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Benoist Apparu (député UMP) : « Je ne cache pas mes ambitions ministérielles »

Le rapporteur de la loi LRU officie sur plusieurs fronts. Le 27 mai 2009, Benoist Apparu doit présenter en commission de l’Assemblée nationale son rapport sur la réforme du lycée. Un document qui comptera deux projets différents, la droite et la gauche n'ayant pu se mettre d'accord au sein de la mission d'information. Il en livre ses principales propositions à Educpros. Le député UMP de la Marne a également joué un rôle politique dans le conflit sur le statut des enseignants-chercheurs.

Quelles propositions allez-vous formuler dans le cadre de la mission d’information parlementaire sur le lycée ?

Il faut donner du sens à la réforme. Concrètement, cela signifie repenser totalement l’architecture du parcours scolaire. A la place du primaire-collège-lycée qui isole le primaire et coupe le secondaire en deux, il faut un premier bloc primaire-collège avec une culture commune pour 100 % des jeunes d’une génération et un deuxième bloc lycée-licence. Quand on a créé le bac, c’était une finalité en soi. Aujourd’hui, le lycée est fait pour préparer au supérieur et tous les bacheliers généraux et technologiques ont vocation à y aller. A la sortie de la Seconde Guerre mondiale, les futurs instituteurs devaient avoir un niveau de troisième pour passer le concours d’entrée à l’Ecole normale. Demain, il leur faudra un master.

Vous ne pensez pas que les lycéens ont besoin de plus de concret pour comprendre la réforme ?

Je suis d’accord, mais ils veulent aussi voir où on veut les emmener. Par ailleurs, mon boulot n’est pas de parler seulement aux lycéens, de faire de la démagogie pour les mettre dans ma poche. Mon boulot de député, c’est de parler à tout le monde et de faire un bon lycée.

Vous souhaitez également repenser le système d’orientation ?

On va essayer de partir sur une spécialisation et une orientation progressives. On prévoit une seconde indifférenciée où l’élève testera les nouvelles matières, y compris la techno. En première, érigée en deuxième pallier, on va probablement partir sur une filière générale et une filière technologique. Et avoir la vraie spécialisation en terminale. Ainsi, on permet beaucoup plus facilement les réorientations.

En outre, si on considère que le bac n’est pas une fin en soi, il faut amener 100 % des bacheliers généraux mais aussi technologiques dans le supérieur (contre 75 % aujourd’hui). Cela signifie qu’il faut probablement instaurer des quotas de bacheliers technologiques dans les IUT (au moins 50 %) et déspécialiser la première année d’université à la manière de la L1 santé. On pourrait penser à une L1 droit-économie-gestion par exemple. Par ailleurs, de mon point de vue, il faudra à un moment ou à un autre que les BTS et les classes prépas repartent dans l’université. Si on continue à enlever les 10 % d’étudiants les meilleurs aux universités, on finira par les tuer.

De quels moyens avez-vous besoin pour réformer le lycée ?

Les moyens du lycée me paraissent suffisants, à condition d’en réorienter. Par exemple, en ce qui concerne le temps scolaire, je propose une semaine à « 35 heures TTC », travail personnel compris, contre 45 à 50 heures actuellement. Et pour « démocratiser » le travail à la maison, l’idée serait d’effectuer 5 heures d’études au lycée. Dans le bloc de 30 heures d’enseignement (contre 37-38 en moyenne aujourd’hui), on va préconiser 3 heures hors cours magistral pour faire de l’orientation, de la méthodologie, du travail en groupe, de l’aide personnalisée… Il faudrait réinjecter les postes économisés dans le dispositif, sachant qu’une heure de cours en moins correspond à peu près à 1000 postes d’enseignants.


Vous n’êtes pas seul à travailler sur le lycée. Richard Descoings, par exemple, rendra ses propres propositions en même temps que vous…

Cela signifie qu’il existe une prise de conscience, un besoin de réformer le lycée.
Le cahier des charges de Richard Descoings est 1 000 fois plus compliqué que le mien. Il doit travailler sur une réforme applicable en 2010. Moi, ce que je vais préconiser n’a pas vocation à être appliqué tout de suite. J’ai un objectif à quatre - cinq ans. J’ai plus de marges de manoeuvre que lui.

Vous avez fait une proposition de loi – aujourd’hui retirée – amendant la LRU sur l’élection du président de l’université. Pourquoi ? Et pourquoi en ce moment ?

