le 12 février 2009, pour analyser ces questions.
Lettres ouvertes à la Ministre
Le « Madame la ministre, je vous en prie, écoutez, maintenant ! », lancé par la présidente de Paris 10 dans sa lettre ouverte du 4 février 2009 à Valérie Pécresse a fait un émule. Guy Couarraze, président de Paris 11, a pris la plume sur le même registre, en défendant l’engagement de ses enseignants-chercheurs. « Revenez sans tarder, Madame la Ministre, sur un texte ayant déjà suscité des mouvements dont le durcissement, ou même l’enlisement, ne ferait que des perdants : des étudiants à nos établissements, en passant par tous nos personnels », écrit-il le 9 février 2009. Il demande à la ministre d’engager un « large dialogue ».
Ligne de fracture
Retirer les réformes en litige pour les rediscuter ou avancer même avec des projets imparfaits ? Une ligne de fracture semble se former entre les présidents d’université sur la stratégie à adopter vis-à-vis de leurs personnels mobilisés. Pour certains présidents, il y a surtout la crainte d’un retour en arrière alors que les universités étaient mises en avant dans le débat et pouvaient espérer reprendre leur place dans le paysage de l’enseignement supérieur.
10.02.09
Aller plus loin
A la veille de la manifestation nationale des enseignants-chercheurs et des étudiants, Valérie Pécresse a annoncé dans la soirée sur France Info qu'elle s'engageait à retravailler le texte du décret statutaire avec la médiatrice nommée le même jour. Claire Bazy-Malaurie, présidente de Chambre à la Cour des comptes, aura deux mois pour mener à bien la concertation. Quelques heures auparavant, neuf présidents d'université lançaient, à la Sorbonne, un appel solennel au retrait des réformes engagées par la ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche. Valérie Pécresse doit toujours rencontrer les acteurs de la communauté universitaire au lendemain de la manifestation parisienne. Les universités entrent dans leur troisième semaine de mobilisation.
Le mauvais temps n’a pas empêché les enseignants-chercheurs de faire une démonstration de l’ampleur de leur mobilisation contre les réformes du gouvernement. Le défilé parisien a rassemblé entre 17000 (selon la police) et 50000 personnes (selon les organisateurs), le 10 février 2009. Des défilés en province ont finalement été organisés. Selon le Snesup, ils ont rassemblé 7000 manifestants à Lyon, 6000 à Toulouse ou Marseille, 4000 à Montpellier, 3500 à Strasbourg, 2000 à Poitiers par exemple. Les étudiants des filières universitaires, des IUT ou des IUFM ont rejoint en masse les cortèges d’universitaires et de Biatos. Reportage à Paris entre le boulevard Saint-Michel et les Invalides.









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