Je l’ai retirée suite à un communiqué syndical car effectivement ce n’était pas l’idée du siècle en ce moment. Je l’avais déposé il y a trois ou quatre mois et elle n’est sortie que maintenant… Je la redéposerai en vue des prochains renouvellements de conseil d’administration. Il est incompréhensible que les membres extérieurs des CA d’université n’élisent pas le président. Pécresse a bougé sur ce point par rapport au débat sur la LRU en 2007 pendant lequel j’avais déjà défendu cette idée. Si ces membres extérieurs participent à l’élection du président de l’université, il faut qu’ils soient nommés avant par une commission ad hoc composée du recteur, de représentants des chambre de commerce, des syndicats, du préfet…

Le mouvement de l’autonomie est enclenché, même s’il est erratique, je n’ai aucun doute sur la LRU. Une trentaine d’universités supplémentaires devraient passer à l’autonomie l’année prochaine entre celles en cours d’audition [par l’IGAENR] et la dizaine de celles qui pouvaient déjà passer à l’autonomie cette année, en stock en quelque sorte.

Quel regard portez-vous sur le mouvement des enseignants-chercheurs ?

Je ne partage pas leurs revendications mais de vraies questions ont été posées. C’est une profession qui s’est sentie insultée entre le discours du 22 janvier [de Nicolas Sarkozy sur la recherche] et le décret ensuite. Ce discours était une erreur, il a été interprété comme tel, à tord ou à raison. Sur le décret, avec le député Fasquelle, nous avons voulu déminer le terrain à droite pour Valérie Pécresse alors qu’il y avait un front syndical entre la gauche et la droite. Actuellement, le mouvement professionnel est quasiment terminé. Ce qui perdure, ce sont les étudiants. Les revendications sont très larges et on ne peut y répondre. C’est pour cela qu’on ne peut pas débrancher le mouvement.

   
Avez-vous d’autres ambitions que celles de rapporteur de mission ?

Je ne cache pas mes ambitions ministérielles. Ce qui ne veut pas dire que je suis candidat au remplacement éventuel de Valérie Pécresse et de Xavier Darcos... Je n’ai pas le niveau et avant de devenir n°1, il faut devenir n°2. Je vise l’après prochaine élection présidentielle pour entrer dans un gouvernement. De toute façon, je pense que Valérie Pécresse et de Xavier Darcos vont rester tous les deux… au moins jusqu’aux régionales.

Propos recueillis par Fabienne Guimont et Virginie Bertereau

20.05.09

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Commentaires

  • devillers - 18-03-10 14:09

    un peu de "courage politique " depuis qd la formation professionnelle est devenue "defavorisante sauf par une "clique d'illuminés ? l'enseignement general ou en général ne permet-il pas d'exercics adapté à la formation des enseignants bien "devalorisée et peu productive en l'etat actuel -des heures de travail sont les seuls à éduquer à "apprendre à apprendre n'est-ce pas

    et lorsque des "responsables -directeurs d'etablissement de la fonction publique à une autre tout identique à sa méthode (ne pas répondre au citoyen ds mon cas en situation d'handicap suite à des "erreurs volontairement detournées pour raison de carrièrisme et de "pognon ds les poches !et ds ce cas on "cache la vérité on harcèle moralement et on s'en ""f""

  • FARRUGIA - 12-07-09 14:56

    faire simple : sans boulversement ni réformette
    PROPOSITION DE LOI POUR LA SAUVEGARDE DE L’EDUCATION NATIONALE


    Améliorations des conditions de travail et de sécurité des Elèves et des Enseignants proposées depuis la rentrée 2007




    Exposé des motifs
    Le niveau moyen des élèves tend à baisser ( manque de travail et de suivi )
    Les relations parents - professeurs se sont dégradés
    L’enseignement des professeurs tend à être supplanté au bénéfice de la gestion éducative ( incivilités et violences en classe )
    La violence se propage dans les écoles
    La modification de la carte scolaire peut générer des contestations de tous ordres y compris juridiques.

    Proposition de loi soumise à l’appréciation des enseignants et des parents d’élèves :

    Préalable : rétablissement de la loi Robien - Villepin sur l’apprentissage à
    14 ans dans les domaines ouvrant des perspectives d’embauche
    locales pour les élèves demandeurs avec l’accord des familles
    après avis du conseil de classe
    Article 1 :
    Les relations parents – élèves – professeurs sont définies par un contrat de scolarité de la maternelle à la terminale qui interdit l’entrée dans l’établissement de tout objet sans utilisation scolaire
    Article 2 :
    Le port de la blouse est obligatoire de la maternelle à la terminale pour mieux contrôler les intrusions dans les enceintes scolaires et gommer les excès vestimentaires.
    Article 3 :
    Le contrat prévu à l’article 1 implique un transfert de l’autorité parentale vers l’encadrement administratif dés le franchissement de l’enceinte de l’école et de la porte de la salle de classe.
    Face à d’éventuels désordres, ( rébellion(s) d’élève(s ) il est passé un contrat avec la police nationale ou municipale qui interviendra pour le (les) reconduire au domicile familial , ou le (les) gardera au commissariat en attendant les parents convoqués dans l’urgence. Ils signeront un procès verbal de main courante voire même répondront d’une éventuelle plainte du chef de l’Etablissement scolaire.
    Article 4 :
    La discipline à l’intérieur de l’établissement est édictée par le règlement intérieur lequel est défini par le chef d’établissement et ses adjoints , il est approuvé par les parents .
    La discipline en classe est assurée par le professeur. Les sanctions prises dans le cadre scolaire ( devoirs supplémentaires, retenues exclusions) ne pourront être contestées .


    ENSEIGNEMENT

    Article 1 :
    Les groupes de niveau sont rétablis sur la base d’un test d’évaluation dans les disciplines fondamentales en début et en fin d’année scolaire.(28 élèves par classe).
    NB :l’évaluation en fin d’année permet de limiter l’absentéisme

    Afin de mettre en adéquation l’attribution horaire par discipline, le nombre de professeurs et la pleine capacité des locaux d’enseignement , il est laissé à l’initiative du chef d’établissement et de son équipe pédagogique la mise en place de classes de niveau ou de modules (composés d’élèves de même niveau issus de différentes classes)
    Ces classes ou modules de niveau sont entérinés assemblée générale des personnels enseignants , sont portés à la connaissance des parents et des associations de parents d’élèves, puis présenter à l’approbation des autorités de tutelle par le chef d’établissement et son adjoint .

    En cas d’excellents résultats une passerelle entre niveaux sera établie avec l’approbation d’un conseil pédagogique restreint

    Article 2 :
    Les règles de respect enseignés – enseignants, ainsi que l’engagement d’une progression scolaire préalablement établie ( cours quotidiens, contrôle des leçons, des devoirs y afférents et contrôle sur table par quinzaine ) sont édictées et approuvées . Elles lient les parents les élèves, les professeurs et la direction

    Article 2-1 :.
    Le Chef d’Etablissement et son Adjoint sont responsables du bon déroulement des cours et de la progression pédagogique.

    Article 2-2
    Toutes les quinzaines ,ils effectueront les contrôles y afférents - cahiers de textes des classes – bilans pédagogiques avec évaluations comparatives en réunions d’enseignants.
    Ils pourront demander dans l’urgence et sans préavis un contrôle des enseignants par un inspecteur.

    Article 2-3
    Ils pourront éventuellement proposer des sanctions allant du tutorat d’un collègue plus expérimenté ( rétribué en heures supplémentaires défiscalisées ) en passant par la suspension voire encore à la mutation vers un service de correction par correspondance, tutorat, surveillance voire même un secrétariat de service de santé scolaire ( qui manque de personnel)

    Les liaisons parents- professeurs doivent être réglementées en concertation avec le censeur des études rétabli dans ses fonctions ( adjoint au chef d’établissement )
    Article 3 :
    Les parents devront se rendre obligatoirement à chaque convocation des professeurs ou de l’établissement et accepter une éventuelle réorientation de leur enfant même en cours d’année scolaire.
    Article 4 :
    Les études dirigées, c'est-à-dire l’aide aux devoirs pour l’application du cours seront obligatoires pour les élèves les plus faibles
    Les études surveillées seront assurées pour les enfants n’ayant pas les moyens de travailler chez eux.
    Les animateurs des études dirigées devront obligatoirement travailler en relation avec les professeurs des diverses disciplines . Ils seront recrutés parmi les maîtres auxiliaires et les professeurs qui n’enseignent pas ( détachement – délégation )
    Les crédits aux organismes sans compétences d’aide aux devoirs seront supprimés et réaffectés à l’enseignement d’état.
    Les crédits affectés aux organismes de formations professionnelles dont les formations débouchent sur le chômage seront supprimés et les formateurs réaffectés dans l’enseignement.

    Article 5 :
    Il est rétabli une bourse d’études en fonction des résultats scolaires
    Article 6 :
    Les foyers des établissements scolaires seront dotés d’ouvrages en nombre suffisant pour faire face aux demandes de lectures imposées par les professeurs
    Article 7 :
    Les foyers socio-éducatifs géreront en liaison avec les organismes de transports scolaires les déplacements notamment dans le cadre des études dirigées. Ils géreront l’achat des blouses à moindre coût.

    RELATION ASSOCIATION PARENTS D’ ELEVES - ADMINISTRATION

    Article 1 :
    Les associations de parents d’élèves pourront siéger aux conseils d’établissement qu’à la condition de représenter par association au moins 33% des effectifs des parents des élèves inscrits.
    Article 2 :
    La participation des représentants des parents d’élèves aux conseils de classe est supprimée. Les résultats scolaires seront directement communiqués aux familles. Cependant il sera mis à la dispositions des associations une salle de réunion permettant les échanges et éventuellement la mise en forme des suggestions à adresser à l’établissement .
    Article 3 :
    Tous les articles de cette présente loi devront être évoqués dans le règlement intérieur qui sera commenté, approuvé et paraphé lors d’une assemblée générale par division ( parents – professeurs- élèves du primaire et secondaire )

  • Micaud - 25-05-09 20:29

    La proposition de Benoist Apparu pour le « système d’orientation » a quelques tout petits défauts,
    1) il s’appuie sur une représentation fausse des processus cognitifs qui permettent aux jeunes de s’orienter,
    2) il rétablit l’orientation par défaut (dévalorisante) vers l’enseignement professionnel,
    3) il organise l’orientation par défaut (dévalorisante) vers les baccalauréats technologique,
    4) il ne permet pas à une vraie sensibilisation aux sciences et aux techniques alors que l’avenir économique de la France dépend de la capacité de gérer les mutations sans précédentes qui auront lieu dans les 30 années à venir (fin du pétrole, fin de nombreuses matières première, réchauffement climatique). Il est donc vital de former des scientifiques et de techniciens de qualité en nombre suffisant.
    5) il ne prend pas compte des contraintes d’organisation de niveau basic (faire une sensibilisation à toutes les matières technologiques est clairement impossible à organiser pour des raisons de timing)
    6) il ne prend pas en compte la réalité de la diversité des élèves par leur acquis et leur appétence pour les matières.). Il est totalement impossible de faire le même programme en première générale. (il y a eu des essais ratés à l’étranger qui le prouvent : Italie, Finlande, etc.) Cela crée de la souffrance chez ceux qui veulent faire des études littéraires et qui ont abandonné les matières scientifiques qui ne leur « parlent » pas. Ceux qui aiment les sciences s’ennuieront ferme, sauf ceux dont les parents payeront des cours particuliers.
    7) Ses propositions par, de nombreux biais, accentuent le déterminisme social.
    Par ailleurs, visiblement, il confond intentionnellement ou non les heures-enseignants et les heures élèves. Il confond, intentionnellement ou non, l’horaire théorique maximal par élève, jamais atteint, (ceux qui font du latin et du grec n’ont jamais besoin l’heure de soutien en mathématique et en français) et l’heure moyen de cours qui est de 30 heures en seconde (beaucoup n’ont que 28,5 heures de cours par semaine).
    Créer une première technologique qui prépare aux 8 options de baccalauréats technologique (agronomie, médico-social, gestion, génie industriel, etc. ) est clairement pas crédible. Sauf si repousse tout cours sur les spécialisations, mais que fait-on des profs de spécialisations? et est-ce souhaitable. L’enseignement technologique tel qu’il est conçu aujourd’hui approfondit des technologies concernant des métiers. Il permet aujourd’hui un pont avec l’enseignement professionnel, indispensable, et qui serait supprimé. En tout les cas, un embranchement en fin de seconde où ceux qui n’ont pas le niveau pour l’enseignement général seront éjectés vers une 1ère technologique fourretout , rendrait quasi-impossible un travail positif sur l’orientation.
    Monsieur Benoist Apparu a fait la même erreur que Xavier Darcos, il a cherché le consensus entre les groupes d’intérêt qui gravitent autour de l’éducation (qui ont des enjeux particuliers et qui ont perdu la conscience de la réalité du terrain) pour faire une proposition, au lieu de développer une compréhension des contraintes et des enjeux du lycée et de la diversité des jeunes qui le composent.
    Monsieur Apparu n' a prouvé qu’une chose, son incompétence pour les postes où il postule.

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